Les temps sont durs pour les sidérurgistes. Le numéro 1 marocain s’attend
Démantèlement de navires: Un nouveau filon
La société cherche aussi à sécuriser ses intrants et à en maîtriser les coûts d’acquisition. Le groupe est en pourparlers avancés avec un opérateur européen de premier plan pour co-investir dans l’activité de démantèlement des navires. Un projet pilote a en effet déjà démontré la pertinence du business model. A terme, l’idée est d’arriver à couvrir, grâce à ce partenariat, 25% des importations en ferraille de l’industriel. La concrétisation de ce projet sera accompagnée d’un contrat de performance public/privé, en finalisation. «L’Etat pourrait nous accompagner sur les aspects réglementaires ou du foncier, avec, en contrepartie, des engagements de création d’emplois et la promotion d’une nouvelle filière», explique Ayoub Azami, le patron de Sonasid. Le groupe est ainsi en train d’opérer des ruptures stratégiques sur le business model de ses activités en approvisionnement d’intrants. La ferraille, principale matière première de l’industrie, provient de trois principales sources: les déchets électroménagers, la démolition d’usines et de sites industriels, ainsi que le démantèlement de navires en fin de vie. L’industriel compte aussi maîtriser sa facture énergétique. La décompensation du fuel, principal combustible utilisé dans les laminoirs du groupe, n’est pas pour arranger ses charges. Sonasid se tourne de plus en plus vers des énergies alternatives comme les huiles usagées.
Chiffres clés 2014
Chiffre d’affaires: 4,2 milliards de DHPart de marché: 54%
RNPG: 127 millions de DHBourse:
- cours au 31 décembre 930 DH (variation annuelle 8,01%)
- cours à la clôture le 18 août 2015 698 DH (variation annuelle -25%)
Des discussions engagées avec Renault
SONASID compte intégrer la chaîne de valeur de l’industrie automobile, notamment dans la production et la fourniture d’aciers longs. L’aciériste est déjà en discussion avec Renault sur ce dossier, et n’écarte par l’opportunité d’établir un partenariat avec PSA Peugeot Citroën. L’industriel dispose de bons acquis opérationnels. Arcelor Mittal, l’actionnaire de référence, opère en effet déjà sur ce segment en fournissant la marque au losange. L’intégration devrait donc se faire plus facilement. «Nous sommes en train de procéder à des essais et d’étudier les investissements qui devront être réalisés», explique Ayoub Azami, directeur général de Sonasid. Pour le responsable, l’enjeu est double : doper la demande locale, portée essentiellement par l’immobilier et le BTP, mais aussi «s’ouvrir vers un certain nombre de marchés applicatifs à gros potentiels de croissance comme l’automobile, qui importe une bonne partie de ses aciers longs». Cette approche vise aussi à intégrer la dynamique de déploiement des écosystèmes du Plan d’accélération industrielle (PAI). Des discussions sont en cours avec le ministère de l’Industrie pour trouver les bonnes synergies.
Le groupe est aussi sur des pistes de croissance externe. Une stratégie est encore en réflexion pour saisir des opportunités d’investissement soit dans la distribution ou la production. La seule certitude, c’est que cette croissance se fera vers les marchés ouest-africains. «En trading pur, cette région est la seule qui regroupe encore des marchés nets importateurs. Mais le problème de ce marché c’est qu’il n’est pas encore assez structuré ni réglementé. Il est dominé par l’offre chinoise, qui se positionne malheureusement sur le second choix. Il est difficile de s’aligner sur ce positionnement», explique Azami. Il y a quelques années, la demande sur le marché africain était encore majoritairement couverte par l’offre européenne à hauteur de 60 à 70%. Cette situation a évolué pour mener à la domination chinoise.
Propos recueillis par Franck FAGNON
et Safall FALL
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16:56
Novitacu
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