vendredi 21 août 2015

Comment sauver Samir? Une solution à la situation catastrophique où se retrouve l’unique raffinerie du pays devait être abordée mardi 18 août lors de la réunion du management de l’entreprise avec une commission interministérielle. (A l’heure où nous mettions sous presse, la réunion n’avait pas encore commencé).  Une Commission venue écouter les propositions de  Samir redevable de 13 milliards de dirhams à l’Etat et de plusieurs autres milliards aux banques et aux fournisseurs. L’entreprise a stoppé toute activité de raffinage et des avis à tiers détenteurs ont été émis par la Douane pour recouvrer les taxes impayées (TVA et TIC).  
Un plan de redressement «sérieux» est  attendu sachant que la promesse faite par l’actionnaire d’injecter 1,5 milliard de dirhams paraît d’ores et déjà  insuffisante. Le gouvernement attend plus sachant que la raffinerie avait jusque-là joui de plusieurs avantages comme l’accord pour différer le versement de la TIC et de la TVA accordé par l’ancien gouvernement. «Le gouvernement avait sursis à la récupération de la TVA et de la TIC en attendant un retour à meilleure fortune de l’entreprise. Cette facilité a duré près de 6 ans sachant que la TVA et la TIC ont été versées par le consommateur», souligne un proche du dossier rappelant au passage que la raffinerie bénéficie aussi «d’une structure des prix avantageuse».
Plusieurs scénarios seraient envisagés comme «la vente de certaines filiales» ou encore «l’ouverture du capital de l’entreprise aux distributeurs et aux banques». «C’est un gouffre financier et personne ne se hasarderait à intégrer le capital de l’entreprise», soulignent certains opérateurs. En attendant le plan de redressement, de hauts responsables affirment qu’au-delà de l’enjeu social et de l’approvisionnement du marché, il s’agit d’une entreprise privée: «L’Etat ne peut pas venir au secours de toutes les entreprises qui ont des difficultés. Samir est une société privée et cotée en Bourse et c’est à ses actionnaires d’assurer la responsabilité». L’approvisionnement du pays est aujourd’hui assuré par les importations. «Nous avons constitué le stock de sécurité et le marché ne souffre d’aucune insuffisance», assure le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM).  Certains opérateurs vont jusqu’à poser la question de la pertinence de garder une raffinerie. Pour eux, le Maroc dispose de plusieurs ports d’importation et «l’approvisionnement du pays est normalement assuré». Pour d’autres,  la raffinerie doit être maintenue mais mieux «contrôlée et gérée».
J. R.



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