Driss Azami El Idrissi a été élu, le 15 septembre dernier, unanimement par les 94 conseillers communaux présents, maire de la ville de Fès. Le seul candidat et ministre (PJD) du Budget a succédé ainsi à Hamid Chabat (PI). Il devient le premier président du conseil communal de Fès en dehors des partis de l’Istiqlal et de l’USFP qui ont toujours gouverné la ville depuis la création de son 1e conseil municipal en 1912. Les priorités du maire islamiste dans cet entretien. Décryptage.
- L’Economiste: L’équipe sortante a entamé de vastes chantiers pour relancer la ville. En reprenant aujourd’hui les commandes, quelles actions seront classées prioritaires?
- Driss Azami El Idrissi: Avec la constitution du bureau de Fès, nous entamons une nouvelle étape très importante. Ces dernières semaines, nous avons vécu au Maroc une phase démocratique essentielle qui a consacré le vote responsable, sérieux et bien choisi des citoyens. Aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation d’être à la hauteur de ce choix. A Fès, nous sommes confortés par la mobilisation de la population que nous soutenons et voulons continuer. En ce sens, nous allons instaurer une approche participative, telle que prônée par la Constitution, en associant les acteurs de la ville autour du programme de développement de la ville. Nous travaillerons sur des priorités claires, à partir du texte de la Constitution et celui de la loi organique de la gouvernance des communes. Ces lois nous obligent à encourager, développer et mettre en exergue les services de proximité avec les citoyens. Il y a beaucoup à faire sur ce niveau, surtout en ce qui concerne la mise à niveau des quartiers défavorisés et sous équipés. Nous allons les mettre au cœur de notre projet de développement. Il faut que toutes les zones de la ville soient arrimées et mises en harmonie en matière d’évolution. Plus question de négliger les quartiers périphériques.- Vous avez promis de rendre à Fès son lustre d’antan, éradiquer la criminalité et développer l’investissement… de sacrés chantiers!
- Tout à fait. Ma seconde priorité est de faire en sorte que l’action économique, la mobilisation de l’investissement et sa promotion puissent conduire à une réelle croissance. Pour cela, je compte énormément sur la mobilisation des acteurs de développement, opérateurs économiques et tous les intervenants locaux à s’unir pour assurer le décollage des secteurs économiques. La promotion de l’activité économique au niveau national et international qui est au centre des préoccupations de la mairie permettra de réduire les disparités, créer les emplois et lutter contre le chômage et autres phénomènes de société (ndlr: délinquance, criminalité, mendicité…). Notre conseil se penchera également sur le renforcement des secteurs vitaux qui touchent le quotidien des citoyens. En ce sens, nous allons insister sur l’amélioration des prestations administratives, du réseau routier, du transport public et de l’assainissement notamment dans les zones défavorisées et sous-équipées.- Même les conseillers du PI ont été convertis à votre cause lors des élections. S’agirait-il d’un nouveau rapprochement PJD/PI et comment la ville pourrait-elle en profiter?
- Je pense que la Constitution de l’assemblée a été une réussite. Nous avons vécu lors de mon élection une étape démocratique très importante. Toutes les voix se sont exprimées. Ce qui conforte le conseil communal dans sa gestion et dans son unanimité pour le vote populaire du 4 septembre dernier. Nous espérons continuer cette concertation. Je veillerai à ce qu’il y ait une logique et une méthode de coopération entre les différents acteurs. La coopération, la concertation et l’approche participative créeront une valeur certaine de développement et des éléments de travail qui boosteront sans nul doute toute notre action au niveau du conseil communal. Ajoutons à cela la patience et la bonne conduite pour que notre mode de gouvernance et de partenariat puisse améliorer les conditions de vie des citoyens fassis.
Natif de Fès..
Ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé du budget depuis janvier 2012, Driss Azami El Idrissi est natif de Fès. Âgé aujourd’hui de 49 ans, Azami a succédé, mardi dernier, à Hamid Chabat au poste de maire de la ville. Il est titulaire d’un diplôme des études supérieures de l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, d’un diplôme des études financières, économiques et bancaires de Marseille, d’un diplôme du cycle supérieur de l’Ecole nationale d’administration de Rabat.. Au PJD, il est conseiller économique et financier du groupe parlementaire et membre du secrétariat général de son parti.
Propos recueillis par
Youness SAAD ALAMI
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