samedi 19 septembre 2015

La nouvelle réforme promet de soustraire la Bourse de sa morosité ambiante, mais risque de créer des disparités entre acteurs des marchés de capitaux. Cette révision de la loi existante se donne pour objet de redynamiser les échanges de capitaux à travers la captation de nouveaux fonds d’investissements. L’élément saillant de ce projet de loi est la mise en place d’un marché secondaire dédié aux PME avec des conditions d’accès adaptées aux spécificités de cette catégorie d’entreprises. Une mesure très attendue sur le marché mais qui menace de faire monter les tensions entre les sociétés gestionnaires et les acteurs du private equity, obligés de céder un peu de terrain. En effet, l’introduction d’un marché alternatif risque de leur faire perdre une part de marché considérable sur le volet capital développement. Les fâcheries entre les différents types de fonds, moins contraignants en termes de réglementation, ne pourraient être que bénéfiques pour les PME/PMI. Les entrepreneurs, manifestant un besoin de financement, disposeront ainsi des ressources de leur choix pour renforcer leur trésorerie.
Cependant, le marché secondaire offrira une possibilité de sortie pour les marchés de capitaux sur le volet Leverage Buy Out (LBO) et garantira par la même occasion plus de liquidité. «Le marché alternatif introduira plus de concurrence certes entre les sociétés de capital investissement et les sociétés gestionnaires sur certains aspects, mais renforcera le lien entre le capital investissement et la Bourse», soutient Françoise Giraudon, délégué général de l’association marocaine des investissements en capital (AMIC).
Autre mesure phare de ce projet de loi, la création de compartiments réservés à la négociation des Exchange Traded Funds (ETF), des fonds de placement en valeurs mobilières, reproduisant les performances d’un actif financier (indice, obligation, titre…). Une vraie aubaine pour les sociétés gestionnaires qui seront en mesure de diversifier davantage leur portefeuille, et de présenter de nouveaux instruments financiers jusqu’alors non admis à la négociation sur le marché réglementé. «L’élargissement de la cote aux PME/PMI  et à de nouveaux organismes étrangers ne peut être qu’une bonne nouvelle pour la gestion d’actifs au Maroc» confie à l’Economiste Mounia Dinar, vice-présidente de l’association des sociétés de gestion et fonds d’investissements marocains (ASFIM). En effet, la réforme en cours d’approbation confère le droit à l’émetteur d’exécuter des cotations  en devises ou en dirhams en faveur de sociétés étrangères (organismes ou personnes morales) sur l’un des compartiments des marchés. Ce qui serait susceptible de déclencher un déferlement de capitaux étrangers au Maroc selon Mounia Dinar. Ce projet de loi vise en outre à renforcer les règles prudentielles en Bourse à travers la création de l’AMMC et l’exigence de la publication trimestrielle.
A.I.L.
 



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