samedi 19 septembre 2015

PSA, Renault, Safran… Les implantations de groupes français s’intensifient au Maroc. 36 entreprises du CAC 40 sont représentées au Royaume. «Le Maroc et la France sont à l’avant-garde de ces alliances qui redessinent les relations entre l’Europe, la Méditerranée et  l’Afrique. Les deux pays ont tout intérêt à développer des partenariats productifs pour intensifier la production industrielle et consolider leurs positions dans cette nouvelle configuration régionale en devenir», analyse Xavier Beulin, président du groupe Avril et co-président du Club des chefs d’entreprises France-Maroc. «Sans se faire concurrence, nos deux pays doivent profiter de la proximité, de la complémentarité et des ambitions que nous nourrissons ensemble pour l’Afrique», tient à préciser Beulin. La nouvelle dynamique française (en termes d’IDE) au Maroc et ailleurs est dictée par une stratégie qui porte sur la mise en place de 34 projets «prioritaires» afin de se réindustrialiser, de gagner en parts de marché en France et à l’international. Bien évidemment, l’enjeu est de créer des emplois nouveaux par milliers.
A travers cette offensive industrielle, l’Hexagone est en train de réfléchir à une  nouvelle manière d’aborder le partenariat, la proximité, dans le sens d’un meilleur partage de la chaîne de valeur, de transfert de technologies sur fond d’équilibre Nord-Sud. C’est d’ailleurs ce souci d’équilibre qui anime les discussions entre le Medef, la CGEM et les membres du Club des chefs d’entreprises France-Maroc. De part et d’autre, les chefs d’entreprise ont conscience que la prochaine étape sera déterminante pour les économies des deux pays. Mais tout dépendra du rythme des investissements et du nouveau concept de partenariat. Autrement dit, tout repose sur l’optimisation de la colocalisation et du co-développement.   L’un ne va pas sans l’autre. Côté marocain, la colocalisation implique l’accélération du déploiement des écosystèmes industriels, la montée en valeur dans les filières (automobile, aéronautique, offshoring, logistique, agroalimentaire…) ainsi que l’attractivité d’IDE favorisant les créations d’emplois. Côté français, le nouveau concept de colocalisation devra stimuler davantage la compétitivité de l’économie française, gagner de nouvelles parts de marché, des relais de croissance, enrayer la désindustrialisation, et par ricochet relancer  l’emploi.  Ce sont désormais les TPE, PME-PMI qui prendront le relais. «Ce type d’entreprises sont des structures idoines pour le développement de la coopération en France et au Maroc… à condition  d’être soutenues et accompagnées», tient à préciser Xavier Beulin. Les TPE-PME seront aussi le moteur de l’approche triangulaire vers l’Afrique. Des entreprises souples qui peuvent tester le potentiel et attirer ensuite l’artillerie lourde en Afrique subsaharienne.
A. R.



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