mercredi 24 juin 2015

Les tractations vont bon train pour trouver un compromis entre la Grèce et ses créanciers. Objectif: éviter au pays un défaut de paiement. Athènes doit en effet rembourser quelque 1,5 milliard d’euros au FMI dans huit jours (30 juin). Un paiement qu’elle ne peut honorer sans la reprise de l’aide financière de ses créanciers (7,2 milliards d’euros).
En tout cas, le sommet des dirigeants européens du début de semaine s’est terminé sur un pas positif. Les discussions avec les négociateurs reprenaient mardi 23 et mercredi 24 juin lors d’une nouvelle réunion des ministres des Finances de l’Eurogroupe. Puis jeudi 25 juin à l’occasion d’un nouveau sommet des chefs d’Etat et de gouvernement.
Sur les trois points de discorde, Athènes a fait des concessions (voir aussi www.lemonde.fr du 23 juin).  Sur les objectifs budgétaires, les autorités grecques sont d’accord avec leurs créanciers pour réaliser un excédent budgétaire primaire de 1% en 2015 et 2% en 2016. Concernant la réforme des retraites, les Grecs ont proposé de supprimer dès l’année prochaine des régimes de préretraite et d’imposer des coupes aux retraites les plus élevées. Côté rentrées fiscales, Athènes refuse d’augmenter la TVA sur l’électricité, mais propose d’autres taxes nouvelles, comme celle de la «solidarité exceptionnelle» (un impôt sur le revenu à 8% au-delà de 500.000 euros de revenus par an).
Les créanciers ont notamment réclamé lors du sommet européen qu’Athènes augmente la TVA sur les hôtels et restaurants à 23%. Ce taux est déjà qualifié par les professionnels du secteur du «baiser de la mort», révèle la presse étrangère. La suppression d’un régime de TVA réduite dont bénéficient les îles grecques est également à l’ordre du jour. Globalement, la dernière liste des réformes soumise aux créanciers propose pour 2015 et 2016 des mesures d’un poids de 8 milliards d’euros, dont la majorité sont de nouvelles taxes. De son côte, le gouvernement grec insiste toujours pour que l’accord règle la question de la dette, un sujet sur lequel les partenaires se sont montrés prudents. De plus, Athènes a accepté le principe d’une  prolongation de son plan d’aide actuel au-delà du 30 juin, alors qu’elle souhaitait sortir de la tutelle de ses créanciers. Plusieurs partis grecs s’étaient déjà opposés à de pareilles mesures.
Pour calmer les esprits, le Premier ministre Alexis Tsipras a assuré qu’il a présenté des propositions qui préservent la justice sociale. Une manière aussi de défendre le texte devant le Parlement grec.
Au fait, si un accord est finalisé cette semaine, le gouvernement Syriza va devoir faire voter au Parlement cette liste de mesures, qualifiée en Grèce de «nouvelle cure de rigueur».

Bouffée d’oxygène

Le conseil des gouverneurs de la BCE a de nouveau relevé le plafond du financement d’urgence (ELA) qu’elle apporte aux banques grecques depuis plusieurs mois. Face aux retraits des épargnants, c’est la quatrième fois que la Banque centrale européenne augmente ce plafond depuis mercredi dernier. La presse étrangère indique que l’incertitude qui menace le pays pourrait aboutir soit à un contrôle strict sur les mouvements bancaires, soit à un retour à la drachme. Selon de récentes statistiques, les retraits des banques grecques par les secteurs public et privé ont atteint une trentaine de milliards d’euros depuis octobre (soit 20% de l’épargne de départ).

F. Z. T.



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