Infrastructures, transport, énergies renouvelables, aéronautique, automobile… le business Maroc-France est sur de nouvelles dimensions. Celles de la relance et des relais de croissance. C’est un peu le décor de la visite de travail, ce week-end au Maroc, du chef d’Etat français, François Hollande. A la tête d’une importante délégation, le président de la République devrait acter plusieurs avancées sur le projet LGV, développé par l’ONCF avec l’assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO) de la SNCF, selon le protocole signé entre les deux parties en 2009. Au programme des dossiers brûlants, les dernières livraisons du matériel roulant de la LGV, construit par Alstom, et la création cette année d’une joint-venture (JV) à capitaux mixtes, la Société marocaine de maintenance des rames à grande vitesse (ONCF 60% et SNCF 40%) pour la maintenance des rames. Le protocole signé en 2009, pour la mise en place de la ligne LGV, devrait en effet parapher un accord définitif de coopération, avec comme clause phare, le projet de création de cette JV. La société opèrera via un atelier de maintenance qui sera réalisé et installé à Kénitra. L’accord prend également en compte les indicateurs de performance, les coûts de maintenance, etc. «Pour un début, des contrats de sous-traitance sont prévus entre la JV et la SNCF pour des opérations ponctuelles telles que la réparation de certaines pièces, en attendant d’achever le transfert de compétences entre les deux organismes», expliquent des sources proches du dossier LGV. Le groupe français Alstom a aussi opéré dans les projets des tramways de Casablanca et Rabat, fournissant le matériel roulant. Le groupe n’a également pas hésité à investir de gros moyens dans le montage, à parts égales, d’une JV avec le fabricant de câbles Nexans. Lancée en 2011 à Fès, Cabliance est destinée à la production de faisceaux de câbles pour les trains et tramways du constructeur ferroviaire français. C’est le premier écosystème monté, jusque-là, dans l’industrie ferroviaire locale. L’on parle d’une valeur de 400 millions d’euros d’achats à opérer en sourcing industriel local, d’ici 2020.
Mais ce n’est pas uniquement sur les infrastructures de transport que la relance des affaires est enclenchée. Si l’industrie constitue encore le gros du business made in France au Maroc (49% des IDE français vont dans ce secteur), la structure de ces investissements, par filière, a beaucoup évolué. Les métiers mondiaux sont la nouvelle attractivité. Sur l’aéronautique, les implantations se sont multipliées ces deux dernières années: Cetim Maroc (2014), les Ateliers de la Haute-Garonne (2015), Mécanyvois (Etude et réalisation de machines spéciales ou outillages aéronautiques). Les extensions d’activité, pour Le Piston Français, Aircelle Maroc (Safran) ou encore de NSE Industries, prouvent aussi cette nouvelle dynamique.
Dans l’industrie automobile, l’arrivée cette année de PSA-Peugeot-Citroën (557 millions d’euros), et les implantations de Bontaz Maroc, St Gobain Sekurit Maroc, Valeo Vision Maroc, Snop Tanger (2013-2014)… traduisent cette nouvelle donne. Auparavant, Renault-Tanger a réussi à tisser plus de 150 équipementiers autour de son projet industriel, dont une quarantaine de sous-traitants français implantés au Maroc.
Le business français est aussi dans les énergies nouvelles, avec implantation de Lucibel Africa (concepteur et fabricant d’éclairage LED) en 2014, d’Aqylon (fabricant de turbines ORC) en 2015. Les géants GDF Suez, EDF Energies Renouvelables, sont aussi dans le starting-block pour les prochaines échéances des programmes nationaux éoliens (850 MW) et gaziers (Terminal de Jorf Lasfar).
8,6 milliards de DH investis en 2014
Même bousculée par de nouveaux concurrents (CCG, Chine, Turquie…), la France reste le champion des affaires au Maroc avec près de la moitié du stock des IDE. En 2014, les investissements français se sont chiffrés à 8,6 milliards de DH, selon les actualisations du Service économique de l’ambassade de France à Rabat. Après l’industrie, les entreprises françaises investissent surtout dans le secteur immobilier (22%), le secteur bancaire (6,5%), le tourisme (5,4%) et celui des grands travaux (2,4%). Selon les chiffres Insee pour l’OFATS 2012 (Enquête européenne sur l’activité des filiales à plus de 50% des groupes français à l’étranger), le nombre de filiales d’entreprises françaises implantées au Maroc était de 567. Elles employaient 91.890 salariés. Si l’on tient compte d’un lien capitalistique plus large (détention d’au moins 10% du capital), le nombre d’entreprises à intérêts français est plus proche de 750, pour environ 120.000 emplois.
Safall FALL
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