jeudi 20 avril 2017

Pour la première fois Yannick Haenel viendra rendre visite aux Tangérois le vendredi 28 avril prochain à 19h à la librairie les Insolites créée et animée par Stéphanie Gaou.

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de lui, c’est normal. Les plateaux télé l’horripilent, l’exhibition médiatique aussi.

Et pourtant, il a maintes fois remporté des prix littéraires et mène une carrière exigeante depuis de nombreuses années au sein de Gallimard et dont tout le monde peut profiter.

Il prône l’intempérance, la folie douce, la grande superbe, il chante l’Italie, l’amour, la liberté des mots, l’inconstance, la désobéissance civile, la beauté sensuelle des femmes et des oeuvres d’art, les révolutions pacifiques et rafraîchissantes. Il n’aime rien moins que la mièvrerie, la soumission, le manque de fantaisie, l’immobilisme, la fin du sens dans le langage…

C’est un des plus grands auteurs contemporains.

yannick Haenel

Nous avons joint Yannick Haenel pour lui poser quelques questions avant son arrivée à Tanger…

Propos recueillis par Paul Brichet

Quel est votre lien avec Tanger ? Est-ce la première fois ?
C’est la première fois. Mon lien avec Tanger est avant tout « culturel » et, hélas, exclusivement occidental (du moins pour le moment) : il est lié, pêle-mêle, à des rêveries liées aux ports, aux romans d’espionnage et au caractère cosmopolite d’une telle cité ; aux anecdotes concernant Burroughs et Kerouac ; à leurs « promenades prophétiques » dans cette ville, comme ils les appelaient ; aux photos de Beckett évoluant dans les rues de la ville en short, avec sa maigreur de héron ; au labyrinthe du Festin nu, que j’imagine fidèle au labyrinthe de la vieille ville ; aux nuits d’Only lovers left alive, le film de Jim Jarmusch. Bref, un lien aussi imaginaire que chargé !

Pourquoi venez-vous à Tanger et aux insolites ?
Parce que l’invitation de quelqu’un comme Stéphanie Gaou ne se refuse pas : j’ai senti tout de suite, rien qu’en allant sur son site, que sa librairie est un véritable lieu. Une « chambre à soi » qui serait en même temps un monde. Une ouverture.

De quoi allez-vous parler aux insolites ou de quoi avez-vous envie de parler ?
J’aime bien laisser être le temps et l’occasion, donc je ne sais pas. Et en même temps, je me dis que nous allons sans doute parler (je dis « nous » parce que je viens pour partager, dialoguer, écouter), nous allons parler forcément de la liberté, du sacré et du vide, qui sont pour moi trois approches de la poésie. Le vide qui est le contraire de la société, et nous fait respirer. Le sacré qui est le contraire de la religion, et nous éclaire chaque détail du monde. La liberté qui est le refus de la barbarie et de la connerie, et nous guide.

Après « Je cherche l’Italie » quel est votre nouveau projet littéraire ?
Je viens de finir un roman qui s’intitule « Tiens ferme ta couronne », il sortira en septembre.

Tanger pourrait-il vous inspirer ?
J’espère. Je vais en tout cas me laisser faire !

Vous sentez-vous proche du monde arabo-musulman ?
Oui, de son histoire et de sa poésie.

Voici ce qu’il écrit (en antipasti)…:

« Le bonheur est semblable aux nuits blanches, quand la fête est plus forte que le sommeil. On ne s’initie à rien d’autre qu’au fait de vivre. » extrait de « Je cherche l’Italie »

Vous êtes vernis. Venez le 28 avril 2017 à 19h : Yannick Haenel sera tangérois quelques heures…

Librairie les insolites
28, rue Khalid Ibn Oualid
Tanger

A propos de Yannick Haenel

yannick-haenel-portraitYannick Haenel est fils de militaire. Il fait ses études au prytanée national militaire de La Flèche et au lycée Chateaubriand de Rennes.
À partir de 1997, il codirige la revue Ligne de risque avec François Meyronnis. Il enseigne le français jusqu’en 2005 au lycée très littéraire La Bruyère à Versailles.
Il publie plusieurs romans, dont Introduction à la mort française et Évoluer parmi les avalanches, un essai sur les tapisseries de La Dame à la licorne : À mon seul désir.
Il codirige deux volumes d’entretiens avec Philippe Sollers : « Ligne de risque » et « Poker ».
En 2007, il publie dans la collection L’infini, dirigée par Sollers, Cercle (éd. Gallimard), roman qui reçoit le prix Décembre et le prix Roger-Nimier.
Une polémique l’oppose en 2007 à Alina Reyes, l’une accusant l’autre de plagiat.
En 2008-2009, Haenel est pensionnaire à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis.
En 2009, il reçoit le prix Interallié et le prix du roman Fnac pour Jan Karski. Ce livre comporte trois parties :
– La première partie est directement inspirée du film Shoah de Claude Lanzmann, où Karski est interviewé.
– La deuxième partie résume en environ 80 pages le témoignage de Karski publié en anglais en 1944 sous le titre Story of a secret state.
– La troisième partie met en scène les sentiments de Karski et rapporte des dialogues qui sont présentés par l’auteur comme une fiction.
Claude Lanzmann publie une critique vigoureuse du roman dont il qualifie la troisième partie de « falsification de l’histoire ». Il reproche à Haenel d’avoir plagié les dialogues de son film sans en avoir demandé l’autorisation. Philippe Sollers, qui dirige la collection L’Infini chez Gallimard, précise qu’il a soumis à Lanzmann l’épreuve du roman avant publication, ce que Lanzmann a toujours nié. Haenel répond en revendiquant la liberté du romancier.
Yannick Haenel est chroniqueur pour le magazine de littérature et de cinéma Transfuge depuis 2010 et à Charlie Hebdo depuis la reprise de la publication après les attentats de janvier 2015.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



from LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com http://ift.tt/2pG9ZfX

jeudi 13 avril 2017

Rencontre avec Hicham Houdaïfa aux insolites à l’occasion de la sortie de son livre « Extrémisme religieux » le samedi 15 avril à 19h.

Hicham-Houdaifa-2-7541

Hicham Houdaïfa est né en 1969 à Casablanca. Journaliste depuis 1996, notamment au Journal Hebdomadaire et aujourd’hui à la Vie Economique, il a essentiellement travaillé sur des sujets sociétaux : droits des femmes, migration société civile. Il est co-fondateur avec Kenza Sefrioui de la maison d’édition « En Toutes Lettres » et dirige la collection « Enquêtes ».

extrémisme religieuxIl est l’auteur de « Dos de femme, dos de mulet,  les oubliées du Maroc profond », 2015, finaliste du prix Grand Atlas 2015 ainsi que de l’ouvrage, « Extrémisme religieux, plongée dans les milieux radicaux du Maroc », 2017, qu’il viendra présenter à Tanger le 15 avril 2017 à partir de 19.00

 

Librairie « Les insolites »
28, rue khalid ibn oualid, ex-velasquez
Tanger

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



from LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com http://ift.tt/2o9PDL5

lundi 10 avril 2017

Connu pour être la référence des nationalistes marocains, le discours de Tanger, prononcé par Mohammed V le 10 avril 1947 dans les jardins de la Mendoubiya, n’est pas aussi radical que l’historiographie officielle le laisse entendre.

MohammedV-discours-Tanger7541

Le lundi 10 avril, les Marocains commémorent le 70e anniversaire du « discours de Tanger ». Le 10 avril 1947, le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef s’était rendu à Tanger, alors zone internationale. Il choisit le jardin de la Mendoubiya, bâtiment où siégeait jadis l’équivalent du ministère des Affaires étrangères du Makhzen, pour prononcer un discours historique, où il réclama, sans toutefois prononcer le terme, l’indépendance de son pays. Cependant, le discours prononcé par le jeune sultan comportait d’autres messages. Telquel.ma liste 5 points soulevés dans le discours rarement évoqués par l’historiographie officielle.

1- Absence du mot indépendance
A aucun moment, Mohammed V n’utilise, dans son discours, le mot indépendance. Sans-doute pour ne pas froisser la France, représentée alors au Maroc par un résident général, Eirik Labonne, réputé libéral.  « Le Maroc désire ardemment acquérir ses droits entiers », s’est-il contenté de dire, tout en ajoutant : « Le peuple qui s’éveille enfin prend conscience de ses droits et suit le chemin le plus efficace pour reprendre son rang parmi les peuples ».

2- Hommage à la France
S’il ne prononce pas le mot indépendance, ce qui se fait encore appelé le sultan Sidi Mohammed a rendu un vibrant hommage à la puissance protectrice. Dans son discours, le sultan alaouite avait exhorté ses sujets à s’inspirer des « Français », ce peuple « épris de cette liberté qui conduisit le pays (le Maroc) vers la prospérité et le progrès ». « Jetez un regard sur le monde civilisé, inspirez-vous de ses sciences et suivez la voie déjà tracée par des hommes qui ont formé la civilisation moderne », s’était-il encore écrié.

3- Thank you America
Bien que suite à la mort d’Eleonore Roosevelt, les Américains n’ont pas tenu leur promesse -formulée lors de la conférence d’Anfa- de rendre l’indépendance aux Marocains, le sultan Sidi Mohammed ne leur en a pas vraiment tenu rigueur, bien au contraire. « J’éprouve beaucoup d’estime et de respect pour les services rendus par la République américaine aux pays arabes, et notamment pour sa participation à la délivrance de l’oppression », a-t-il même déclaré dans son discours.

4- Le sultan panarabiste
A une époque où l’idéal panarabiste avait le vent en poupe, le sultan du Maroc ne dérogeait pas, lui non plus, à la règle. « Il va sans dire que le Maroc , étant un pays attaché par des liens solides aux pays arabes d’Orient, désire naturellement que ces liens se raffermissent de plus en plus, surtout depuis que la Ligue Arabe est devenue un organisme important qui joue un grand rôle dans la politique mondiale », avait-il déclaré, avant d’ajouter : « Les pays arabes ne forment qu’une seule Nation : que ce soit à Tanger ou à Damas, cela ne fait qu’une. J’éprouve beaucoup d’estime et de respect pour les services rendus par la République américaine aux pays arabes, et notamment pour sa participation à la délivrance de l’oppression ». Les temps ont bien changé depuis !

5- Un discours moralisateur
« L’avarice », « l’injustice », « l’ignorance »… autant de maux dans lesquels pataugeait les Marocains et auxquels le sultan Sidi Mohammed s’était attelé à condamner dans son discours de Tanger. « En désertant (la science), nos voies de salut se sont assombries, notre égarement a été à son comble quand nous nous sommes laissés envahir par l’ignorance. […], l’injustice est venue s’installer parmi nous, nos principes se sont transformés en moyens d’oppression privant les hommes de leurs droits sacrés. […]L’avarice, en s’emparant de nos âmes, les a perdues, l’égoïsme, en annihilant nos qualités de cœur, nous a précipités dans la décadence. Nous avons préparé les voies de nos malheurs pour subir les vicissitudes de la dispersion ».

par Réda Mouhsine – Telquel

Discours intégral de S.M. Mohammed V, à Tanger le 10 avril 1947.

Voici la traduction du texte intégral du discours historique prononcé par Sa Majesté Mohammed V dans les jardins de la Mendoubiya à Tanger, le jeudi 10 avril 1947.

 

Les droits légitimes du peuple marocain ne peuvent se perdre et ne se perdront jamais

«Parmi les faveurs divines qui ne sont compensées que par de constantes louanges, se trouve celle accordée à des cœurs animés d’un même idéal, unis par une sincère amitié, et qui vouent toutes leurs actions à Dieu. Tel est le caractère spécifique des croyants dont le Très-Haut a dit : “Ceux qui croient et craignent Allah ont l’heureuse nouvelle de la fidélité en ce monde et dans la vie future. Les paroles de Dieu sont immuables. Cela constitue le vrai bonheur”.
Le croyant se distingue des autres hommes par une fois ardente, un cœur serein, une confiance absolue en Dieu dans toutes ses actions, dans les plaisirs comme dans les tristesses de la vie.
Pénétré des commandements dont le Seigneur lui impose l’exécution, il les accomplit dans la certitude que le Créateur ne laisse jamais une bonne action sans récompense.
Nous n’avons donc qu’à pratiquer le bien, après avoir satisfait au devoir de la croyance pure, pour figurer parmi les créatures fidèles de Dieu le Trés-Haut.
Les Musulmans ont subi les assauts multiples d’une constante adversité. Des calamités de toutes sortes les ont assaillis de tous côtés et ont toujours atteint leur but.

La science qui s’était épanouie parmi nous jusqu’à atteindre son apogée, nous a révélé ses secrets après avoir fleuri dans nos parterres. En la désertant, nos voies de salut se sont assombries, notre égarement a été à son comble quand nous nous sommes laissés envahir par l’ignorance.
La justice avait élu demeure parmi nous, elle s’est répandue dans nos contrée et a été administrée à tout-venant, pour faire profiter tous les hommes de ses avantages. En nous écartant de ses voies légales, l’injustice est venue s’installer parmi nous, nos principes se sont transformés en moyens d’oppression privant les hommes de leurs droits sacrés. Les procédés de bienfaisante humanité s’étaient développés dans nos villes et dans nos campagnes. La générosité bienfaisante s’était épanouie dans nos cénacles.
L’avarice, en s’emparant de nos âmes, les a perdues, l’égoïsme, en annihilant nos qualités de cœur, nous a précipités dans la décadence. Nous avons préparé les voies de nos malheurs pour subir les vicissitudes de la dispersion.
Les coups multiples de l’adversité, non contents d’éloigner les fidèles de l’Orient, le croyant de l’Occident, ont séparé les habitants d’un même pays, qui, pendant longtemps, a été fier de son unité et de son caractère homogène parmi les nations. Séparés de nos frères, éloignés de nos propres foyers que nous ne pouvons regagner par nulle voie, nous avons perdu, par l’inconscience, les plus sacrés de nos droits: l’unité de notre pays, déchirée par les fautes successives que nous avons commises à son égard. Et nous poursuivons ainsi le triste cours de notre malheureuse vie, séparés en faibles tronçons sur tous les domaines d’action. La Providence Nous a heureusement inspiré dans la mansuétude de Sa Miséricorde et Nous a guidé dans la bonne voie du salut en Nous élevant à la dignité de Souverain de ce pays.
Nous avons déployé tous nos moyens pour réparer nos fautes et porter remède à nos malheurs. Nous nous sommes efforcés de montrer les moyens de parvenir au bonheur présent et futur sans jamais nous écarter des principes de notre sainte religion qui a regroupé les cœurs de tous les Musulmans et les a faits battre à l’unisson, qui a poussé les peuples arabes et musulmans à s’aider et à se secourir mutuellement, si bien que les bases de cette ligne qui a renforcé les liens entre tous les Arabes partout où ils se trouvent, a enfin permis à leurs Rois et à leurs chefs, aussi bien en Orient qu’en Occident, d’unifier leur voie et de marcher vers le progrès moral, la grandeur de l’Islam et la gloire arabe.
Nous nous sommes imposé la tâche de regagner notre gloire passée en guidant les âmes, et réconfortant les cœurs, en développant l’intelligence, en éclairant les esprits. Persuadé qu’il n’ y a d’évolution possible pour notre peuple que dans les moyens qui ont contribué à celle de nos Glorieux Ancêtres, Nous avons pris pour but le développement de l’instruction dans ses branches anciennes aussi bien que nouvelles : les âmes de la lumière de la foi et du flambeau de la morale, les dernières pour faciliter l’évolution et l’accession aux moyens de lutter pour l’existence.
C’est ainsi que par la grâce divine les esprits se sont réveillés à l’action vivifiante des excellents résultats de l’éducation aspirant à un mieux-être dans tous les domaines de l’évolution.
Des écoles sont créées pour que les jeunes Marocains y reçoivent les préceptes de la vertu, et nous voyons poindre heureusement l’aube d’un réconfortant succès.

Nous veillons par la grâce divine et par l’effet de sa bonté à l’intégrité du pays, Nous travaillons à la garantie de son brillant et glorieux avenir, et Nous allons à la réalisation de cet espoir qui fera revivre le cœur de chaque Marocain. Il n’est donc que de ne pas s’abandonner au désespoir et de redoubler, au contraire, d’efforts, pour nous acquitter de nos devoirs envers la patrie. Nous devons agir sans cesse afin d’atteindre nos aspirations qui consistent à retrouver nos gloires passées et en acquérir de nouvelles. C’est pour dispenser notre entière sollicitude à toutes les régions du Maroc, en veillant à la réalisation de leurs besoins, que Nous nous sommes déplacé dans tous les sens. Le tour de Tanger est enfin arrivé, et c’est avec un immense plaisir que Nous rendons visite à cette ville chérifienne que Nous considérons comme un point vital de l’Empire Chérifien , comme sa véritable couronne. Parce qu’elle est la porte de son commerce, le pivot de sa diplomatie, l’emblème de ses qualités maîtresses et la plus belle page de son livre d’or construit alors que l’Europe entrait tout juste dans l’histoire des hommes, le Maroc a eu maintes occasions de se montrer fier de son brillant éclat. Le Maroc, comme vous le savez, a pris une part active dans la dernière guerre par ses fils et par tous les moyens dont il disposait, jusqu’à la victoire finale. Aujourd’hui, que tous les peuples réclament des droits compatibles avec les temps modernes, il est juste que le peuple marocain obtienne des droits légitimes et voit se réaliser nos aspirations. Le Maroc tient absolument à avoir dans l’avenir des relations cordiales avec tous les pays qui ont défendu la liberté et qui continuent à défendre sa cause. Le Maroc désire ardemment acquérir ses droits entiers. Il va sans dire que le Maroc, étant un pays attaché par des liens solides aux pays arabes d’Orient, désire naturellement que ces liens se raffermissent de plus en plus, surtout depuis que la Ligue Arabe est devenue un organisme important qui joue un grand rôle dans la politique mondiale.
Le peuple qui s’éveille enfin prend conscience de ses droits et suit le chemin le plus efficace pour reprendre son rang parmi les peuples. Mais, s’il est vrai que c’est en se désintéressant de ses droits qu’on les perd, il n’en est pas moins certain que les droits légitimes sont toujours obtenus lorsqu’ils sont recherchés dans les voies de la légalité. Les droits légitimes du peuple marocain ne peuvent se perdre et ne se perdront jamais. Les pays arabes ne forment qu’une seule Nation: que ce soit à Tanger ou à Damas, cela ne fait qu’une. J’éprouve beaucoup d’estime et de respect pour les services rendus par la République américaine aux pays arabes, et notamment pour sa participation à la délivrance de l’oppression.
Nous sommes venus renouveler la visite qui y accomplit notre aïeul Moulay El Hassan, pour éloigner toute torpeur à ses yeux, pour prendre contact avec ses intérêts.
Nous avons accompli cet heureux voyage pour lui apporter les preuves tangibles de notre sollicitude et afin d’offrir à ses habitants le témoignage de notre considération pour qu’ils sachent de façon évidente que nous les comptons parmi Nos fidèles sujets, en tête des hommes capables d’action utiles et bienfaisantes. Nous avons accompli ce voyage à Tanger pour nous rendre compte de sa situation et de celle de ses environs, en père soucieux de tous ses devoirs dont il entend s’acquitter pour satisfaire sa conscience et pour plaire au Très-Haut en Souverain qui s’impose la noble tâche d’assurer la renaissance de son pays, pour en faire éclater la gloire et lui faciliter l’accession au rang des autres Etats, en atteignant le niveau de la civilisation des peuples les plus évolués. C’est ce à quoi Nous nous sommes engagé envers le Créateur et Nous sommes résolu à agir par tous nos moyens.
La conférence qui s’occupera de nouveau du statut de Tanger aura lieu bientôt. Nous avons espoir que la voix marocaine y sera entendue afin de défendre ses droits. Nous avons été particulièrement heureux, en reprenant contact avec ces régions que nous visitons, de rencontrer notre Khalifa plénipotentiaire de Tétouan, dont tout le monde connaît le zèle et l’esprit d’évolution en parfait accord avec nous-même dans un commun idéal, dans tout ce qui est fait pour être agréé de Dieu le Très-Haut.
Nous ne doutons nullement que tous nos sujets soumis à son influence ne manqueront pas de lui apporter ce concours qui constitue le devoir de tout croyant, dans le dévouement nécessaire à la réalisation de la véritable union. Nous espérons enfin que cette rencontre comportera de nombreux et satisfaisants avantages dans tous les domaines utiles. Les requêtes des habitants de Tanger nous sont parvenues en leur temps et Nous n’avons pas manqué de donner une suite favorable à celles qui étaient immédiatement réalisables, afin de leurs faire obtenir satisfaction.
Nous nous efforcerons de leur accorder l’objet de leurs désirs, en réalisant leurs espérances, toutes les fois qu’il sera possible. Nous les convions toutefois à observer dans le déploiement de leurs louables efforts, en vue d’accéder à leurs désirs, un calme constant et une dignité parfaite. La meilleure évolution est celle qui se réalise par une action suivie qui n’est ni compromise par les troubles, ni entachée de répréhensibles excès. Nous avons toujours eu le souci de désigner dans les villes et les régions de l’Empire chérifien des représentants que Nous avons jugé aptes et dévoués.
Nous en avons fait des délégués de Notre pouvoir souverain dans le but de veiller sur les intérêts de Nos sujets, d’assurer la sauvegarde de leurs droits civils et religieux. Cette haute fonction exige l’oubli total de tout intérêt personnel, pour n’avoir en vue que l’intérêt général. La fonction publique ne doit pas être un moyen de satisfaire des buts autres que ceux qu’elle comporte. Elle ne doit servir, à tout moment, qu’à assurer le bonheur de nos fidèles sujets, en les préservant du joug de l’iniquité et de l’oppression, en les encourageant dans la voie de l’éducation, du développement, des œuvres sociales et économiques propres à éclairer l’intelligence dans le but d’élargir les moyens vitaux, dans une lutte opiniâtre contre l’ignorance et la pauvreté.
Le Trône assure l’unité du peuple, l’intégrité du pays et le bonheur de tous les habitants. Le fonctionnaire responsable doit agir constamment pour permettre aux habitants de la ville ou de la région où nous l’avons désigné de profiter de tous les droits que comporte la nationalité marocaine, dans un dévouement au Trône chérifien qui, depuis des siècles, assure l’unité du peuple, l’intégrité de l’Empire et le bonheur de toutes les classes de ses habitants.
C’est en vue de ces considérations que nous enjoignons à tous nos délégués, pachas, caïds, cadis et fonctionnaires de tout grade, que nous honorons de notre confiance et en qui nous plaçons tous nos espoirs, de bien observer cet impérieux devoir national.
Qu’ils soient animés de condescendance dans tous leurs actes, de justice et d’équité dans leur jugement, de mûres réflexions et d’un zèle absolu.
Considérons tous nos devoirs pour nous en acquitter sans faiblesse ni crainte, et sans tomber dans une mortelle nonchalance. Armons-nous pour l’action qui constitue la base de toute renaissance. Il n’y a aucune gloire pour les inconscients, aussi bien que les incapables n’ont pas d’avenir. Allons résolument vers les sources de la culture qui revivifie les cœurs et disperse par ses clartés l’ombre de l’adversité. Acquérons la science qui montre au vigilant le chemin des réalisation utiles. Agissons en appliquant ces principes qui constituent la meilleure défense contre l’avidité.
Si vous répondez aux réconfortants appels que Nous ne cessons de vous adresser, vous éviterez pour le présent et dans l’avenir toutes les embûches de la perdition, vous vivrez, au contraire, honorés parmi les hommes et résisterez aux assauts du désespoir; conformez-vous aux préceptes dont votre religion vous impose l’impérieux devoir pour atteindre le parfait bonheur auquel Dieu nous convie par ces paroles du Livre de la Sagesse : “Celui qui se confie à Allah trouve le droit chemin”.
Jetez un regard sur le monde civilisé, inspirez-vous de ses sciences et suivez la voie déjà tracée par des hommes qui ont formé la civilisation moderne en faisant appel pour y parvenir aux savants et aux techniques des pays amis et en particulier aux Français épris de cette liberté qui a conduit le pays vers la prospérité et le progrès.»

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



from LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com http://ift.tt/2oRtdly

Pendant les 38 ans du règne de Hassan II, le nord du Maroc, et plus particulièrement Tanger, port historique situé face à Gibraltar, ont été délaissés, oubliés.

tanger-today2

A peine monté sur le trône en 1999, Mohammed VI prend le contrepied de l’attitude de son père. Pour corriger la situation, le nouveau Roi a immédiatement des gestes symboliques comme les déplacements sur place. Il ne s’en contente pas et prend de nombreuses initiatives pour désenclaver le nord marocain et accélérer son développement. Les exemples démontrent la cohérence et la détermination de la stratégie royale :

Les aménagements et investissements pour faire de Tanger le grand port de la méditerranée
La construction de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kenitra va permettre de relier la ville historique au reste du pays
L’installation de Renault. Au-delà de la création de 6 000 emplois, l’expérience réussie de Renault à Tanger dans le secteur automobile a créé une disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée alliée à une technologie.
Mais Tanger va bénéficier du souci royal d’attirer les investissements chinois pour contrebalancer la forte présence chinoise en Algérie.

Alors que seuls une trentaine de groupes chinois opèrent pour l’instant au Maroc, près de huit cents entreprises chinoises sont présentes en Algérie, dans le bâtiment, les travaux publics et l’import-export. De nombreux projets ont été confiés à des entreprises chinoises, dont la grande mosquée et l’opéra d’Alger.

La Chine est le quatrième partenaire commercial du Maroc, quand elle est le premier en Algérie depuis trois ans maintenant, devant la France . En 2015, les échanges commerciaux entre les deux pays a atteint à peine 3 Md€, soit trois fois moins qu’entre l’Algérie et la Chine !

Lors de sa visite en Chine le Roi Mohammed VI a signé avec le président chinois un accord de partenariat stratégique. Au-delà de la signature de quinze accords économiques et partenariats public-privé représentant plus de 110 M€ de contrats, il est question d’un accord de libre-échange avec Pékin pour permettre au Maroc de devenir le carrefour des investissements chinois en Afrique du Nord.

Cette visite a été aussi le moyen de renforcer les relations bancaires entre les deux pays. Cela explique que le premier accord signé porte sur l’échange de devises entre les deux pays pour fournir aux banques des liquidités en yuan pour les comptes de leur clientèle et faciliter les investissements chinois au Maroc.

Le monde bancaire chinois s’est mobilisé :

Bank of China, l’une des quatre grandes banques chinoises, a ouvert à Casablanca son premier bureau de représentation au Maroc
L’Exim Bank, bras financier de Pékin pour financer les exportations, a ouvert son deuxième bureau au Maroc après celui de Johannesburg
ICBC a établi un partenariat avec le groupe Anouar Invest.
Du côté marocain :

La BMCE est la première implantée en Chine avec un bureau de représentation de Pékin
Attijariwafa Bank s’est fixée la mission d’être le partenaire des entreprises et investisseurs chinois pour les aider à pénétrer l’Afrique francophone. Un fonds spécifique a été créé entre le China Africa Development Fund et Attijariwafa Bank pour financer ces projets spécifiques sino-marocains.
Une des concrétisations les plus emblématiques de cette relation sino-marocaine est le projet de création de la nouvelle ville “Cité Mohammed VI Tanger-Tech”. Portant sur 2 000 ha, ce projet est gigantesque, et se déroulera en trois phases :

Une première tranche de 500 ha avec l’aménagement d’un espace résidentiel et d’une zone de services intégrée pour dix secteurs d’activités, une zone industrielle dédiée aux équipements pour les énergies renouvelables, à la production des équipements hydro-électriques, thermiques, éoliens, solaires, organiques, et au matériel pour les réseaux électriques, et une zone d’industrielle pour les équipements de transport
La deuxième phase portera sur l’aménagement sur 500 ha d’une zone franche logistique ouverte sur bien évidemment l’Afrique et l’Europe, mais également sur l’Asie
La 3e phase porte sur 1.000 ha avec le développement d’une zone d’affaires pour attirer des grandes entreprises multinationales.
Pour cette ville du futur, les chiffres sont disproportionnés :

L’accueil de 300.000 personnes
Un chiffre d’affaire annuel pouvant atteindre 15 Md$
Des recettes fiscales de 300 M$
L’emploi de 100.000 personnes
La formation de 6.000 personnes hautement qualifiées, ce qui renforcera les activités technologiques à Tanger.
Après l’implantation de Renault, l’arrivée des Chinois et du groupe aéronautique Haite, la ville portuaire historique du Maroc, et plus particulièrement la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, voit conforter son avantage de carrefour stratégique du commerce mondial.

Avec Haite Group dans le domaine de l’industrie aéronautique, Tanger se transformera en un centre de production et de formation pour les métiers de l’aéronautique.

Avec l’ensemble de ces avantages, les ressources naturelles, l’emplacement géographique, le TGV avec le sud du Maroc et les ressources humaines, Tanger va attirer des opérateurs privés internationaux, et sera une locomotive de développement vers l’Europe et l’Afrique. Une véritable renaissance, résurrection… !

Par Dov ZERAH – Financial Afrik

 

 

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



from LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com http://ift.tt/2oV4o89

dimanche 9 avril 2017

samedi 8 avril 2017

vendredi 31 mars 2017

lundi 27 mars 2017

En faisant une recherche sur l’un des auteurs de « L’heure du cocktail », nouvelle édition d’un livre publié en 1927 par le père d’un ami: Marcel Requien, j’ai découvert ce texte sur cairn.info que j’ai le plaisir de vous offrir. Il s’agit d’un passage de « Tanger à l’heure du cocktail chez Paul Bowles » par Stuart Schaar, issu de « La Pensée de Midi – Tanger, ville frontière »  chez Actes Sud.

Tanger ville frontiere-couvEn 1962 et 1963, entre vingt-cinq et vingt-six ans, je vivais à Rabat, au Maroc, où je faisais des recherches pour ma thèse de doctorat. J’allais de temps à autre à Tanger réaliser des entretiens avec des dirigeants politiques nationalistes et rendre visite à mon ami Charles Gallagher, un correspondant de l’American University Field Service. Tout de suite après la Seconde Guerre mondiale, Charles avait été attaché culturel américain au Japon ; il parlait couramment le japonais, le malais et l’arabe, et il avait constitué l’une des plus riches collections privées d’art chinois et japonais ancien. Il possédait une fortune personnelle, une Jaguar et deux appartements dans l’immeuble où habitaient également Paul et Jane Bowles. Lors de chacune de mes visites dans la ville du détroit, je logeais dans un de ses appartements. Comme on pouvait s’y attendre, Charles s’était lié d’amitié avec ses célèbres voisins.
Tous les soirs à dix-huit heures, selon une sorte de rituel, les Bowles recevaient pour un cocktail, auquel Charles assistait sans faute. Il m’emmenait bien entendu avec lui pour que je me mêle aux personnalités de toute sorte – expatriés, chauffeurs de taxi et parasites – qui peuplaient la vie des Bowles. Paul était toujours vêtu avec le dernier chic, et Jane semblait vouloir imiter la célèbre actrice de cinéma Louise Brooks, à laquelle elle ressemblait. Je ne pouvais m’y soustraire, mais je trouvais invariablement une excuse pour m’enfuir au bout de quinze à vingt minutes, trop heureux de sillonner les rues et les boîtes de Tanger, à mes yeux mille fois plus intéressantes que le cocktail. Ainsi, je n’étais jamais là quand les “stars” faisaient leur apparition – Tennessee Williams, Truman Capote ou William Burroughs –, mais Charles, qui en vint à bien les connaître, me racontait par le menu leurs aventures et leurs beuveries avec de jeunes garçons de Tanger. Je me figurais aisément leur attitude, car j’amenai un jour à l’heure dudit cocktail un jeune ami de l’université de Princeton, qui avait un physique à mi-chemin entre Robert Redford et John Kennedy. Nous n’avions pas plus tôt franchi le seuil que tous les regards convergèrent, toutes les conversations cessèrent, et une vingtaine d’hommes se précipitèrent sur lui pour attirer son attention. Il était hétérosexuel et la soirée l’amusa beaucoup.
A cette époque-là, il y avait à Tanger un petit cercle collet monté dominé par une haute bourgeoisie raffinée dont les enfants épousaient ceux de l’élite de la ville ou de Rabat, de Fès, de Marrakech, de Tétouan et parfois de Casablanca. Leurs demeures tenaient du palais et on servait chez eux l’une des plus exquises nourritures du Maroc. C’est d’ailleurs chez un inspecteur du parti Istiqlal de Tanger que je fis le meilleur repas de ma vie : un énorme loup de mer nappé d’une sauce aux raisins secs et aux amandes. Cette bourgeoisie vivait en vase clos, et celui qui n’en faisait pas partie pouvait ignorer jusqu’à son existence. Mais c’est elle qui conférait véritablement à la ville son pouvoir de séduction et sa classe.
A l’autre extrémité de l’échelle sociale, il y avait les prostitués. Face à une grande pauvreté et à un chômage sans précédent, de jeunes types se vendaient partout pour quelques dirhams. Sans violence, juste une passe, un échange d’argent et un baiser d’adieu. Le front de mer était parsemé d’hôtels côtiers qui laissaient ces garçons s’introduire sans faire d’histoires et de boîtes de nuit remplies de prostitués à la recherche d’un micheton. Les hommes dansaient enlacés, sachant pertinemment qu’ils finiraient au lit ensemble avant l’aube. La police fermait les yeux, se contentant d’interdire le Dancing Boy Café avec ses numéros nus, qui allaient trop loin même pour Tanger.
Les hippies, attirés par le kif, pensaient avoir atteint un pays de rêve. Venus pour la plupart de New York, ils étaient défoncés à peine descendus du paquebot yougoslave. Habitués à l’herbe moins forte disponible aux Etats-Unis, beaucoup tombaient malades ou avaient des hallucinations la première fois qu’ils goûtaient à cette nouvelle substance. Cela ne les dissuada en rien, car tout le plaisir consistait à transgresser une limite.
De nombreux jeunes Marocains parvenaient à joindre les deux bouts en satisfaisant les fantasmes des étrangers. Certains tiraient même le gros lot lorsqu’un Européen, homme ou femme, les adoptait ou faisait d’eux leur amant. Il y en eut parmi eux qui échappèrent à la pauvreté en partant avec leur amant en Europe ou aux Etats-Unis. En ce temps-là, avant que le terrorisme mondial se répande, il était facile d’obtenir un visa pour l’Ancien Monde. L’histoire collective de ces jeunes hommes n’a pas encore été racontée, mais j’en connais plusieurs qui, une fois en Europe ou en Amérique, quittèrent leur amant, épousèrent une femme seule, trouvèrent du travail et fondèrent une famille. Certains confièrent même l’histoire de leur vie à leur épouse.
Pour en revenir à l’appartement des Bowles, on y conversait essentiellement entre expatriés – ou bien à l’occasion avec quelque chauffeur de taxi, quelque artiste du coin ou quelque écrivain dont Paul s’était fait un ami et qu’il avait attiré dans son petit cercle. Paul soutirait aux plus intelligents d’entre eux le récit de leur vie, de leurs rêves et de leurs cauchemars, il les traduisait en anglais et il les lançait sur la scène littéraire, comme Mohamed Choukri par exemple. Ces collaborations engendrèrent des livres magnifiques, mais cette créativité ne transparaissait guère à l’heure du cocktail – qui demeurait un prétexte pour meubler les heures creuses des expatriés peu aventureux et distraire les chauffeurs de taxi afin qu’ils continuent de venir. Quant à moi, en toute sincérité, je préférais à ce cocktail l’ambiance de foire des rues et des boîtes de Tanger. (Texte traduit de l’anglais par Elise Argaud.)
Stuart Schaar
Il a enseigné au Brooklyn College City University de New York. Retraité, il vit maintenant à Rabat, au Maroc. Il a notamment écrit The Middle East and Islamic World Reader (Grove Press, 2003), Eqbal Ahmad: Critical Outsider and Witness to a Turbulent Age.

Pour citer cet article. Schaar Stuart, « Tanger à l’heure du cocktail chez Paul Bowles », La pensée de midi, 1/2008 (N° 23), p. 37-39. URL : http://ift.tt/2mIG210

La pensée de midi n° 23 – Tanger ville frontière
Tanger est une ville où les deux rives de la Méditerranée se touchent des yeux. Ville frontière, Tanger n’est plus seulement une ville internationale, comme elle le fut jadis, mais une ville transnationale. “C’est-à-dire qu’elle vit au quotidien dans un espace temps très peu national”, comme le souligne Michel Péraldi qui a dirigé ce nouveau dossier de La pensée de midi. Cité à nulle autre pareille, Tanger est traversée et débordée par de nombreuses frontières. Ce sont les multiples facettes de cette ville complexe que ce numéro se propose de dévoiler. A partir des contes cruels et savoureux de M’Rabet, de récits singuliers, recueillis et partagés avec la complicité de la revue Nejma, d’histoires de vie comme celle d’Elena Prentice ou à l’heure du cocktail chez Paul Bowles, qui témoignent d’un cosmopolitisme toujours vivace, de la calle del Diablo et des lucioles de la nuit tangéroise décrites par Mona Kezari et Abdelmajid Arrif, des rebelles de la mondialisation, qui cherchent à traverser la frontière vers l’Europe comme une bravade et un défi trop souvent mortels (Mercedes Jiménez Alvarez), des jeux subtils à propos du respect des bonnes moeurs ou des spéculations dans la Casbah (Carole Viché, Julien Le Tellier et Catherine Mattei), sans oublier ce qui fait le mythe de Tanger dans sa relation au cinéma (Simona Schneider), ou sa réalité d’une ville entre deux mers, confrontée à l’invisible ou trop visible présence d’un mur, dans le récit de Driss Ksikes. Tanger, une ville aimantée par sa relation à la frontière… THIERRY FABRE

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



from LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com http://ift.tt/2oqgGkT

samedi 25 mars 2017

Damien Bonnaud expose son travail à la Galerie Conil avec une exposition intitulée: « Flatland » jusqu’à fin avril. « J’ai grandi hors des villes, ce qui m’a permis de cultiver un rapport particulier à la nature et au paysage… » déclare Damien Bonnaud.

damien-bonnaud7541

Tanger est une ville qui héberge encore une part tangible de nature en plein coeur de son urbanisme. C’est la raison pour laquelle il s’y installe il y a 3 ans à la suite d’un voyage d’étude sur la « Confluence des religions monothéistes au sein de l’architecture ».

La série présentée à la galerie Conil s’intitule: « Flatland » et découle du désir de commencer à peindre sans intention.

xx-1

L’expérience physique et psychique d’une forme prime sur la question de la représentation qui reste cependant sous-tendue ici. Le format prédéfini et l’action répétitive donnent lieu à des expressions de transe. S’ il reste la question de paysage, elle s’aborde en terme d’addition et de soustraction. Le résultat apparaît autant évanescent que synthétique.

Damien Bonnaud est né en 1985 à Reims. Il vit et travaille actuellement à Tanger.

Galerie Conil
7, rue du Palmier
35, rue des Almohades Petit Socco
Tanger

Flatland-aaaaaa-1

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



from LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com http://ift.tt/2nxjqzR

vendredi 24 mars 2017

mardi 21 mars 2017