vendredi 20 avril 2018

Stéphanie Gaou lira le samedi 21 avril à 18 h au Palais des Institutions Italiennes « Staccato 7 enfances » un texte écrit en décembre 2017 à Tanger. Il a été construit comme une survivance de l’enfance à travers des personnes qui ont déserté la vie, de manière consciente ou aléatoire (décès, séparation, exil)…

Stéphanie Gaou

Staccato 7 enfances de Stéphanie GaouC’est un travail autour de la résurrection possible des absents par l’écriture, et le désir de rendre palpables des émotions et des rêves enfouis. C’est un texte sur la possibilité d’engendrer l’enfant quand on est soi-même encore submergé par l’inconnu de l’enfance. C’est un travail court et saccadé (comme une pièce de piano ou de violon) qui s’articule autour de la mémoire.

J’ai écrit Staccato, 7 enfances, à la demande d’un photographe pour qui j’ai la plus grande admiration et tendresse, Michel Beine, qui souhaitait me proposer une collaboration photographie / écriture. Ce fut une digression sur la famille, sur ce que représentent celles et ceux que l’on prétend « les siens ». J’ai pensé Staccato comme une pièce d’écriture arythmique et impertinente où tout ce qui se rapporte aux autres qui furent proches de moi me donne à réfléchir à ce qui constitue mon intime. Au final, j’ai confié un autre texte à Michel Beine et décidé de publier Staccato séparément. Déclare Stéphanie Gaou

Ce travail représente une suite à Capiteuses, publié en 2012, dans lequel elle entamait son travail d’écriture sur son éveil au désir et la possibilité d’écrire une vie à travers l’évocation d’autres intimités.

Je voulais un texte sans concessions et sans violence, ni contentieux. Je voulais un texte qui laisse transparaître l’amour que je porte à mes « absents » mais qui dégage aussi les failles qui m’ont aidée à grandir auprès des présents, parce que l’inconstant est aussi une valeur sûre dans la constitution d’un individu et de ses ressentis. J’avais besoin de concrétiser mon amour de la marge, mon attirance pour celles et ceux qui sont mis de côté ou qui se mettent délibérément de côté, attitude qui devient symptomatique dès l’école, dès que l’un se confronte au « plusieurs » et qui peut devenir handicapant parfois et salvateur à d’autres moments de vie. Précise Stéphanie

Lecture de « Staccato 7 enfances » le samedi 21 avril à 18 h au Palais des Institutions Italiennes de Tanger par  Stéphanie Gaou.

STACCATO, 7 enfances
Publié chez Al Manar
Prix spécial Maroc : 120 dirhams
Prix France : 15 euros
Illustration de couverture : Mohamed Lekleti



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jeudi 19 avril 2018

mercredi 18 avril 2018

A l’initiative d’Olivier Conil, Geneviève Gleize expose conjointement dans deux galeries: chez Las Chicas et à la Conil Volubilis, deux beaux lieux de la Kasbah de Tanger à l’occasion du Printemps du Livre et des Arts de Tanger et du premier Parcours des Arts de Tanger.

gleize las chicas-inviGeneviève Gleize chez Las Chicas

Geneviève Gleize est du 18 au 20 avril à la Galerie Las Chicas pour des oeuvres présentées sous le thème « Lever de rideau ». Elle montre une photo prise dans le cinéma Mauritania « Lever de rideau » et 6 photos d’un travail commencé dans l’ancien magasin Bata de Tanger, dans l’ancien Koutoubia Palace et 6 photos de la série sur le Théâtre Cervantes.

Vernissage le mercredi 18 avril de 17h à 20h au 52 rue Kacem Guenoun, Porte de la Kasbah, en présence de l’artiste

Geneviève Gleize à la galerie Conil VolubilisGeneviève Gleize est également à la Galerie Conil Volubilis à partir du 22 avril pour une exposition intitulée « Dernier acte » et concernant le théâtre Cervantes.

Au cœur de Tanger se trouve un théâtre abandonné, édifié en 1911 par un riche commerçant espagnol. Cet édifice est intimement lié à la présence espagnole en terre marocaine, il a vu et entendu le ténor Enrico Caruso, la diva Adeline Patti, des troupes de flamenco, des compagnies arabes et marocaines, comme la troupe Al Hilal, interprète, en 1929, d’un inoubliable Othello… Il est abandonné depuis plus de quarante ans.

« S’il est vrai que, pour moi, explorer les univers évanouis c’est tenter de repousser le curseur du temps en amont de l’instant capturé, s’il est vrai que j’essaie, comme le réalisateur de Quai des brumes, de peindre les choses cachées derrière les choses, les vies disparues derrière leurs traces, leur poussière, leurs ombres, s’il est vrai que l’absence est mon sujet et que photographier c’est capter le fugitif et restituer l’impression qu’il laisse au cœur sensible du spectateur, simple passant ou amateur exigeant, s’il est vrai que les êtres, les lieux, les objets dans leurs plus simples détails accourent vers l’objectif qui les capte et les immobilise au point de les inanimer…, et si cette immobilité même est fidèle à la parcelle de seconde où ils ont été saisis, telle la flèche qui vole mais ne vole pas, son parcours foudroyant étant fait d’autant d’instants immobiles,… alors, la réalité la plus commune devient éclat du passé, murmure des voix du silence, et le Gran Teatro Cervantès de Tanger répond en tous points à la quête de cette émotion : ces fauteuils qui nous tendent leurs bras, ces irisations indéfinies, ce promenoir vide où l’on imagine un peuple fellinien, ces lambeaux de toiles peintes, cet escalier dérobé montant vers quel ciel ?, ce balcon de masques dignes d’un Macbeth infernal, ce couple découpé sur fond de néant, qui semble les Parques filant nos destins, tordues dans le tourment de leur propre obligation, ne sont-ils pas l’expression de la tragédie du fugitif et de l’insaisissable ?
À mes yeux, ce flou, ce trouble permettent d’accéder à une réalité augmentée. » 
précise Geneviève Gleize

Vernissage dimanche 22 avril à partir de 16h à la Galerie Conil Volubilis en présence de l’artiste.

Galerie Conil – Volubilis
Place de la Kasbah
Tanger



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lundi 16 avril 2018

Trois questions à Jérôme Migayrou, Directeur de l’Institut Français de Tanger, avant le départ du « Printemps du livre & des arts de Tanger » pour connaitre l’ambition de cette 22e édition qui se déroulera principalement du 19 au 22 avril au Palais des Institutions Italiennes et dont le thème est « LA RENCONTRE de l’Autre à Soi ».

22e édition du Printemps du Livre et des Arts de Tanger sur le thème « La rencontre – De l’Autre à soi »

Le Printemps du Livre et des Arts de Tanger (anciennement Salon International de Tanger des Livres et des Arts), organisé par l’Institut français du Maroc – site de Tanger – en partenariat avec l’ATRAC (Association Tanger Région Action Culturelle), investira du 19 au 22 avril 2018 le décor somptueux du Palais des Institutions italiennes. Ecrivains, sociologues, historiens, philosophes et artistes, venus de France et du Maroc, seront invités à partager leur regard sur le thème de la rencontre.

Eric ReinhardtLa rencontre, thème de cette 22e édition

L’économie mondialisée favorise-t-elle la rencontre réelle des économies ? Comment penser et écrire la rencontre amoureuse ? Comment interroger la première rencontre de l’enfant avec le monde ? Dans quelle mesure l’identité – individuelle ou collective – se construit-elle dans la rencontre avec l’Autre ? Dans quel cadre de pensée, de pratiques et de verbalisation la sexualité, en tant que rencontre intime, s’inscrit-elle ? La/les langue(s) constitue(nt)-elle(s) des territoires de rencontres ?

Durant quatre jours de festival artistique et littéraire, d’une table ronde à une lecturKaoutar Harchie musicale, un spectacle ou un atelier, les regards et les propositions artistiques se croiseront pour penser avec le public, jeune ou adulte, cette question de la rencontre, en tant qu’expérience de l’Autre et découverte de soi.

De grands rendez-vous seront également programmés en soirée avec plusieurs conférences dialoguées qui réuniront les écrivains Fouad Laroui, Sylvie Germain et Gilles Leroy, ainsi que le duo de créateurs de bandes dessinées Catel & Bocquet.

Une riche programmation pour tous les publics

Laure AdlerLes visiteurs pourront, comme chaque année, rencontrer les libraires, éditeurs et associations culturelles exposants. Concerts, spectacles, contes, scène slam, ateliers d’écriture, de poésie, de portraits ou d’acrobatie, de nombreuses activités attendront les enfants, adolescents et jeunes adultes avec près de 35 rendez-vous dédiés dans l’espace jeunesse.

Le Printemps du Livre sera également l’aboutissement de plusieurs actions menées en amont auprès des collèges et lycées comme l’étape finale du concours Plaisir de lire, organisée en partenariat avec les établissements de l’Académie Régionale de l’Enseignement et de la Formation.

Abdellatif LaabiEnfin, les arts vivants et visuels traverseront cette année encore l’ensemble de la programmation. Un parcours des arts, organisé autour de l’exposition La pelouse est mon dernier refuge, d’Hicham Gardaf à la Galerie Delacroix, permettra au public de découvrir douze lieux tangérois dédiés à la création contemporaine, douze regards sur le thème de la rencontre. En soirée, le spectacle La chambre des époux, écrit et interprété par Eric Reinhardt, Prix Renaudot des lycéens 2014, et la comédienne Mélodie Richard, un récital de poésie d’Abdellatif Laâbi et une rencontre musicale avec Marek Halter attendront également les festivaliers.

Le 7e art sera à l’honneur avec une nouvelle Nuit du Cinéma, en partenariat avec la Cinémathèque de Tanger. Une carte blanche sera donnée à cette Fouad Larouioccasion au journaliste et écrivain Gérard Lefort.

Les chanteurs Muslim et Hamid El Hadri et le groupe Gnawa Diffusion feront enfin résonner le Palais des Institutions Italiennes de la rencontre des musiques andalouse, rap, chaâbi, rai, gnawa ou encore reggae lors de deux soirées musicales mémorables.

Des écrivains et artistes de renom

Parmi les invités du Printemps du Livre : Laure Adler, Ali Benmakhlouf, Mahi Binebine, Catel Muller & José-Louis Bocquet, Frédéric Boyer, Sanaa El Aji, Sylvie Germain, Marek Halter, Mohamed Hmoudane, Hicham Houdaïfa, Kaoutar Harchi, Abdelfattah Kilito, Driss Ksikes, Abdellatif Laâbi, Fouad Laroui, Gilles Leroy, Eric Reinhardt, Abdelhak Serhane, Abdellah Tourabi…

Evénement organisé par l’Institut français du Maroc – site de Tanger – en partenariat avec l’Association Tanger Région Action Culturelle), dans le cadre de la Saison culturelle France – Maroc 2018. 

Pour plus d’informations : https://printempsdulivretanger.org/



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samedi 14 avril 2018

A l’occasion de la 22e édition du « Printemps du Livre et des Arts de Tanger » et du premier « Parcours des Arts de Tanger », la galerie Photo Loft expose « De l’un à l’autre », rencontre photographique entre Rachid Ouettassi et Pascal Sautelet du 20 avril au 2 juin 2018.

DE L’UN À L’AUTRE – Photographies argentiques
parcoursdesartstanger-affiche-750« De l’un à l’autre » nous présente deux regards photographiques croisés sur Tanger.

Rachid, habitué à arpenter toutes les rues, les faubourgs et les impasses de sa ville qu’il connaît parfaitement, attrape les moments qui le sensibilisent et les fige. Cela fait plus de 20 ans qu’il nous dévoile sa ville. Rachid, l’artiste situationniste… L’époux de Tanger, l’incontournable…
Pascal, lui, arpente au hasard les rues des quartiers connus ou moins connus, se perd, se repère,
s’évade librement, découvre les moments qui le séduisent et lui parlent. Cela fait peu de temps qu’il se balade dans cette ville… Mais elle a déjà happé de toute sa magie… Comme tant d’autres…
Pascal, l’artiste voyageur… L’amant de Tanger…

Mathias Le Forestier Photo Loft

Vernissage le vendredi 20 avril à partir de 18h00 dans le cadre du Parcours des Arts de Tanger
Nocturnes les jeudis 03 et 17 mai 2018 de 19h00 à 22h00 « De l’un à l’autre » – Photographies argentiques

A propos de Rachid Ouettassi / Tanger

Ce photographe autodidacte à l’argentique, s’est spécialisé à photographier les hommes et les femmes illustres ou pas ainsi que la ville de Tanger à l’affût de l’insolite. Il révèle une connaissance profonde de sa ville natale à travers ses luminosités, son cadrage, ses situations de vie, zones d’ombres et de joies, ses panoramas et ses humeurs, car Tanger a ses humeurs. Il nous guide de sa
jouissance artistique tout autan que de son authenticité de réel photographe.

Photo de Rachid Ouettassiphoto : Rachid Ouettassi

A propos de Pascal Sautelet / Paris

Au début des années 70 il entre à l’école des Beaux Arts de Paris à l’apprentissage du regard. Plus tard il devient caméraman et travaille jusqu’il y a peu de temps pour la télévision et le cinéma comme directeur de la photographie.
Parallèlement il rencontre le monde du théâtre et réalisera une centaine d’éclairages dans les
théâtres Parisiens.
Aujourd’hui il se consacre exclusivement à la photographie pour accomplir un travail personnel.

Photo de Pascal Sauteletphoto : Pascal Sautelet

Galerie PHOTO Loft
115, Bd Mohamed Ben Abdellah
Tanger



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mardi 10 avril 2018

En 2018, le Salon International de Tanger des Livres et des Arts devient le Printemps du Livre et des Arts de Tanger. Il se déroulera du 19 au 22 avril principalement au Palais des Institutions Italiennes. Thème de cette 22e édition : « LA RENCONTRE, de l’autre à soi », un vaste programme…

Printemps du livre et des arts de Tanger

Depuis sa création en 1996, cet événement littéraire – qui tient moins de la foire du livre que du forum de rencontres – n’a eu de cesse de favoriser le débat et les échanges entre écrivains et penseurs des deux rives de la Méditerranée.

Depuis 2002, sa programmation s’articule autour d’un thème décliné en tables rondes, conférences, débats.
Ouvert à toutes les formes d’expression, il propose également un programme artistique : théâtre, arts plastiques, cinéma… En 2009, il devient à ce titre  Salon International de Tanger des Livres et des Arts, puis en 2018 Printemps du Livre et des Arts de Tanger.
Depuis 2011, cet événement est inscrit dans la saison culturelle France-Maroc de l’Institut français du Maroc dont il est l’un des temps forts. Il est organisé en collaboration avec l’Association Tanger Région Action Culturelle et d’autres partenaires culturels et institutionnels locaux.

Le Printemps du Livre et des Arts de Tanger (anciennement Salon International de Tanger des Livres et des Arts) revient du 19 au 22 avril 2018 pour une nouvelle édition dédiée à « la rencontre ».

Sur scène, en débat ou en lecture, accompagnée de musique, en dialogue avec la psychanalyse, le cinéma, la sociologie ou la bande-dessinée, la littérature sera à la fête au Palais des Institutions Italiennes mais aussi dans plusieurs galeries d’art contemporain, à la Cinémathèque, dans les écoles, les collèges, les lycées et à la Légation américaine de Tanger !

Rencontre avec le monde, rencontre avec le corps, rencontre amoureuse, rencontre des économies… Durant quatre jours de festival artistique et littéraire, d’une table ronde à une lecture musicale, un spectacle ou un atelier, les regards et les propositions artistiques se croiseront pour penser avec le public, jeune ou adulte, cette question de la rencontre, en tant qu’expérience de l’Autre et découverte de soi.

En partenariat avec l’Association Tanger Région Action Culturelle

#PARMI LES INVITÉS
Laure Adler, Ali Benmakhlouf, Jalil Bennani, Mahi Binebine, Catel Muller & José-Louis Bocquet, Frédéric Boyer, Sanaa El Aji, Shereen El Feki, Sylvie Germain, Marek Halter, Kaoutar Harchi, Mohamed Hmoudane, Hicham Houdaïfa, Abdelfattah Kilito, Driss Ksikes, Abdellatif Laâbi, Fouad Laroui, Gilles Leroy, Eric Reinhardt, Kenza Sefrioui, Leila Shahid, Abdellah Tourabi…

Printemps du livre de Tanger, quelques invités...

#LES SOIRÉES DU FESTIVAL
MUSLIM & HAMID EL HADRI – concert, vendredi 20 avril à 21h30
GNAWA DIFFUSION – concert, samedi 21 avril à 21h30
LA NUIT DU CINÉMA, dimanche 22 avril à 19h00

#L’ESPACE JEUNESSE
Des ateliers d’écriture et des lectures de contes seront ouverts à tous pendant le festival. Un espace en libre accès accueillera par ailleurs des ateliers de portraits et d’acrobatie, encadrés par le Théâtre Darna et beaucoup d’autres activités ! Le groupe Zèbre à trois donnera également rendez-vous aux plus jeunes pour de joyeux concerts dans l’espace jeunesse.
Des ateliers d’écriture, de story-board et de peinture seront mis en place en parallèle dans des écoles et le concours de lecture Plaisir de Lire sera de retour pour une nouvelle édition. Collégiens et lycéens pourront à cette occasion échanger directement et de manière privilégiée avec les écrivains Abdellatif Laâbi et Julia Billet.

Retrouvez tous les détails du programme sur cette page et sur Facebook et sur leur site internet: https://printempsdulivretanger.org/

Paul Brichet/tanger-experience.com

 



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lundi 9 avril 2018

La Galerie Artingis organise une exposition de Carol Jarry, artiste peintre vivant et travaillant à Tanger, sur le thème « Le monde de Carol Jarry »  du 12 avril au 12 mai 2018.

Carrol Jarry chez Artingis à Tanger
Carol Jarry a ses pinceaux pour voir. Le ciel s’est arrêté, quelque chose d’immuable. L’impression pourtant qu’ils passent tous ces gens, dans des instants de tendresse intenable, ce qui ne les empêche pas de se croiser. Les femmes sont des dames à la nonchalante gravité. On dirait que les messieurs ont croisé les rois mages, ils se sont assis en tailleur et, ensemble, ils ont joué aux osselets sous la lune. C’était avant. Le temps est comme le sable qui, grain après grain, nous défait. Ou, sans avoir à courir, si le temps prend le rythme des gens c’est pour mieux les enterrer vivants.
C’est pourquoi Carol Jarry peint le vent, l’effort du vent qui voudrait passer à autre chose, sans
y parvenir. Le vent contenu, arrêté, le vent essoufflé par lui-même et qui un instant prend la pose, avant de se recommencer. Les visages sont plutôt ronds, les nuques parfois raides. Les coiffures évoquent des temps et des lieux qu’on ne saurait situer. On est ailleurs, très près d’un rêve. Il y a quelque chose d’un peu salé dans ces peintures. La mer n’est jamais loin, on en entend la lointaine rumeur. La mer est par-dessus les toits.

Ici, la lenteur n’est pas qu’une pose. L’immobilité apparente se vêt de solennité. Avant le bruit et la poussière, avant que la ville ne se transforme en vaste chantier, ville d’inanité où tout ce qui se fait est immédiatement défait…

La vie d’ici est un curieux trompe l’oeil, ou un trompe-la-mort, qui sait ? Quand l’acte de peindre, lui-même, semble avoir conscience qu’il risque de se faire happer, là.
Il y a des motifs dans le fond de certains tableaux. Parfois des tapisseries, ce sont des gammes d’oiseaux aux chants captifs, ce sont des bateaux. D’autres motifs agrémentent les tenues des personnages représentés. Les toilettes fleurissent. L’illusion de la vie qui tend son bec et frappe aux carreaux, illusion d’une fausse insouciance. Les tableaux de Carol Jarry sont indéniablement colorés, une forme d’insouciance noire baigne pourtant son oeuvre. Nous sommes dans le dormant d’un temps en suspens.

Tendre est la couleur, pourrait-on croire, ce qui n’atténue en rien l’âpreté de vivre, au contraire. À y mieux regarder, les couleurs se contredisent et le fond est parfois le sujet. Nous sommes dans une sorte de contre-jour, d’éblouissement sans soleil. Ces personnages qui portent des lunettes noires, sont-ils aveugles ou aveuglés plutôt, et par qui ou par quoi le sont-ils? L’instant et l’éternité se jouent de nous. Comme le jour est obscur !
Jean-Pierre CANNET, écrivain

Exposition à voir chez Artingis
11 rue Khalid Oualid
Tanger

A propos de Carol Jarry

Carol Jarry, artiste peintre

Carol Jarry, artiste peintre, née à Nantes en 1958. Étudie à l’école des Beaux-Arts de Lyon.
Travaille à ses débuts essentiellement la sculpture et le modelage, puis, de voyage en voyage, adapte son travail à différents supports et différentes méthodes tels que les collages, les papiers découpés, la peinture en technique mixte sur papier et sur kraft.
Après Lyon, Bamako, Paris, Casablanca, Malaga et un bref retour à Paris, vit et travaille actuellement à Tanger.



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« Les chaises de Tanger » est le nouvel ouvrage réalisé à quatre mains par Lotfi Akalay et Christine Keyeux-Schnöller. Il sera présenté le 14 avril à la Librairie des Colonnes en présence des deux artistes.

Christine Keyeux et Lotfi Akalay

C’est une nouvelle collaboration entre Lotfi Akalay et Christine Keyeux-Schnöller, amis de toujours, qui se concrétise dans la réalisation de ce nouvel ouvrage original réalisé à quatre mains. Christine a pris les photos des fameuses chaises de Tanger sur les indications de son ami Lofti qui a eu l’idée de ce projet et a écrit les textes plein d »humour et de facétie sur la vie de ces chaises de Tanger qui en ont supporté de toutes les couleurs…

Les chaises de Tanger« C’est moi la chaise. Qui aurait pensé que la chose, l’objet , le truc, le bidule, le machin que je suis serait un jour le personnage principal d’un livre ? Levez-vous et regardez bien,  je veux dire ôtez de moi votre auguste et tendre postérieur, fixez de vos yeux ce dossier, ces accoudoirs sont miens et me servent de visage et de bras. Dites-moi : savez-vous que nous nous ressemblons même morphologiquement tous deux, je veux dire vous et moi, nous sommes une individualité différente de la masse, je veux dire vous, de la foule, moi d’une terrasse de café ; vous d’un square, et moi d’une salle de conférence. On ne doit pas vous confondre avec un animal et moi non plus ! La preuve ? L’animal a des pattes, moi j’ai des pieds, exactement comme vous. Et si je vous enquiquine, vous ne diriez pas que je vous casse les pattes, n’est-ce pas ? Ficelées, habillées, dénudées, chaises de pauvres, chaises de riches, les chaises de Tanger font de la rue un récit de bric et de broc. »  Lotfi Akalay

Les chaises de tanger

Les chaises de Tanger

Présentation et signature de ce nouvel ouvrage le 14 avril à 18h en présence des auteurs.

Librairie  des Colonnes
Avenue Pasteur
Tanger



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samedi 31 mars 2018

Olivier Conil propose l’exposition du travail de Itaf Benjelloun à la Galerie Conil-Volubilis intitulée « Les maux bleus », bas relief, sculpture, installation… du 31 mars à fin avril 2018. Les maux bleus de Itaf Benjelloun

 

Elle nous dit…

Quand Les maux bleus se font un aveu de mélancolie, un chuchotement à fleur du monde, l’affleure, l’effleure autant d’un désir que d’une pensée… Itaf Benjelloun est du détroit, elle en connaît la palette comme elle sait tout ce qu’il est, de fureur, d’apathie, de violence et de séduction : elle nous dresse donc l’effigie de cette Belle au détroit dormant qu’elle connaît si bien, elle qui sait si bien l’esquive de l’autoportrait, qu’elle esquisse effumé et s’abîmant : une disparition comme une dissipation, l’une et l’autre reconnues dans le soupçon d’un baiser qui émerge des embruns et sous une pluie de médaillons, camées portés comme un pavoisement sur la poitrine de tous ceux pour qui bat un sentiment d’évanouissement. Elle nous dit les vagues à l’âme, nos tristesses profondes, nos amenuisements, nos grisailles et nos maussaderies, tout ce qui en nous ploie sous l’effet des contre-courants et des vents contraires… À l’épreuve du détroit, en sculptant le temps, façonnée d’opale et repolie de fragilité, elle nous dit Les maux bleus…

Philippe Guiguet Bologne

Vernissage samedi 31 mars à 17h en présence de l’artiste

Galerie Conil – Volubilis
Place de la Kasbah
Tanger

A propos d’Itaf Benjelloun

Itaf Benjelloun à TangerItaf Benjelloun est une artiste marocaine originaire de Ksar el Kébir. Sculpteure, designer et architecte d’intérieur, elle vit à Tanger. C’est là qu’elle a réalisé divers travaux d’aménagement d’intérieurs, de restauration et de décoration , ainsi que dans d’autres villes du Maroc. Elle a réalisé également plusieurs décors de cinéma et de théâtre.
Sa première exposition a eu lieu àTanger en 1997. Les sculptures de Itaf Benjelloun ne peuvent pas laisser indifférents. Elles étonnent d’abord. Elles sont si singulières et si familières à la fois. Singulières car elles sont faites de bric et de broc, de fer, de terre et de bois. Et familières car on reconnaît ce pied…de chaise, cette herse… griffue, cette spirale…. angoissée… Mais de la même façon que, sous sa plume de poète, Francis Ponge transfiguraient des objets quotidiens, Itaf Benjelloun subliment des fragments d’objets qui s’épousent, s’animent, dansent dans un mouvement cosmique. L’objet quotidien renferme en lui un monde que l’artiste perçoit et fait parler. Ainsi elle confiait dans un entretien cette jubilation ressentie très tôt face à l’objet en devenir et encore muet : « Aussi longtemps que je me souvienne, dans mes jeux d’enfant , il y avait toujours des fragments de matériau que je manipulais pour reconstituer un monde à l’échelle de mon imaginaire (…) Une boite cassée ou un objet… ces choses renfermaient des histoires.»
Sculpter, pour Itaf, c’est recréer : c’est faire se rencontrer des morceaux épars et d’autres fragments délaissés et de cette rencontre, faire naître une histoire ! C’est souvent une histoire de soudure, de fusion, de fêlure… Une histoire d’amour, peut être. C’est du moins ce que suggère l’exposition « Danse avec moi » d’octobre 2011 à la villa des Arts à Rabat. Etait mis en scène le ballet insolite de corps métalliques s’enroulant dans un tourbillon d’acier, aux visages ébréchés, aux regards égarés, perdus l’un dans l’autre, … des corps se soudant, fusionnant, s’agrippant l’un à l’autre au point de ne faire qu’un. Des visages morcelés figurant la passion qui embrase et brise. Des danseurs emportés dans un tango langoureux qui colle leurs mains, donne leur envol à leurs corps désarticulés.
Mais c’est une interprétation possible de ce ballet. D’autres lectures sont possibles. Les sculptures de Itaf sont une invitation au rêve, à l’envol, au voyage dans l’imaginaire. Une danse en trois temps : fer, terre, bois.
Samia Barrada

 



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vendredi 30 mars 2018

La Galerie Delacoix reçoit l’écrivain Pierre Ducrozet pour une rencontre animée par Stéphanie Gaou autour de son dernier livre « L’invention des corps ». Vendredi 6 avril à 19h. Une initiative de l’institut Français de Tanger et de la librairie les insolites.

L'écrivain Pierre Ducrozet à la Galerie Delacroix de Tanger

Le 6 avril prochain, Stéphanie Gaou accueillera l’auteur Pierre Ducrozet, qui a obtenu en 2017 le « Prix Flore » pour son roman « L’invention des Corps » publié chez Actes Sud qui fut un grand coup de cœur de la rentrée 2017.

Dès les premières pages, L’invention des corps s’élance dans le sillage d’Álvaro, jeune prof mexicain, surdoué de l’informatique, en cavale après les tragiques événements d’Iguala, la nuit du 26 septembre 2014 où quarante-trois étudiants disparurent, enlevés et assassinés par la police. Rescapé du massacre, Álvaro file vers la frontière américaine, il n’est plus qu’élan, instinct de survie. Aussi indomptable que blessé, il se jette entre les griffes d’un magnat du Net, apprenti sorcier de la Silicon Valley, mécène et apôtre du transhumanisme, qui vient de recruter une brillante biologiste française. En mettant sa vie en jeu, Álvaro s’approche vertigineusement de l’amour, tout près de trouver la force et le désir d’être lui-même.
Exploration tentaculaire des réseaux qui irriguent et reformulent le contemporain – du corps humain au World Wide Web –, L’invention des corps cristallise les enjeux de la modernité avec un sens crucial du suspense, de la vitesse et de la mise en espace.
Il y a une proportion élevée de réalité dans cette histoire étourdissante, sans doute sa part la plus fantastique, la plus effrayante. Mais c’est dans sa foi butée, parfois espiègle, en l’être humain que ce roman d’alerte déguisé en page-turner puise son irrésistible force motrice.

L'invention des corpsAutour de ce roman qui brasse transhumanisme, identité, génétique, rébellion, geeks et gestion de la violence, c’est tout un univers ébouriffant et étourdissant qui se dessine sous nos yeux.

Avec un brio sans pareille et une langue qui va à mille à l’heure, Pierre Ducrozet propose une vision sans concession du XXIe siècle.

Une rencontre qui promet haute voltige et célérité !

Vendredi 6 avril 2018 à la Galerie Delacroix à partir de 19h.

Galerie Delacroix
86, rue de La Liberté
Tanger
+212 5399-41054

| Entrée Libre dans la limite des places disponibles |

Partenariat Institut français de Tanger | Librairie les insolites



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