lundi 5 octobre 2015

Mauvaise surprise pour les analystes européens qui tablaient sur une inflation à l’arrêt au mois de septembre. Elle repasse en territoire négatif pour s’établir à -0,1%. Le recul des prix à la consommation dans l’Union monétaire s’explique en grande partie par le fort repli des cours des matières premières, le pétrole notamment. Le cours de l’or noir a perdu 25% depuis la fin du mois de juin, les investisseurs spéculant sur le fait que l’écart entre l’offre et la demande devrait se prolonger. Négocié à 45 dollars, le baril flirte avec les faibles niveaux enregistrés en 2009 (moyenne en dessous des 40 dollars).
Les prix des produits alimentaires non transformés, eux, ont au contraire augmenté de 2,7 % par rapport à septembre 2014. En excluant ces deux composantes volatiles, l’inflation dite «sous-jacente» est ressortie à 0,9 % sur un an en septembre, au même niveau que le mois précédent.
De plus, l’évolution des prix des biens industriels hors énergie, plus sensibles à la conjoncture mondiale et aux taux de change, a connu un net ralentissement en septembre. Alors que les prix des services se sont renforcés de 1,3 %. Or ce sont ces derniers qui reflètent le mieux l’amélioration de la conjoncture domestique de chaque pays européen.
Les chiffres publiés par Eurostat déçoivent. Il faut dire que ce n’était plus arrivé depuis mars 2015. Et surtout après la mise en place du méga-plan de rachat d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE). Un coup de pression supplémentaire pour l’institution qui avait initié le programme (dont le montant global s’élève à 1.000 milliards d’euros) pour contrer essentiellement le risque de déflation et stimuler l’économie de la zone euro. Elle s’était engagée au premier trimestre à racheter 60 milliards d’euros de dettes chaque mois. Au vu de la situation, l’échéance du plan prévue pour septembre 2016 devrait être repoussée à une date ultérieure.
Mario Draghi avait justement évoqué, lors du dernier conseil des gouverneurs de la Banque centrale tenu le 3 septembre, la possibilité d’étendre le programme au-delà de 2016 «si nécessaire». Pour l’agence de notation Standard & Poor’s (qui vient de publier ses prévisions sur la zone euro), la BCE devrait prolonger son programme probablement jusqu’à la mi-2018. L’engagement total pourrait atteindre 2.400 milliards d’euros, soit plus du double du montant initial. Reste à savoir quand la Banque centrale européenne pourrait donner le coup d’accélérateur.
L’institut monétaire se dit même prêt à aller plus loin encore pour assurer sa mission: maintenir le niveau de l’inflation aux alentours de 2%. Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) est désormais décidé à mettre en œuvre des mesures non-conventionnelles supplémentaires pour contenir le risque pesant sur l’évolution des prix. Il  prévoit de rehausser la limite de la part d’émission fixée dans le programme d’achat de titres du secteur public à 33% contre 25%. Et ce, à condition que cela ne place pas la zone euro en situation de détenir une minorité de blocage, auquel cas la limite de la part d’émission demeurerait à 25%.
A. Lo
 



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