La formule employée par Sa Majesté dans son discours du Trône pour parler de l’enseignement résume le ressenti des citoyens sur ce que l’on présente comme réforme du système éducatif. Beaucoup de politiques politiciennes pour un secteur vital pour le pays. En gros, la réforme pour la réforme sans aller aux vrais problèmes de fond. Rien sur la pédagogie, des hésitations voire, de la démagogie sur la question de la langue. Et comme par hasard, les positions les plus dogmatiques sur le français en tant que langue d’enseignement viennent souvent de ceux dont les enfants ne fréquentent pas l’école publique.
Le résultat, on le connaît: plus les années passent, plus la qualité générale de l’enseignement se dégrade et plus les jeunes qui sortent du système peinent à s’intégrer sur le marché de l’emploi. Le chômage de longue durée frappe majoritairement les diplômés des facultés alors que l’accélération de la mise en œuvre des plans sectoriels nécessite des compétences par dizaine de milliers. La moitié de jeunes qui achèvent leurs études restent en moyenne 55 mois sans emploi. Que dans ces conditions, la méfiance des ménages envers l’Ecole publique s’installe durablement n’a rien d’étonnant. Ou que les taux d’abandon au premier cycle à l’université battent tous les records.
Le constat fait par le Roi est partagé par la majorité des citoyens: Pourquoi les ménages, même modestes, sont-ils prêts à tous les sacrifices pour inscrire leurs enfants dans les écoles privées et dans les «missions» étrangères? Parce qu’elles ouvrent des perspectives d’insertion professionnelle, développent l’esprit critique et une ouverture sur les langues étrangères. L’exemple des écoles américaines est parlant. Même à près de 100.000 dirhams de frais de scolarité par an, les listes d’attente ne désemplissent pas. Par ailleurs, chaque année, aux portes des établissements de la «Mission» française, c’est la bousculade. Dès le mois de mars, les conversations tournent autour des dates de concours d’entrée. Certaines «Maternelles» privées à Casablanca ont d’ailleurs fait de la préparation et du taux de réussite de leurs élèves aux tests d’entrée à la «Mission » un argument de vente décisif.
La pression de la demande sur ces «Missions» étrangères est telle, que cela a fini par poser un problème politique à une période où les écoles privées sollicitaient en masse des «accréditations» de l’AEFE ou de l’OSUI, les deux entités qui pilotent le réseau des écoles françaises au Maroc. Ce qui avait mis Paris dans l’embarras parce que le réseau de la «Mission» n’avait pas vocation à se substituer à l’Education nationale marocaine.
Jihad RIZKI
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18:10
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