La méfiance semble toujours de mise sur le marché. Les investisseurs préfèrent vendre le titre Alliances malgré l’annonce de l’emprunt obligataire (ORA). Le cours se déleste de 2,4% pour atteindre 50 DH, un niveau proche de son plus bas historique. Le projet validé en assemblée générale extraordinaire le 24 juillet dernier vient à peine d’obtenir le feu vert du CDVM (à moins de 15 jours de son échéance). Alliances lancera donc un emprunt obligataire d’un milliard de DH. La période de souscription a été fixée du 24 au 26 août. Assorties d’un taux de 5% hors taxe, les obligations seront émises au prix unitaire de 100 DH. D’une durée de vie de 2 ans et 8 mois, elles seront remboursées en actions nouvelles que la société va émettre. Ce qui induit une augmentation de capital dont le prix d’émission sera égal au cours moyen sur les trois derniers mois, soit un peu plus de 80 DH. Une décote de 20% donc, qui refroidit le marché. «Le calcul de prix de l’action joue en défaveur des investisseurs», remarque un analyste. Elle est loin l’époque où l’action s’échangeait à 675 DH. Aujourd’hui, le titre s’enfonce quasiment tous les jours de plus de 5%. Même la capitalisation du groupe s’est grevée de plus de 80% depuis le début d’année pour s’établir à 640 millions de DH. Elle s’élevait à 8,5 milliards de DH en 2012. La valeur globale des ORA 2012 se révèle ainsi largement au-dessus de la valeur actuelle de la nouvelle émission. Il sera difficile donc pour Alliances de convaincre les détenteurs de l’ORA 2012 d’accepter l’échange avec ceux de 2015. Sauf que les investisseurs n’auront d’autre choix que de souscrire à cette opération, l’alternative de reconvertir leurs obligations en action étant très peu bénéfique. Un coup dur pour le marché. «On a du mal à croire que le gendarme de la Bourse, censé préserver les intérêts des épargnants, ait pu valider ce genre d’opération», fustige un professionnel. Surtout que depuis quelques mois, le groupe cumule les mauvais points. Alliances, qui avait émis un profit warning en début d’année, a vu son chiffre d’affaires se rétracter de 31%. Le groupe a enregistré une perte sèche de l’ordre de 1 milliard de DH fortement impacté par les difficultés du pôle Construction. En plus des difficultés de l’activité de la filiale EMT, le promoteur doit faire face à la gronde des fournisseurs qui se plaignent d’importants retards de paiement. C’est dans ce sens donc que le groupe annonce avoir trouvé les pistes pour sortir de cette crise. Une bonne nouvelle bien accueillie au départ par les différents acteurs du marché qui a fini par vite déchanter. Le plan de sauvetage destiné au reprofilage de la dette a été annoncé initialement pour le 15 mai mais n’arrive pas à voir le jour. Alliances donne ainsi l’impression de ne pas maîtriser son calendrier. Le management est parvenu, un peu plus tard, à rééchelonner une partie de sa dette bancaire et obtenir du tribunal la désignation de Abderrahim Lahjouji (l’ancien président de la CGEM) en tant que conciliateur pour le règlement à l’amiable des litiges avec les fournisseurs. Après diverses tractations, plusieurs accords auraient été conclus entre les sociétés EMT et certains de leurs créanciers.
Le conciliateur vient de rendre sa copie
Au 13 août dernier, Lahjouji a finalement rendu sa copie au tribunal de commerce qui devrait trancher entre deux propositions: homologuer le pacte conclu et accorder aux sociétés concernées, les délais de paiement prévus par les textes en vigueur pour les créances non inclues dans l’accord (le partenariat suspend pendant la durée de son exécution toute action en justice); ou encore, transmettre le dossier à la Chambre chargée du traitement des difficultés d’entreprise qui peut prononcer soit l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire, soit la procédure de liquidation judiciaire.
Suivant cette situation, le management a décidé de ne pas intégrer les performances de sa filiale EMT, en partie à l’origine des difficultés du groupe, dans son business plan. «Encore une mesure troublante pour le marché qui attendait de voir la contribution de ces sociétés dans les chiffres du groupe», renchérit un trader.
Les agrégats financiers, dépourvus des résultats de la filiale construction sont plutôt optimistes, ce qui ne semble pas au goût des investisseurs. Le déficit serait résorbé l’année prochaine après avoir enregistré un résultat net de -226 millions de DH et un chiffre d’affaires de 2,9 milliards de DH à fin 2015.
A. Lo
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16:56
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