Avant le sommet exceptionnel consacré ce lundi 22 juin à la Grèce, la Banque centrale européenne a relevé, pour la deuxième fois, le plafond de l’aide d’urgence (ELA) qu’elle accorde aux banques grecques. La BCE veut surtout éviter des retraits d’argent massifs dans le pays.
En effet, les retraits bancaires des épargnants grecs se sont accélérés à une semaine d’un possible défaut de paiement. Les analystes craignent une accélération des fuites de capitaux des banques déjà affaiblies par des retraits de plus de 30 milliards d’euros de début décembre à fin avril. Plusieurs milliards d’euros auraient encore quitté les banques au cours des derniers jours, selon diverses informations de presse. Pour rassurer les esprits et les marchés, la Banque de Grèce a tenu à informer sur la stabilité des établissements bancaires grecs, qui reste assurée notamment par la Banque centrale européenne. Dans son rapport annuel, la banque centrale grecque avait averti du risque de sortie du pays de la zone euro, sur un ton très alarmiste et aussi politique.
Mais cela ne semblait pas inquiéter le gouvernement grec qui espérait toujours un accord au sommet avec ses créanciers. Le Premier ministre Alexis Tsipras est attendu aussi mardi 23 juin au Conseil de l’Europe à Strasbourg pour y prononcer un discours.
Le sommet sera l’une des dernières occasions de sortir de l’impasse avant le 30 juin. Date à laquelle la Grèce risque de rater un remboursement de quelque 1,5 milliard d’euros au FMI et de se retrouver en défaut de paiement, car les caisses du pays sont vides. Ce qui rend impératif le versement au pays des 7,2 milliards euros promis par ses créanciers et en suspens depuis des mois en raison de désaccords sur les économies budgétaires à réaliser.
«Si la Grèce ne peut pas rembourser le FMI, elle sera en défaut de paiement», a indiqué la patronne de l’institution, Christine Lagarde. Un scénario évoqué de plus en plus ouvertement, tout comme celui d’une sortie de la Grèce de la zone euro.
A la sortie de l’Eurogroupe, le ministre des Finances, Yanis Varousfakis, avait estimé que les deux parties n’étaient plus séparées que par une différence budgétaire de 0,5% du PIB grec (soit quelques centaines de millions d’euros de différence sur les économies à réaliser).
La Grèce et ses bailleurs de fonds sont certes d’accord sur l’ampleur de l’effort budgétaire à faire dans les années qui viennent, mais se disputent sur les moyens d’y parvenir. L’autre point de discorde est la question des retraites.
La Russie et la Grèce, une bande à part
Les Européens redoutent que la Russie ne tire profit de cette affaire. Au milieu de la tempête, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a arraché à Saint-Pétersbourg un accord pour la construction d’un gazoduc russe de deux milliards d’euros en Grèce. Une affaire vue du mauvais œil dans un contexte marqué par des tensions entre Moscou et les Européens. Auparavant, un accord négocié depuis des mois pour prolonger sur le territoire grec le projet de gazoduc Turk Stream entre la Russie et la Turquie a été paraphé.
F. Z. T.
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16:02
Novitacu
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