lundi 3 août 2015

Le crédit-bail n’est pas souvent une option privilégiée par les entreprises, surtout les sociétés de taille moyenne et les toutes petites entreprises. Mais dans bien des cas, ce mode de financement est bien plus intéressant que le crédit bancaire classique. Cette solution confère une plus grande marge de manœuvre au niveau de la trésorerie. Les crédits bailleurs vont financer le montant intégral du bien, alors que pour un prêt d’équipement classique, un apport est généralement nécessaire.
Le leasing est beaucoup utilisé par les entreprises qui disposent d’une flotte de véhicules importante. Cela permet d’externaliser la gestion du parc et de se concentrer sur son cœur de métier. Pour les petites entreprises ou celles qui démarrent à peine, les besoins sont généralement concentrés sur le financement des machines et équipements industriels ou encore les matériels de bureau. Cinquante ans après les premières opérations de crédit-bail et un encours qui a atteint 42 milliards de DH à fin 2014, le Maroc a accumulé assez d’expérience dans le domaine pour en faire profiter d’autres pays sur le continent. En voyage d’étude au Maroc, une délégation malienne a récemment multiplié les rencontres avec les opérateurs marocains. «L’idée est de capitaliser sur l’expérience marocaine pour mettre en place un cadre approprié pour le crédit-bail au Mali», confie Touré Fatoumata Coulibaly du ministère de l’Economie et des Finances. D’ores et déjà, l’adossement de la société de crédit-bail à un établissement bancaire est un gage de solidité.
Par ailleurs, l’activité a besoin d’une fiscalité attractive pour se développer. Cela justifie la présence de la Direction générale des impôts dans la délégation. Elle compte aussi des magistrats. La sensibilisation des représentants de l’appareil judiciaire est essentielle pour notamment rassurer les crédits bailleurs. En effet, le principal défi sur les marchés subsahariens reste le climat des affaires. Gérer un litige devant la justice est souvent un cauchemar pour les organismes de financement, banquiers en tête. Le phénomène est aussi bien connu au Maroc où la profession bancaire se plaint constamment des procédures judiciaires.

Accompagnement de la SFI

Pour le Mali, la volonté est de tirer les enseignements de ce qui a bien marché au Maroc afin d’éviter les erreurs. Les autorités maliennes espèrent mettre en œuvre un cadre réglementaire spécifique pour le crédit-bail en 2016. La croissance de cette activité devrait également profiter aux banques marocaines qui ont des positions fortes sur ce marché.   
Pour le développement du leasing, le Mali bénéficie notamment de l’assistance technique de la Société financière internationale, une filiale du groupe Banque mondiale. Celle-ci encourage l’essor du crédit-bail dans différents pays africains par le biais de l’Africa Leasing Facility (ALF). La deuxième phase du projet va s’intéresser à 10 pays qui ont été touchés par des conflits ces dernières années, notamment le Mali. Ce dernier figurait déjà parmi les 15 bénéficiaires de la première phase de l’ALF. L’accompagnement de la SFI entre 2008 et 2013 avait permis de former 14.000 chefs d’entreprises, l’amélioration du cadre réglementaire et fiscal du crédit-bail dans plusieurs pays. Surtout, il a permis de financer 5 projets d’un montant de 27 millions de dollars par crédit-bail.

F. Fa.
 



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