dimanche 24 mai 2020

Un communiqué du ministère précise que les Nadirs et les délégués des Affaires islamiques à travers le Royaume ainsi que les unités des Forces armées royales associées à l’observation ont confirmé, samedi 29 Ramadan 1441 de l’hégire, après la prière d’Al Maghrib, avoir observé le croissant lunaire annonçant le début du mois de Chawwal .

Le 1ᵉʳ Chawwal 1441, jour de l’Aïd Al Fitr marquant la fin du Ramadan, correspond donc au dimanche 24 mai 2020.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - fête de l'Aïd 2020

 

Aussi appelée « fête sucrée », on fait honneur durant cette fête aux desserts une fois la prière du matin accomplie. Ftour, zlabia, cornes de gazelles ou encore chebakia sans oublier les dattes fourrées à la pâte d’amande, toutes ces denrées seront dégustées pour cette célébration. Fête du pardon et de la paix, elle peut durer jusqu’à trois jours. La tradition veut qu’à cette occasion le pratiquant s’acquitte du zakat (l’aumône destinée aux plus démunis) qui consiste au don de quatre fois le contenu de deux mains réunies de nourriture.

A quoi correspond exactement la date de l’Aïd el-Fitr ?
L’Aïd el-Fitr marque la fin du ramadan : sa date est en réalité celle du premier du mois suivant celui du ramadan. La date est déterminée par la traditionnelle observation lunaire de la « Nuit du doute » / « Nuit de l’annonce », comme c’est le cas pour chaque fin de mois du calendrier lunaire musulman.
C’est la Grande mosquée de Paris qui abrite les observations lunaires de début et de fin du mois du ramadan. Si un croissant de Lune est observé, alors la fin du ramadan intervient le soir-même, sinon, il faut attendre un jour de plus.

Quels sont les messages de bonne fête de l’Aïd el-Fitr ?
Comment souhaiter l’Aïd el-Fitr ? Le site spécialisé Assabile.com propose différentes formules aux musulmans et aux non-musulmans pour se souhaiter une bonne fête de l’Aïd el-Fitr à la fin du mois sacré de jeûne des fidèles. Voici une sélection de ces messages :

« Aïd Moubarak Saïd »
« Aïd Moubarak Saïd, que Dieu accepte votre jeûne et vos prières ».
« Aïd Moubarak Saïd à vous et à toute votre famille, que Dieu vous bénisse et exauce vos vœux les plus chers ».
« Aïd Moubarak, meilleurs vœux de santé et de bonheur ».

Aspects religieux de l’Aïd el-Fitr : comment se déclinent prière et « zakat al-Fitr » ?
Egalement nommé « Aïd el-Seghir », l’Aïd el-Fitr signifie « petite fête » en français. Cette célébration n’est pas « juste » un moyen de marquer la fin du jeûne du mois de ramadan, mais symbolise également pour les communautés musulmanes du monde entier un grand moment de partage, de paix et de joie. La fête de l’Aïd el-Fitr est ainsi l’occasion, habituellement, de grands repas en famille, cadeaux, visites aux proches… Lors de la célébration, les musulmans s’échangent aussi mutuellement le voeu d’ « Aïd Moubarak », « bonne fête de l’Aïd » en français. Six jours de jeûne supplémentaires sont traditionnellement pratiqués après la « fête de la rupture » qu’est l’Aïd el-Fitr : « les six jours de chawwal », du nom du mois qui suit celui de ramadan dans le calendrier « hégirien » (nom du calendrier musulman).

Avant la prière de l’Aïd, les musulmans doivent aussi avoir donné la Zakât al-fitr, l’aumône de fin de ramadan. Celle-ci peut s’offrir en nourriture ou en argent pour les personnes dans le besoin. La journée de l’Aïd el-Fitr est également spéciale de par sa prière matinale qui est spécifique. Selon le site spécialisé Al Kanz, cette prière matinale de l’Aïd el-Fitr a théoriquement lieu quand le soleil « s’élève au dessus de l’horizon de la longueur d’une lance » (soit environ trois mètres). Dans la pratique, les mosquées fixent elles-mêmes l’heure de la prière collective. L’Aïd el-Fitr est avant tout une journée importante sur le plan spirituel. Elle permet de revenir tirer les leçons de ce mois de jeûne, de faire le point sur les bonnes ou les mauvaises actions accomplies.

Bonnes fêtes de l’Aïd à tous mes amis Musulmans de Tanger.

Paul Brichet



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vendredi 1 mai 2020

Au temps du Covid-19, la Bressuiraise Camille Marigaux, journaliste dans une radio privée à Tanger, au Maroc, témoigne des conditions de son confinement.

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Camille Marigaux – Photo de Pierre Lecornu

Bressuire est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département des Deux-Sèvres au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Camille Marigaux est passée notamment par les rédactions de Bressuire, Thouars et Parthenay à « La Nouvelle République » à l’été 2015, la journaliste bressuiraise Camille Marigaux vit et travaille au royaume du Maroc depuis désormais deux ans.
« Je suis en poste dans une radio privée, Medi1, à Tanger, au nord du pays. Elle existe depuis presque 40 ans et possède également une chaîne de télévision. Jusqu’au confinement, décrété mi-mars, je faisais beaucoup de présentation et de production d’émissions, de magazines, de petites chroniques », explique celle qui a aussi travaillé pour le réseau France Bleu de Radio France, à Lille, notamment.

Couvre-feu général la nuit.

Mais depuis, ses habitudes de travail ont été chamboulées. « Avec mes collègues, nous faisons davantage de reportages sur le terrain. Nous parlons aussi beaucoup plus du Maroc alors que nous étions davantage orientés sur l’actualité internationale jusque-là. Ici aussi le confinement a des répercussions, sur la vie culturelle notamment, avec l’annulation de nombreux festivals de musique et de cinéma », témoigne Camille Marigaux dont les parents, Sophie et Jacques, vivent toujours à Bressuire.

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Au quotidien, un couvre-feu général est instauré dans les rues marocaines, de 19 h à 5 h du matin. « Il est très respecté et il y a de fréquents contrôles de police. En tant que journaliste, je possède une dérogation pour me déplacer », souligne la jeune femme qui travaille au sein de l’équipe francophone de la radio composée d’une vingtaine de personnes. « Au début du confinement, les idées de sujets fusaient. Nous nous attachons à suivre les réseaux sociaux. En ce moment, il y a le ramadan. C’est un peu notre “ marronnier ” (dans le jargon des journalistes, un sujet d’information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible). Heureusement, nous pouvons aussi compter sur un large réseau de correspondants, un peu partout à travers le monde », rajoute-t-elle. Camille Marigaux a aussi pu rentrer en contact avec un certain nombre de Français qui se sont retrouvés bloqués au Maroc lorsque le confinement a démarré. Notamment le compagnon de Jean-Philippe Ferrault, papa d’une habitante de Cerizay qui avait lancé un appel à l’aide dans nos colonnes, fin mars. « Il y a aussi de nombreux Marocains coincés à l’étranger et rien n’est fait pour eux. Les frontières sont complètement fermées. »
Elle garde néanmoins le contact avec sa famille et des proches bressuirais. « Mon père aurait dû venir me voir et passer quelques jours au Maroc mais le confinement a été décrété pile à ce moment-là. J’en profite pour prendre des nouvelles d’amis et connaissances bressuirais que j’ai un peu perdus de vue. »
Actuellement en contrat à durée déterminée qui doit prendre fin en novembre, elle possède toutes ses chances d’être titularisée, selon elle. « Je me sens très bien au Maroc mais j’ai la bougeotte. J’ai prévu d’aller voir de la famille au Canada en fin d’année 2020 mais pour l’instant, cela reste incertain », dit Camille Marigaux qui a déjà vécu un an en Argentine et voyagé dans plusieurs pays dans le monde.
Au Maroc, qui compte 3.700 cas de Covid-19 pour 158 décès et 490 guérisons, le confinement est instauré jusqu’au 20 mai.

D’après La Nouvelle République.fr



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jeudi 30 avril 2020

S.M le Roi Mohammed VI, ordonne le lancement de l’opération de distribution alimentaire du Ramadan. Initiée en faveur de 600.000 familles démunies dont 459.504 dans le milieu rural.

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Sa Majesté le Roi Mohammed VI a donné ses instructions pour le lancement de l’opération de distribution alimentaire Ramadan 1441, en faveur de 600.000 familles démunies, dont 459.504 dans le milieu rural, indique samedi la Fondation Mohammed V pour la solidarité dans un communiqué.
Dans la continuité de l’élan national de lutte contre les effets du Covid-19 initié par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et en application des hautes instructions du Souverain, la Fondation Mohammed V pour la solidarité s’est mobilisée pour l’organisation de la 21ème édition de l’opération Ramadan d’aide alimentaire. Une mobilisation essentielle, en cette période du mois sacré de Ramadan, pour que la solidarité nationale continue d’apporter de l’aide et du réconfort aux personnes vulnérables et aux familles vivant en situation de précarité, et à réduire les effets socioéconomiques de la pandémie, précise la même source.
Au vu de ce contexte inédit et conformément aux directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la Fondation a opéré un renforcement des moyens afin d’élargir la couverture des foyers bénéficiaires du soutien alimentaire. L’effectif global a été augmenté à 600.000 foyers (soit 100.000 foyers supplémentaires par rapport à l’édition précédente), pour un investissement global de 85 millions de dirhams (achat des denrées et logistique). L’augmentation du nombre de foyers bénéficiaires a concerné toutes les provinces du Royaume, et a été appliquée selon des critères liés à l’effectif de la population, la zone d’habitation (rural/urbain) et le niveau de pauvreté et de vulnérabilité.
Ce sont ainsi trois millions de personnes, en particulier les personnes âgées, les veuves et les personnes en situation de handicap issus de milieux démunis et du monde rural dans 83 provinces et préfectures du Royaume, qui seront fournies en denrées alimentaires à travers cette action de proximité à grande échelle. Le panier, composé de sept produits essentiels (10 kg de farine, 4 kg de sucre, 250 gr de thé, 1 kg de lentilles, 1 kg de vermicelle, 5 l d’huile et 800 gr de concentré de tomates), représente une aide solidaire qui vise à alléger les besoins alimentaires liés à la période du Ramadan.
Organisée avec le soutien financier du ministère de l’Intérieur, de la Direction générale des collectivités locales et du ministère des Habous et des Affaires islamiques, et le concours de l’Entraide nationale, du ministère de la Santé, de la Gendarmerie Royale, des œuvres sociales des FAR (DGSS), de la Promotion nationale, des Forces auxiliaires, des autorités provinciales et locales, cette 21ème édition de l’opération Ramadan suivra le même dispositif de mise en œuvre et de contrôle déployé au niveau des deux comités local et provincial. Ils veillent sur le terrain au suivi de l’approvisionnement des centres de distribution, au contrôle des denrées, à l’identification des bénéficiaires et à la remise des denrées alimentaires.
En cette période de confinement, la Fondation et ses partenaires ont dû adapter le dispositif de distribution pour que la sécurité des populations soit garantie. La distribution sera effectuée dans le respect des consignes sanitaires et de protection, selon le protocole et les modalités adaptés par les autorités locales. Elle sera assurée par les caïdats dans le cadre des comités locaux qui veilleront à informer les chefs des familles bénéficiaires et à organiser la remise de l’aide alimentaire directement auprès des foyers, en porte-à-porte.

A M’diq-Fnideq
1.359 personnes dans la préfecture de M’diq-Fnideq bénéficient de l’opération de soutien alimentaire  »Ramadan 1441 », initiée par la Fondation Mohammed V pour la solidarité.
Cette opération, dont le coup d’envoi a été donné par le gouverneur de la préfecture M’diq-Fnideq, Yassine Jari, en présence des représentants de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, des membres de la commission provinciale et des autorités locales, ainsi que des responsables de l’Entraide nationale et de la Santé, profite à 422 familles du monde rural et le reste dans les villes de Martil, M’diq et Fnideq.
Cette action de solidarité vise à apporter aide et réconfort aux personnes vulnérables et aux familles vivant en situation de précarité, et à réduire les effets socioéconomiques de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19). La Fondation Mohammed V pour la solidarité et ses partenaires ont dû adapter, cette année, le dispositif de distribution pour que la sécurité des populations soit garantie.
Ainsi, elle a été effectuée dans le respect des consignes sanitaires et de protection, selon le règles et les modalités adoptées par les autorités locales.
La 21ème édition de l’opération Ramadan d’aide alimentaire s’inscrit dans la continuité de l’élan national de lutte contre les effets du Covid-19 initié par SM le Roi Mohammed VI et intervient en application des Hautes instructions du Souverain, en vue de promouvoir une culture de solidarité et réaliser un développement humain durable.

A Tanger-Asilah
Mi Khadouj, habitante du douar Qliiâa, n’a pas pu cacher son émotion en recevant le premier panier distribué aux habitants du monde rural dans le cadre de la 21ème édition de l’opération Ramadan d’aide alimentaire organisée par la Fondation Mohammed V pour la solidarité.
La septuagénaire, qui n’a pas d’enfants et vit seule dans ce douar relevant de la préfecture de Tanger-Asilah, a exprimé sa reconnaissance envers cette initiative Royale humaine. Portant son masque de protection, elle a reçu les membres du comité ayant donné le lancement à cette opération, sous la présidence du wali de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Mohamed Mhidia.
Mi Khadouj fait partie des 3.800 familles habitant dans les douars de la préfecture de Tanger-Assilah qui bénéficieront de cette initiative organisée tous les mois de Ramadan pour que la solidarité nationale continue d’apporter de l’aide et du réconfort aux personnes vulnérables et aux familles vivant en situation de précarité, notamment en ces circonstances exceptionnelles marquées par la pandémie du nouveau coronavirus.
A l’instar de sa voisine Mi Khadouj, Mi Mina a indiqué que cet appui en nature intervient au bon moment, avec le début du mois de Ramadan, ce qui l’aidera dans ses dépenses dédiées aux denrées alimentaires de base.
Dans ce sens, la coordonnatrice régionale de l’Entraide nationale à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Zineb Oulhaj, a fait savoir que le nombre de bénéficiaires de l’opération Ramadan 1441 au niveau de la préfecture de Tanger-Asilah est de 6.550, dont 2.750 bénéficiaires dans le milieu urbain à Tanger et Asilah, alors que les autres bénéficiaires se trouvent dans les douars de la préfecture.
Les autorités locales, qui supervisent la distribution des aides dans les meilleures conditions, veillent à acheminer les paniers jusqu’au domicile des bénéficiaires, conformément aux dispositions de l’état d’urgence sanitaire.
Puisque l’opération Ramadan de cette année coïncide avec la décision du confinement, le comité provincial supervisant cette opération a décidé que les paniers seront distribués, au niveau des villes et douars, de la part des autorités locales directement, en porte-à-porte, aux familles bénéficiaires au niveau de la préfecture, a expliqué Zineb Oulhaj.
Le contexte actuel a également poussé l’ensemble des partenaires, assurant la mise en oeuvre de cette opération, à prendre un ensemble de mesures préventives. Il a ainsi été procédé à la stérilisation de tous les espaces de réception des denrées alimentaires, ainsi que la désinfection des produits distribués.
Le comité s’était rendu samedi matin au complexe social « Al Sadaka » dans le quartier Dchar Bendibane, afin de lancer l’opération au niveau urbain. Les aides ont été distribuées selon les annexes administratives de Tanger et Asilah, où elles seront remises directement aux domiciles des bénéficiaires.
Plusieurs bénéficiaires ont exprimé leur gratitude pour cette initiative Royale, qui traduit la sollicitude dont SM le Roi Mohammed VI entoure les personnes en situation de précarité. Ils ont également salué les efforts des autorités, qui assurent la distribution à domicile des aides, et ce dans le respect des dispositions de l’état d’urgence sanitaire.

A Laâyoune
L’opération nationale de distribution alimentaire « Ramadan 1441″, initiée par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, bénéficie à quelque 10.550 ménages issus de la province de Laâyoune, soit une hausse de 1.350 familles par rapport à l’an dernier.
Cette action de solidarité vise à apporter aide et réconfort aux catégories sociales les plus vulnérables, notamment les veuves, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Le wali de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, gouverneur de la province de Laâyoune, Abdeslam Bekrate, a donné samedi le coup d’envoi de cette opération au niveau local en présence de plusieurs personnalités civiles et militaires.
Le panier est composé de sept produits essentiels, à savoir 10 kg de farine, 4 kg de sucre, 250 gr de thé, 1 kg de lentilles, 1 kg de vermicelle, 5 l d’huile et 800 gr de concentré de tomates.
Un comité provincial a été mis en place afin d’identifier les bénéficiaires de l’opération « Ramadan 1441″.
En cette période de confinement, la Fondation Mohammed V pour la solidarité et ses partenaires ont dû adapter le dispositif de distribution pour que la sécurité des populations soit garantie.
La distribution sera effectuée dans le respect des consignes sanitaires et de protection, selon le protocole et les modalités adaptés par les autorités locales.
Elle sera assurée par les caïdats dans le cadre des comités locaux qui veilleront à informer les chefs des familles bénéficiaires et à organiser la remise de l’aide alimentaire directement auprès des foyers, en porte-à-porte.

A Khénifra
Un total de 8.850 personnes dans la province de Khénifra bénéficient de l’opération de soutien alimentaire  »Ramadan 1441 », initiée par la Fondation Mohammed V pour la solidarité.
Le coup d’envoi de l’opération de soutien alimentaire « Ramadan 1441″ au niveau de la province de Khénifra a été donné, samedi dans la commune El Borj, pour bénéficier à un total de 8.850 ménages au niveau de la province de Khénifra.
Dans ce sens, une commission provinciale a supervisé les opérations de distribution de ces aides au domicile des bénéficiaires afin d’éviter tout risque de rassemblement ou d’attroupement conformément aux mesures préventives adoptées par les autorités publiques pour lutter contre l’épidémie du coronavirus.

A Guelmim
L’opération nationale de distribution alimentaire « Ramadan 1441″, initiée par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, profitera à 11.970 familles dans la province de Guelmim.
Cette opération, qui s’étale sur quatre jours, enregistre ainsi une augmentation de 1.570 ménages par rapport à l’année dernière.
Cette action de solidarité, qui a été lancée samedi sous la supervision des autorités locales, vise à apporter aide et réconfort aux catégories sociales les plus vulnérables, notamment les veuves, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Le coordonnateur de l’Entraide nationale dans la région Guelmim-Oued Noun, Bouya Aba El Hazm, a déclaré à la MAP que l’opération de distribution se fera dans le respect des consignes de prévention décidées par les autorités pour faire face aux risques de propagation du coronavirus, dont l’aménagement de points de distribution proches des populations ainsi que la désinfection des moyens de transport.
Il a expliqué que l’objectif de ces mesures est la préservation de la sécurité des populations et l’exécution rapide de l’opération durant les premiers jours du mois sacré de Ramadan.

Par Libération


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vendredi 17 avril 2020

Christophe aimait Tanger. L’auteur d’«Aline» et des «Mots bleus» est mort dans la nuit de jeudi à vendredi, à 74 ans. Sa carrière de «beau bizarre» décadentiste et obsessionnel égrène tubes rutilants et chansons hantées le hissant, entre Gainsbourg et Bashung, au sommet du panthéon pop français.

Portrait de Christophe, le 25 mars 2016. Photo Edouard Caupeil
Portrait de Christophe, le 25 mars 2016. Photo Edouard Caupeil

Il aimait Tanger et son charme, il y avait acquis une maison et il avait chanté lors d’un concert privé mémorable organisé par nos amis Nicolas et Christine qui tenaient ce beau restaurant « La Fabrique » aujourd’hui défiguré par ses repreneurs.

Il a rejoint Alan Vega au royaume des étoiles bleues de la chanson. Dans son album « Les Vestiges du chaos », Christophe le Dandy « un peu maudit, un peu vieilli » avait publié avec superbe un album habité de femmes et de cinéma, d’où surgissaient des voix, de Lou Reed à Alan Vega avec qui il avait écrit une chanson dédiée à Tanger: Tangerine.

C’était l’homme du confinement absolu, mais l’ennemi tout aussi absolu de la distanciation sociale. Capable de rester cloîtré des nuits entières en quête d’un son que lui seul entendrait une fois l’ouvrage terminé, Christophe avait aussi fait de son appartement-studio-musée-salle de poker du boulevard du Montparnasse le lieu de passage le mieux fréquenté d’un tout-Paris nyctalope qui l’avait élu maire adjoint aux mondanités délicieuses. Les restaurants ouverts à pas d’heure (un débiteur à bidoche des Halles, un japonais de Montmartre etc.) lui gardaient toujours une table au cas où, des donzelles charmantes passaient lui lire des chapitres de Tendre est la nuit dont son hypermétropie le privait, disait-il – la bonne excuse !

Nos pensées vont vers vous Christophe, nous écouterons en boucle Tangerine, Les mots bleus et La dolce vita qui ne sera plus tout à fait la même à Tanger, sans vous…

En hommage à Christophe et Alan Vega et à Tanger voici la chanson « Tangerine », cliquez sur le lien ci-dessous:

Tangerine

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Il est parti Christophe
Le bar de nuit mythique de Tanger Tangerinn


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vendredi 3 avril 2020

Le propriétaire de la librairie des Colonnes de Tanger Fadel Laraki et ancien actionnaire principal dans le magazine “Le Journal” et “Assahifa”, est décédé mercredi 1er avril au matin à Casablanca.

Fadel Laraki décédé le 1er avril 2020 (Copyright Redouane El Baroudy

 

Après la disparition de l’ancienne responsable Rachel Muyal, les Colonnes sont encore touchées à vif avec la décès brutal du nouveau propriétaire de la célèbre librairie de Tanger Fadel Laraki après de départ de Pierre Bergé en 2017.

Selon des sources médiatiques, Fadel Laraki s’est rendu à l’hôpital Sheikh Khalifa, après des problèmes de santé, avant de rendre l’âme, ce mercredi dernier.

Laraki sera enterré ce jour. Son cortège funèbre ne devrait pas dépasser 9 personnes en raison de l’état d’urgence sanitaire lié au Covid-19.



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lundi 30 mars 2020

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Serge Guerin -Le Covid-19, une leçon d'humilite
Denis Lafay – La Tribune.fr

LE MONDE D’APRES. Sa « nature », optimiste et constructive, prend le dessus au moment de diagnostiquer la situation « sociétale » de la France confrontée à la pandémie du Covid-19. Le sociologue Serge Guérin n’élude certes pas les spectres qui défient la communauté, mais il veut retenir en priorité les enseignements à même, demain, d’éclore et de « profiter ». Profiter à une prise de conscience des dérives de notre époque ; à une nouvelle hiérarchisation de l’essentiel ; à la conscientisation écologique ; au dépeçage de la double tyrannie de la performance et de l’autonomie ; à la redéfinition d’objectifs responsables pour une mondialisation aujourd’hui ivre et dépossédée de sens ; à une relation renouvelée aux territoires et à la résurrection d’un Etat-providence repensé « avec les Français, et non plus pour les Français ». Et à recouvrer un peu de « l’humilité » que l’arrogance ou le scientisme ont chassé. Surtout, cet expert des sujets de santé et d’intergénération, espère que « l’événement coronavirus » révélera au plus grand nombre – et à la classe politique dirigeante – les trésors du « care », cette éthique de la sollicitude qui emmêle harmonieusement « soin de soi » et « soin de l’autre ». L’heure est de se tourner vers un « égoïsme solidaire ».

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Serge Guérin s’exprime sur la pandémie du Covid-19 dans la Tribune (Crédits : Ortola)

LA TRIBUNE – Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ?

Serge Guérin : Je suis un « hyper-actif », en besoin et plaisir permanent d’interagir visuellement, verbalement, intellectuellement avec autrui ; le confinement n’est vraiment pas fait pour moi (rires) ! Pour l’heure, je demeure très occupé – à échanger avec des proches, à résoudre des problèmes administratifs et techniques, à voir comment me rendre utile, à adapter les cours pour mes étudiants, à répondre aux journalistes, etc. Mais plus tard ? Si cette réclusion perdure ? L’inquiétude personnelle du moment se concentre essentiellement sur la vulnérabilité de certains de mes proches, de santé fragile et que je ne peux accompagner physiquement. L’inquiétude plus générale est proportionnée à la dimension de la déflagration : dans quel état psychique, social et économie allons-nous sortir ?

Le dogme dominant, celui qui dicte nos comportements et modes de vie, est le mouvement. « Oser » avouer le plaisir ou les vertus des antonymes – silence, lenteur, immobilisme – est même suspect. Cette claustration forcée peut-elle permettre d’en réveiller et surtout faire connaître les trésors ?

A cet égard, et même si cela peut paraître anecdotique et même amusant, il faut souligner que celui qui nous impose – avec raison – de nous confiner dans l’immobilisme physique est un chef d’Etat qui, dans son comportement et son ADN politique, incarne comme personne le mouvement perpétuel et dont la formation politique a pour nom… En marche ! L’idéologie presque dictatoriale de l’action, du « bougisme » ainsi décrit par Pierre-André Taguieff, est balayée par son emblème le plus caricatural !

Indéniablement, et moi-même qui me reconnais pleinement dans les propriétés de l’action le concède, ce moment doit être une opportunité pour « regarder » les attributs du temps long, du temps lent, pour s’écouter et dialoguer autrement. L’écologie humaine globale questionne en profondeur ce sujet, y compris parce qu’elle nous expose une règle d’or : le rythme du temps conditionne l’état de fragilité. En d’autres termes, ralentir le rythme et adapter l’environnement réduit l’exposition à la fragilité, et bien sûr réciproquement.

« La vitesse et l’étendue vertigineuses de la propagation du virus résultent de la quasi instantanéité des échanges humains, de l’étourdissante mobilité humaine, de l’extrême densité humaine. Ce n’est pas le virus qui se déplace : ce sont les humains qui le déplacent, ce sont l’économie mondialisée et le culte de l’immédiateté qui le déplacent. »

A ce titre, les propriétés contagieuses du virus Covid-19 ne constituent-elles pas elles-mêmes une leçon ?

Absolument. Ce virus n’est pas aéroporté, il se transmet exclusivement par l’homme. La vitesse et l’étendue vertigineuses de sa propagation résultent de la quasi instantanéité des échanges humains, de l’étourdissante mobilité humaine, de l’extrême densité humaine.

Ce n’est pas le virus qui se déplace : ce sont les humains qui le déplacent, ce sont l’économie mondialisée et le culte de l’immédiateté qui le déplacent. Nous allons faire l’expérience que le ralentissement drastique du « temps physique » et l’imperméabilité des échanges humains, liés au confinement, sont le seul moyen d’endiguer la pandémie.

Cela nous change de la « dictature de l’urgence », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Gilles Finchelstein. Ce qui va à l’inverse absolu de l’idéologie dominante : « celui qui gagne est celui qui va le plus vite et s’adapte le plus vite ». Renversement de perspective instantané !

Dans son acception grecque (Krisis) ou latine (crisis), la crise est une ouverture aux possibles et aux issues les plus antithétiques. L' »état » de l’Etat français, l' »état » de la gouvernance internationale, mais aussi l' »état » des individus – dans leur individualité comme dans leur rapport à la collectivité – autorisent-ils un espoir ?

« L’espérance est un risque à prendre » : je fais mienne, cardinale, cette belle formule de Georges Bernanos. Le pessimisme, surtout lorsqu’il déborde de la rationalité et du fondement réaliste, est inutile. Et même contre-productif, comme s’y emploient les adeptes de la collapsologie. Difficile de construire une issue concrète et partagée à une crise sur le seul terreau de la désespérance.

Les slogans vides du type « indignez-vous » ne produisent pas de solutions, la désespérance est soeur du fatalisme et nie le sens. Or sans sens, sans vision de l’avenir souhaité et possible, point de possibilité de réveil.

Primo Levi l’a si bien écrit : entre le blanc et le noir, situés aux extrémités du spectre, existe un infini nuancier de gris. Dans les gris les plus sombres, la demande d’un régime plus autoritaire ; dans les gris foncés, les logiques et les mécanismes qui s’emploieront à « un retour comme avant » ; dans les gris clairs, fourmille une multitude de raisonnements, de prises de consciences, d’initiatives entrepreneuriales, associatives, communales, territoriales, individuelles qui explorent un autre avenir. Focalisons-nous sur leurs promoteurs.

La première épreuve à laquelle sont exposés les Français, cloîtrés dans l’intimité de leur foyer ou de leur solitude, est celle du rapport d' »eux à eux-mêmes ». Là aussi l’éventail des réactions est infini, certains périls sont redoutés – au sein des couples « déjà » déchirés, dans les foyers incompatibles avec la promiscuité, chez les personnes vulnérables aux addictions et aux violences physiques et sexuelles, etc. – ; le sociologue pronostique-t-il des faits saillants ?

Pour exemple, l’idée du président de la Région Hauts-de-France Xavier Bertrand de proposer aux personnes confinées de consulter par téléphone des psychiatres ou psychologues est une excellente approche excellente dans cette période. Un service qui devrait perdurer après la sortie de crise.

Se retrouver pour un temps indéterminé seul face à soi-même est une opportunité, dès lors que l’environnement affectif et matériel ne constitue pas un obstacle, dès lors aussi que l’on est personnellement, psychiquement, en condition de se mettre à nu. Nous ne disposons pas des mêmes capacités de ressourcement, d’une manière uniforme de gérer une circonstance déstabilisante.

La situation personnelle, sociale, familiale ou économique, peut jouer fortement, et se répercuter sur la façon de vivre ce confinement. Les couples en crise avant ont peu de chances de se porter mieux pendant. Il y a malheureusement à redouter effectivement une augmentation des dérapages, plus ou moins aigus et graves. Lorsqu’on ne supporte pas l’agitation de ses enfants ? Lorsque le dialogue est rompu avec sa compagne ou son compagnon ? Lorsque la consommation d’alcool expose à la violence ?

« Une multitude de raisonnements, de prises de consciences, d’initiatives entrepreneuriales, associatives, communales, territoriales, individuelles qui explorent un autre avenir, fourmille. Focalisons-nous sur leurs promoteurs. »

A contrario d’aucuns pronostiquent un effet « baby boom » d’ici neuf à dix mois. Ils omettent que le bondissement des naissances au lendemain de la guerre avait pour théâtre une re… naissance, pour scène une euphorie contagieuse…

Absolument. Comment vouloir enfanter lorsque le contexte est à ce point anxiogène et l’avenir aussi incertain ? Et puis, dans l’après-guerre, les moyens contraceptifs n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. Sur ce plan, il faudra regarder l’évolution de deux indices : « baby-boom » et… « divorce boom » !

Chaque nouveau rapport d’études le confirme : l’ampleur des inégalités croit inexorablement au sein de la société française. Ce « moment » que nous subissons pourrait être de nature à les dégrader davantage encore. Ou au contraire – et alors à quelles conditions ? – à les réduire. Ces inégalités, un sujet les concentre et les symbolise : le lieu du confinement. Et les manifestations sont paradoxales, qui constituent autant de marqueurs singuliers…

C’est d’ailleurs un peu la revanche des gilets jaunes. Nombre d’entre eux vivent en zones rurales ou périurbaines, dans une maison modeste mais souvent pourvue d’un jardin, même petit. Le confinement dans de telles conditions peut sembler plus tolérable que l’exigu 2 pièces dans un beau quartier parisien.

Mais attention, c’est aussi du côté des gilets jaunes que l’on trouve le plus d’individus aujourd’hui sur le front : personnels de soin en premier lieu, mais travailleurs dans les magasins d’alimentation, professionnels de la sécurité, postiers…. et c’est du côté des mêmes gilets jaunes que le chômage frappe déjà et frappera le plus durement.

A l’autre bout de l’échelle sociale, le mouvement d’exode de Français plus privilégiés, nantis d’une résidence secondaire loin des villes, et qui pour certains ont déversé leur satisfaction prétentieuse sur les réseaux sociaux, exerce une sacrée violence symbolique. Sans compter les effets de leur invasion de territoires aux équipements de santé limités.

Et ce n’est pas seulement symbolique ; comment, par un effet boomerang, ne pas penser aux moins bien lotis, cloîtrés dans des espaces réduits ? Mais ces privilégiés font aussi l’épreuve du rejet, de la part des autochtones envers ces « citadins » qui viennent « potentiellement les infecter ». On voit aussi des jeunes, certes minoritaires, qui visiblement ne veulent pas jouer le jeu et se sentent parfaitement étranger à cette « guerre ». J’entends déjà dire que le « commun » domine dans cette période, mais je crois que la réalité est plus nuancée.

Si seulement, de cette expérience d’ostracisme subi, ils pouvaient tirer des enseignements quant à l’ostracisme exercé, celui par exemple qu’ils peuvent réserver aux migrants…

Partout il est question de « prendre soin ». Or jamais le fameux principe du « care », depuis longtemps négligé et même raillé – Martine Aubry, sèchement défaite lors des Primaires socialistes de 2012, lui avait consacré le substrat cardinal de son programme – n’avait été à ce point sollicité. Cette prise de conscience peut-elle dépasser le cadre des circonstances et être durable ?

C’est là un sujet majeur. Qu’est-ce que le care ? Une « éthique de la sollicitude », valorisant « le soin et l’attention à l’autre ». Or tout, aujourd’hui, est care. Que demande-t-on à la population, qu’exige-t-on d’elle ? De prendre soin d’elle-même pour prendre soin de l’autre… Le « prends soin de toi », qui fleurit dans nos conversations, dans la signature de nos textos, exprime une culture du care, une attention à l’autre qui est aussi une attention de soi.

… Mais l’enjeu véritable est de dépasser le soin de soi pour porter le soin à l’autre. Le care est altruisme, il n’est pas égotisme, et ses vertus humanistes et sociétales dépendent de sa faculté d’essaimer, de ramifier, d’unir…

Bien sûr. C’est pourquoi nous louons aujourd’hui l’ensemble de la communauté des soignants – au sens très large de son acception, puisqu’il faut y inclure tous les invisibles : personnels de santé et de soin, volontaires, réserve sanitaire, administratifs, accompagnants au domicile qui forment la longue chaîne du care.

Je n’oublie surtout pas les aidants d’un proche qui sont encore plus isolés aujourd’hui. Ces soldats du front risquent pour eux-mêmes afin de nous venir en aide ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est si important de respecter les consignes de confinement, car de leur stricte application dépendent les conditions dans lesquelles ils vont pouvoir exercer leur mission.

Le confinement est une illustration du vœu du care, et aussi de cette interdépendance liant le soin de soi au soin de l’autre : en prenant soin de moi, je limite la propagation du virus et donc participe à prendre soin d’autrui. C’est bien la notion de « soin mutuel » qui est un levier majeur du care. Si la conscience que nous avons du virus nous permet de prendre conscience de cette absolue interaction, peut-être que cette conscience nouvelle du care perdurera. Au mois dans une partie de la population.

 » Le mouvement d’exode des Français privilégiés, nantis d’une résidence secondaire loin des villes, et qui pour certains ont déversé leur satisfaction prétentieuse sur les réseaux sociaux, exerce une sacrée violence symbolique « 

Chacun, aujourd’hui, est imparablement confronté à la conscience de sa vulnérabilité personnelle. Dans ce champ aussi, il est à espérer que cette introspection diffuse une conscience universelle de la vulnérabilité. Jusqu’à remettre en question quelques principes a priori invincibles : réussite, conquête, succès, compétition… ?

… et aussi : performance et autonomie. Cette double doctrine, si hégémonique, est défaite. Nous découvrons que nous sommes incroyablement dépendants – en premier lieu des soignants, mais aussi du comportement de chaque « autre » -, et la performance est désormais l’immobilisme, la réclusion.

Les fondements de l’idéologie dominante sont totalement inversés, nous assistons à une formidable révolution. C’est la question de la conscience de l’autre, du don, dont Mauss a montré l’aspect essentiel dans la relation humaine.

C’est le « nous sommes » de Camus : « j’ai besoin des autres qui ont besoin de moi », écrit-il dans L’Homme révolté. Une de mes filles m’a fait relire L’Entraide de Kropotkine qui évoquait le plaisir de pratiquer le soin mutuel.

Mais attention, tout cela s’applique au moment présent, et ne concerne qu’une partie de la société française.

A long terme, c’est-à-dire au-delà de la crise, peut-on donc penser que cet électrochoc modifiera la considération de la société et des gouvernants pour les notions mêmes de fragilité et de vulnérabilité ?

Il est trop tôt pour l’affirmer. Deux réflexes peuvent dominer. Le premier consiste à revenir très vite à ses habitudes. Le second serait que le choc issu de la pandémie produise une sorte d' »égoïsme solidaire » tel que je qualifie le care – « j’ai tout intérêt que la société prenne en compte toutes les formes de fragilité puisque celles-ci peuvent du jour au lendemain me frapper ». Dans ce cas, nous pourrions espérer une société différente.

 » Le confinement est une illustration du vœu du care, et aussi de cette interdépendance liant le soin de soi au soin de l’autre : en prenant soin de moi, je limite la propagation du virus et donc participe à prendre soin d’autrui. « 

Imaginons l’hypothèse, funeste, d’une implosion de l’organisation et des services de soins, d’une déflagration humaine frappant malades et soignants, victimes communes d’une dégradation du système de santé depuis longtemps dénoncée. Quelle sanction politique, Emmanuel Macron et Edouard Philippe pourraient-ils essuyer ?

Voilà un an que les personnels des hôpitaux publics alertent les gouvernants sur leur situation, catastrophique. Qu’il s’agisse de rémunération, de ressources humaines, de moyens financiers, de conditions de travail, le cri d’alarme n’a cessé de retentir, pour des résultats très en-deçà des besoins. Aujourd’hui, et alors que la pandémie va mettre davantage en lumière ces tensions extrêmes, il n’est pas imaginable que des mesures à la hauteur de la gravité ne seront pas prises une fois la crise passée.

Sera-ce suffisant pour endiguer l’éruption ?

Certainement pas. A l’union nationale qui – heureusement – domine aujourd’hui succédera l’heure des enseignements. Et des comptes. La nation aura besoin d’un signal fort. Emmanuel Macron mué en chef de guerre peut sortir renforcé. Mais aussi très fragilisé par sa gestion comme par sa posture et par la situation économique qui menace d’être catastrophique. Aucun scénario n’est à exclure. Ni l’expression d’une attente pour un Etat fort et même autoritaire ; ni l’envie d’un changement profond de politique pour revenir à un Etat providence – une sorte de gaullisme social version XXIe siècle (et lesté d’un effroyable endettement) serait une possibilité. Reste une question centrale : qui pourra incarner un débouché politique ?

Les exemples d’actes de solidarité fleurissent, et d’aucuns de prophétiser le réveil du « sentiment de citoyenneté » au sein de la population. Est-ce crédible ? Réaliste à grande échelle ? Et surtout, là encore, durable ?

Les amortisseurs de la société sont composés du foisonnement permanent des initiatives de micro-solidarité. Elles témoignent qu’une société progresse par elle-même et non à partir des directives d’Etat. Mais elles font face à un redoutable adversaire : la tentation du repli, de se recroqueviller, de se claquemurer. Là encore s’impose le nuancier des gris cher à Primo Levi…

Il est un domaine, en revanche, où ce « sentiment de citoyenneté » pourrait se manifester de manière spectaculaire : la confiance en la science. On le sait, celle-ci est en berne, et que la France, pourtant patrie de Pasteur, trône au sommet des pays les plus rétifs aux vaccinations en est un symptôme. Qui aujourd’hui oserait refuser un vaccin contre le covid-19 ? Personne ou presque…

A l’union nationale qui – heureusement – domine aujourd’hui succédera l’heure des enseignements. Et des comptes. La nation aura besoin d’un signal fort

… Or, existe-t-il plus fort symbole de la double conscience du soin pour soi et du soin pour autrui que l’antidote ?

Que n’a-t-on pas lu ou écouté, également, d’aspirations à profiter de cette crise pour « changer son comportement », « changer son rapport à la consommation », « changer la hiérarchie de son essentiel et de son important », « changer son rapport aux autres », au final « révolutionner le logiciel libéral et capitaliste » qui régit le monde, notre rapport au monde, notre existence dans le monde. Cet archipel d’exhortations peut-il coaguler, composer une force unitaire, et porter concrètement un aggiornamento aussi ambitieux et disruptif ? Surtout pourra-t-il contenir le rouleau-compresseur marchand de nouveau lorsque germera la sortie de crise ?

Il est trop tôt pour mesurer l’ampleur des dégâts économiques, financiers, sociaux sur la planète, il est donc trop tôt pour estimer comment et dans quelle direction les principaux « dirigeants » de ce système – politiques, banques privées et banques centrales, organisations de gouvernance internationale, etc. – voudront et pourront le faire évoluer. Mais pour l’heure, là encore le pessimisme n’est pas de mise. Ne l’oublions pas : de tous les systèmes économiques qui ont régi le monde, le capitalisme – et son levier : l’économie de marché – est celui qui s’est toujours le mieux adapté.

Ce qui est assez prévisible est que l’Etat – avec certainement le soutien de grandes entreprises – devra investir fortement dans le secteur de la santé, aux plans de l’emploi comme des équipements. La question d’une relocalisation, au moins partielle, de la fabrication de médicaments et d’équipements sera aussi posée. L’affaire des « masques » laissera des traces.

Ce retour possible à une forme de keynésianisme permettra aussi, je l’espère, d’invertir dans la transition écologique (par exemple sur l’habitat, aux fins d’améliorer la performance énergétique et de favoriser l’emploi auprès d’utilisateurs de plus en plus âgés. Ces actions, en plus, pourraient offrir des débouchés autant à des fleurons français de l’industrie qu’à des artisans et des PME.

Il est donc « trop tôt », mais ne peut-on pas d’ores et déjà pronostiquer que la conscientisation écologique pourrait s’enraciner plus profondément et plus durablement, jusqu’à peser de manière substantielle et… durable sur les futurs rapports de force économiques, financiers et politiques ?

Cette direction devra faire la preuve que les intérêts économiques et financiers, pierre angulaire du système capitaliste, ne sont pas affaiblis par l’intérêt sociétal, environnemental, social, tout simplement humaniste auquel notre renaissance, demain, aspirera plus que jamais. Peut-on inventer une « économie sociale et responsable de marché » ?

Dans une (très belle) tribune publiée dans Libération (20 mars) et titrée « Coronavirus : le soin n’est pas la guerre », Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale à l’Université Sorbonne – Paris Nord, fustige le diktat des chiffres – « n’en déplaise à la technocratie, ils ne nous parlent pas, au mieux ils nous effraient, nous risquons de leur être plus que jamais arraisonnés quand, pour nous sentir concernés et grandir en responsabilité, nous aurions besoin de récits qui nous ramènent à la vie »  – pour mieux mettre en lumière « l’inestimable » travail des soignants, « au sens où n’étant pas inscrit dans la performance technique ou la compétitivité, il ne se mesure pas, en même temps qu’il est ce qui compte le plus ». L’épreuve que nous traversons met en lumière la valeur des taches non chiffrables, non marchandes, pourtant les plus essentielles, les plus contributives aux besoins d’humanité et donc à l’Humanité elle-même. Que peut-il rester de cette prise de conscience collective ? Peut-il nous aider, collectivement, à redéfinir ce « fait bien commun » ?

C’est le pari de Pascal ! Tentons-le. Le virus, comme le réchauffement climatique, crée du commun au sens où chacun, quelle que soit sa position sociale, peut être touché. Même si les plus riches s’en sortent bien mieux que les autres. Toute l’histoire des épidémies a montré que les dégâts (parfois avec plus de 50% de mortalité) étaient très largement centrés sur les plus fragiles. Par ailleurs, si 80% de la population se sent confinée, et, après un moment de flottement, concernée par le virus, il demeure des minorités qui ne partagent toujours pas ce souci du commun. Mais, il est possible, comme le montrent les applaudissements quotidiens à 20 heures pour les « héros du soin », qu’une prise de conscience prenne forme. « Il arrive que les décors s’écroulent », écrivait Camus.

Gageons et espérons que le diktat du moindre coût, qui a régi jusqu’à présent les flux de la mondialisation et la cartographie des sites de productions, ne sera plus hégémonique

L’organisation et le fonctionnement – ou plutôt le déficit d’organisation et les dysfonctionnements – de la mondialisation sont dès maintenant sur le gril. La « démondialisation », ou plus précisément les contours d’une « autre » mondialisation, sont en débat. Focalisons-nous sur deux chapitres : la proximité et les frontières. Demain pourrait-il être vraiment différent d’aujourd’hui ?

De découvrir l’impressionnante dépendance de la France envers la Chine en matière de production de médicaments a constitué un véritable électrochoc. Comment l’un des bastions mondiaux de la recherche dans l’ensemble des sciences médicales a-t-il pu ainsi se laisser menotter à une industrie située à l’autre bout du globe et elle-même si vulnérable ? Le diktat du moindre coût, qui a régi jusqu’à présent les flux de la mondialisation et la cartographie des sites de productions, ne devrait plus être hégémonique. La démondialisation avait déjà commencé, on peut espérer que la crise actuelle va l’accélérer.

Sans doute en effet allons-nous plébisciter les circuits courts, les logiques de proximité, y compris à l’égard des commerçants ; les boulangeries, les petits supermarchés, les regroupements de producteurs « bio » soutiennent aujourd’hui notre besoin de consommation ; nul doute que nous saurons nous en souvenir plus tard, et que ce réflexe servira les autres types de commerces de quartier.

Quant à la relation au territoire, nous (re)découvrons que le centre névralgique de notre existence quotidienne est la commune. Là est concentré notre lieu de vie. Et nous devons protéger notre périmètre de bien-être où nous nous sentons en sécurité. La problématique des frontières va être questionnée par beaucoup. Après tout, nous fermons bien notre maison à clé ; pourquoi ne ferions-nous pas de même à nos frontières lorsque le danger point ?

Faut-il rappeler que cette même logique du « bien-être entre nous », du « bien-être confiné », du « bien-être protégé », charpente les thèses xénophobes, europhobes, sécessionnistes, nationalistes, qui font le succès du RN en France, de l’AfD en Allemagne, de Vox en Espagne, de la Ligue en Italie, du Fidesz en Hongrie, du FPO en Autriche ? Et ailleurs en Europe ? Marine Le Pen s’est saisie de « l’heureuse opportunité » du Covid-19 pour scander les « vertus » de la fermeture des frontières… Une digue, une clôture, un verrou si lourds de symboles idéologiques…

Je ne nie pas ce spectre. Mais la présence et le fonctionnement de frontières ne doivent pas signifier de facto le refus de l’autre. Tout dépend du sens que l’on place dans l’édification desdites frontières, et pour cela des conditions de passage d’une frontière à l’autre.

Pourquoi ne considérerait-on pas que se sentir « bien chez soi » permet de mieux accepter l’accueil des autres, à des conditions connues de tous et qui sont respectueuses des principes humains élémentaires ? N’est-ce pas d’avoir nié cette réalité, n’est-ce pas d’avoir négligé ou même méprisé le besoin des individus de maîtriser leur périmètre d’existence, qui a répandu la peur et donc le rejet des « autres » ?

Deux de vos domaines spécifiques de recherche sont les relations intergénérationnelles et la santé. La situation des aînés, auxquels tout contact avec leurs enfants et petits-enfants a été décrété avant le confinement, est particulièrement aiguë. Au-delà, quelles conséquences sociologiques cette rupture de lien fait-elle peser ?

Au sujet du « bien vieillir », la qualité, la régularité, la douceur du « lien » humain contribuent de manière capitale. L’être humain est un être humain social, et le priver brutalement de lien est insupportable. Les aînés, déjà dans la souffrance – physique, psychique, liée à leur déclin ou à leur solitude -, sont les premières victimes, et cela pas seulement parce qu’ils sont les plus exposés à la mort.

Peut-on imaginer ce qu’ils éprouvent, au fond d’eux-mêmes, conscients qu’ils ne reverront peut-être plus leurs proches ? Ce qu’ils ressentent aussi parce que l’implication des aides, accompagnants, bénévoles qui leur apportent un peu d’humanité, elle aussi se raréfie ?

La situation que nous traversons aura eu toutefois un mérite : celui, comme ce fut le cas lors de la canicule de 2003 qui les avait décimés, de nous inviter à leur porter attention et compassion. Peut-être, au moins le temps de cette tragédie, aurons-nous un peu plus de considération pour eux, et aussi nous estimerons-nous un peu plus responsables à leur égard. D’ailleurs, nombre d’initiatives « technologiques » (Skype, téléphone Face time, internet) sont mobilisées pour maintenir un lien entre les générations.

Au Royaume-Uni notamment, comme peut le laisser penser la stratégie adoptée au début par le Premier ministre Boris Johnson, mais aussi dans le débat public, des voix se sont entendre pour légitimer le principe de « sélection naturelle » – un détournement du darwinisme -, qui serait à mettre en perspective du développement exponentiel de la démographie mondiale. Et de convoquer l’histoire, rythmée par des pandémies qui ont régulé « naturellement » les populations. Est-ce audible ? Un tel débat est-il éthiquement tolérable ?

Vous évoquez Darwin, j’ai retrouvé très récemment dans un ouvrage d’entretien que vous avez réalisé avec le paléoanthropologue Pascal Picq [Une époque formidable, 2019, L’Aube], le principe de « descendance avec modification », plus riche que cette notion de « sélection »… Démographes, économistes, sociologues, scientifiques sont questionnés. Il y a une trentaine d’années, les plus de 75 ans étaient quasi absents de l’espace et donc du débat publics, quasi absents aussi des enjeux sociétaux et économiques. Or aujourd’hui, ils sont 6 millions en France, et cristallisent nombre d’enjeux majeurs : tourisme, consommation, santé… En 2021, les premiers « babyboomers » rejoindront cette classe d’âge, qu’on estime au-delà des 12 millions d’âmes en 2060.

Voilà pour le « petit prisme » des « aînés français » ; mais que dire de la démographie planétaire dans son exhaustivité ? Jusqu’où va-t-elle poursuivre son essor ? Entretenir la nécessité productiviste ? Consommer les ressources naturelles ? Même de l’ordre du symbole, d’aucuns regardent le virus Covid-19 s’étendre tel une revanche de la nature sur une espèce humaine qui l’asservit sans retenue, l’exploite sans considération, la maltraite éhontément.

Une revanche, mais aussi un rappel à l’ordre à l’égard des scientistes, prométhéens et autres transhumanistes que l’arrogance et la vanité rend assoiffés de ne pas vieillir, et même de ne pas mourir. Donc oui, ce débat est extrêmement sensible, il convoque des opinions antagonistes, il est éthiquement très délicat, mais il mérite de ne pas être esquivé.

Le modèle social à reconstruire devra être repensé avec les Français, et non plus pour les Français, il devra avoir pour substrat : « Français, je vous fais confiance »

Chaque jour davantage le terme refait surface – y compris lorsqu’est évoqué, jusque dans l’Allemagne d’Angela Merkel, le recours aux nationalisations d’entreprises stratégiques qui vacillent -, Emmanuel Macron lui-même y a fait référence : l’heure est au retour de l’Etat-providence. Mais sous quelle forme est-il possible de ou faut-il le réinitialiser ? Les Français d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’hier, leurs aspirations, leurs dispositions, leurs facultés – par exemple d’autonomie – diffèrent, la société a évolué parallèlement aux bouleversements technologiques, communicationnels, spatiaux, temporels, et donc au déclin progressif de l’Etat-providence ; si cette dernière ressuscite, elle devra s’ajuster aux comportements, aux raisonnements, aux exigences nouveaux…

D’écouter, de la bouche d’un chef de l’Etat en tous points hostile à l’Etat-providence, l’absolue nécessité de le relancer… quelle rupture idéologique en effet ! Reste toutefois des limites à cette régénérescence, qui d’ailleurs font la distinction d’avec les périodes de prospérité : le niveau de la dette publique. Elle était déjà colossale, elle deviendra abyssale. Sans doute l’Etat devra-t-il se concentrer sur une poignée de disciplines régaliennes : la santé, la sécurité, l’éducation, l’économie, la justice…

Le modèle social à reconstruire devra composer avec cette réalité, avec aussi celle à laquelle vous faites référence : les volontés et les besoins des Français. En d’autres termes, ce modèle social devra être repensé avec les Français, et non plus pour les Français, il devra avoir pour substrat : « Français, je vous fais confiance ». Ce qui imposera de décentraliser, de solliciter de nouveau – enfin ?! – les corps intermédiaires. De voir aussi comment chacun d’entre nous peut contribuer à ce modèle renouvelé…

… et sans doute aussi de réinventer l’architecture de la démocratie. Laquelle devra intégrer l’aspiration et la capacité citoyennes à « agir en responsabilité »…

C’est indéniable. L’initiative du chef de l’Etat, de la Convention citoyenne pour le climat à laquelle participent 150 Français – nécessairement en sommeil aujourd’hui – va dans ce sens. Les réflexions devront tenir compte des contributions, déterminantes, issues des territoires et en premier lieu des communes, elles devront faire la part belle non pas à la démocratie participative mais à une démocratie représentative intégrant les dispositions des citoyens à exercer des tâches en responsabilité.

Le chef de l’Etat l’a affirmé lors de son allocution du 16 mars annonçant le confinement. « Lorsque nous serons sortis vainqueurs [de la guerre contre le coronavirus], le jour d’après ce ne sera pas un retour aux jours d’avant » (…). « Cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, (…). Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences (…). Hissons-nous individuellement et collectivement à la hauteur du moment ». En résumé, comment imaginez-vous et comment espérez-vous que prenne forme ce « jour d’après » ?

Un mot surgit spontanément, qui résume mon vœu : humilité. Oui, cette épreuve est une exhortation à être humble, elle est un appel à « nous » considérer avec immense modestie. La planète est déstabilisée, ébranlée, dévastée par un « simple » virus, ce qui doit nous rappeler à notre juste taille, à notre juste puissance, à notre juste pouvoir : peu. Ce qui, aussi, doit nous obliger à regarder la Terre non plus comme un simple espace d’exploitation et de consommation, mais comme notre mère et notre patrie commune.

Entretien entre Sergue Guérin et Denis Lafay de la Tribune-Auvergne Rhône-Alpes

…………………………………………………………………………………………………………………………..

Serge Guérin est directeur du MSc « Directeur des établissements de santé », à l’Inseec Paris. Derniers livres parus : Les Quincados (Calmann-Lévy, 2019), et Médecines complémentaires et alternatives. Pour et Contre ? (Michalon, 2019).

 



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samedi 28 mars 2020

Cette décision intervient dans un contexte sanitaire qui ne permet pas aux préfectures de traiter les demandes de séjours dans des conditions normales.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Hélène-Le-Gal
Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc

L’ambassadrice de France au Maroc Hélène Le Gal a annoncé, ce vendredi 27 mars, que la durée de validité des titres de séjours des Marocains se trouvant actuellement en France, ainsi que les Français au Maroc sont prolongés de trois mois. Le Gal confirme ainsi la décision annoncée par Préfecture de police de Paris, le 16 mars dernier, ajoutant que la régularisation interviendra plus tard.

Par cette décision, les autorités françaises visent à sécuriser la présence sur les territoires français et marocains des étrangers en situation régulière, et d’éviter toute remise en cause des droits que leur confère le document de séjour qu’ils possèdent, en particulier le droit de travailler et le bénéfice des droits sociaux.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Hélène Le Gal - Ambassadrice de France au Maroc

Voici les documents dont la durée de validité sera prolongée de trois mois:

– Visas de long séjour;

– Titres de séjour, quelle qu’en soit la nature, à l’exception des titres de séjour spéciaux délivrés au personnel diplomatique et consulaire étranger;

– Autorisations provisoires de séjour;

– Attestations de demande d’asile;

– Récépissés de demande de titre de séjour.

Challenge.ma

 

 



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lundi 23 mars 2020

En cette période exceptionnelle de lutte contre le Coronavirus par le Maroc, TelQuel met à votre disposition son magazine en lecture intégralement gratuite.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Telquel spécial Coronavirus

Chère lectrice, cher lecteur,

Ce numéro de TelQuel, consacré à la gestion de la crise du coronavirus par le Maroc, est exceptionnellement mis à votre disposition gratuitement cette semaine. Vous pouvez le lire en intégralité en cliquant ici.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - TelQuel spécial CoronavirusNous nous sommes mobilisés pour récolter, vérifier et analyser les informations et vous fournir des articles utiles, informatifs et complets.
Et parce qu’il n’y a pas que le coronavirus dans la vie, vous y trouverez également notre nouvelle rubrique « Qitab » consacrée au livre marocain.

Nous vous invitons à partager massivement ce numéro autour de vous en partageant cet email avec vos contacts.

Vos pouvez aussi soutenir nos efforts en vous abonnant à l’une de nos formules : telquel.ma/abonnement

Bonne lecture !

http://app.telquel.ma/numero/TelQuel-897.pdf



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dimanche 22 mars 2020

CNA (Channel NewsAsia) du groupe MediaCorp de Singapour propose en temps réel la carte de la contamination mondiale du Covid-19 qui montre que l’épicentre de la pandémie se situe majoritairement aujourd’hui en Europe de l’ouest.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Carte CNA pour Covid-19
Cliquez sur la carte pour entrer sur le site de CNA

Cette carte que vous pouvez consulter comme Google Earth montre l’ampleur de la pandémie du Covid-19 en temps réel dont l’épicentre s’est déplacé de la Chine à l’Europe de l’ouest. Cela qui doit nous inciter à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité, les gestes barrières et le confinement qui est la seule façon de faire reculer la contamination.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Carte CNA pour Covid-19
Contamination dans la zone du Maghreb.

Courage à toutes et tous.

A propos de CNA et du groupe MediaCorp: https://fr.wikipedia.org/wiki/MediaCorp

 

 



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« L’Alliance Digitale », plateforme créée par des spécialistes de l’Institut Pasteur, des CHU de Lille, Rennes et Angers propose des informations utiles pour se protéger de la contamination ainsi qu’un test numérique en 24 questions pour évaluer une potentielle contamination au Covid-19.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Test Covid19

Préambule

« L’application est fournie à titre gratuit, en l’état, uniquement à des fins d’information pour contribuer à fluidifier la prise en charge des personnes par les services d’urgences pendant l’épidémie de Coronavirus COVID-19. L’exhaustivité, l’exactitude, le caractère à jour des informations et contenus mis à disposition dans cette application, ou leur adéquation à des finalités particulières, ne sont pas garantis.

L’utilisateur reconnaît que l’application y compris le test et les autres informations qu’elle contient, ne constituent en aucun cas un avis, une recommandation, un examen, un diagnostic, une prescription, ou tout autre acte de nature médicale notamment établi ou réalisé par un médecin ou un pharmacien. L’utilisation de l’application et de son contenu ne remplace en aucun cas le conseil nécessaire donné par votre médecin ou votre pharmacien ou tout autre professionnel de santé compétent dans chaque cas particulier. Tout examen ou décision de l’utilisateur doit être réalisé ou prise de manière autonome sur la base de l’information scientifique et clinique pertinente, de la notice officielle du produit concerné le cas échéant et en cas de doute, en consultant un médecin compétent.

Les informations mises à disposition dans le cadre de l’application servent uniquement d’informations de premier niveau. L’absence d’avertissement au sujet d’un risque ne signifie pas qu’il n’existe pas. »

 

https://maladiecoronavirus.fr

 

 



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vendredi 13 mars 2020

Le chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, a annoncé la suspension des vols entre la France et le Maroc, jusqu’à nouvel ordre, à cause de la pandémie du coronavirus.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - suspension vols France-Maroc

« Ce vendredi 13 mars 2020, le Maroc décide la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de toutes les liaisons aériennes et maritimes de transport de passagers en provenance et à destination de la République française”, a indiqué un communiqué de la MAP.

D’après la même source, cette décision a été prise après concertation entre le roi Mohammed VI et le président français, Emmanuel Macron.

Pour rappel, les vols vers l’Espagne, l’Italie, la Chine et l’Algérie ont déjà été suspendus, lors des derniers jours, à cause de la pandémie du coronavirus.

Le chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, a annoncé l’information sur son compte twitter officiel.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - suspension vols France-MarocSelon la MAP

 



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mardi 10 mars 2020

Pour fêter ses collaboratrices à l’occasion de la journée de la femme, Cash Plus a organisé une conférence sous le thème: «Aujourd’hui, je célèbre mes droits ». Une séance animée par la juriste Meryem Bentoudja, en présence des collaboratrices de Cash Plus«La meilleure façon de célébrer cette journée est de donner accès aux femmes marocaines à leurs droits». C’est en ces termes que la juriste Me­ryem Bentoudja s’est adressée à une assistance, essentiellement composée de collaboratrices de Cash Plus. L’entre­prise a tenu à célébrer le 8 mars à sa ma­nière en invitant la gent féminine à un après-midi convivial autour d’un débat sur la lutte pour les droits de la femme et son évolution au fil des ans.«Cette année, Cash Plus souhaite remettre en avant les enjeux de la journée internatio­nale de lutte pour les droits de la femme. Une occasion pour les collaboratrices de Cash Plus de débattre sur leur statut actuel dans la société, dans l’économie et dans la politique du pays», a souligné Hazim Sebbata, DG de Cash Plus.C’est aussi l’opportunité de ressortir les pistes d’amélioration et réfléchir ensemble sur les formes de contribution de la femme elle-même, des institutions publiques et privées ainsi que de la société civile dans la lutte pour l’égalité des genres. Meryem Bentoudja, conseillère juri­dique et fondatrice du site Lajuriste.ma, a d’emblée rappelé quelques dates-clés dans cette lutte.A commencer par 1996: année de réforme du code de commerce qui a permis à la femme marocaine d’exercer le commerce sans l’autori­sation de son mari. En 2002, la femme célibataire a le droit d’adopter un enfant.En 2011, la constitution maro­caine consacre le principe de l’équité et de l’égalité entre les hommes et les femmes dans leurs droits civils, poli­tiques, économiques, culturels et envi­ronnementaux. Et finalement en 2018, la femme marocaine est protégée contre tout type de violence par la loi 103-13 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes.Lajuriste.ma est une plateforme de vulgarisation du droit et d’assistance juridique pour démocratiser l’accès au cadre juridique. Le cabinet juridique a développé une offre innovante: la «Juri­di’Carte», première carte prépayée cré­ditée en jetons conseils donnant accès à du conseil juridique sur mesure.Les collaboratrices de Cash Plus ont ainsi bénéficié chacune de 3 jetons conseils offerte avec une rose éternelle, dans un package sous le thème des «Femmes éternelles», signe de durabilité et de continuité. Au total, le réseau Cash Plus compte quelque 3.500 collaborateurs (dont 40% de femmes).Expert du transfert d’argent depuis plus de 12 ans, Cash Plus permet au­jourd’hui à ses clients, en plus d’envoyer et de recevoir leur argent partout au Maroc, de recevoir leurs mandats depuis l’étranger et de payer leurs factures et leurs impôts.Cash Plus a développé un large réseau de plus de 1.300 agences de transfert d’argent. Cash Plus noue des partenariats avec les plus importants acteurs du transfert international, notam­ment Western Union, MoneyGram, Mo­neytrans, Ria, NeoSurf…A.E. 



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Ariane de Rothschild: «C’est bien d’investir dans des entreprises, mais l’objectif est aussi de savoir comment nous pouvons améliorer la réalité des pays où nous intervenons et de mesurer nos impacts réels» (Ph. Khalifa)Forte de 170 milliards d’euros d’actifs sous gestion, la banque Edmond de Rothschild est reconnue pour son expertise dans la banque privée et l’Asset management. Mais avant d’être banquier, nous avons été et restons avant tout des investisseurs, et c’est ce qui a fait le succès et la pérennité de la famille, fait remarquer Ariane de Rothschild, présidente du Conseil d’administration du groupe Edmond de Rothschild. Depuis 2012, la banque investit dans les entreprises africaines à travers sa plateforme de capital investissement Amethis. Cette dernière est très active au Maroc où elle est actionnaire dans neuf entreprises. En exclusivité, la baronne s’est confiée à L’Economiste.  - L’Economiste: D’où vient l’intérêt d’Edmond de Rothschild pour le capital investissement en Afrique?- Ariane de Rothschild: J’ai grandi entre l’Amérique latine et l’Afrique, deux continents qui m’ont toujours beaucoup donné. Je me suis toujours dit que si j’avais la possibilité de rendre au  continent africain ce qu’il m’avait apporté, je le ferais. Ma conviction était aussi qu’en Afrique, nouvelle frontière de la croissance mondiale, il était important de prendre un pari sur la classe moyenne. Avec Luc Rigouzzo et Laurent Demey (ndlr: associés gérants de Amethis), nous partagions une même conviction sur la croissance de la classe moyenne et le développement des petites et moyennes entreprises, en particulier familiales. Amethis n’intervient pas dans le secteur des mines ou du pétrole. Nous sommes vraiment focalisés sur l’entreprise familiale de petite et moyenne taille qui fournit des biens et services aux consommateurs africains, à laquelle nous pouvons apporter une contribution capitalistique mais aussi une structuration de la gouvernance.- Quelle valeur ajoutée apportez-vous?- Notre modèle est basé sur des partenariats avec des équipes qui ont une parfaite connaissance du sujet et de la géographie. Il me paraît très difficile d’investir et d’appuyer des entreprises familiales si on n’a pas une très bonne connaissance culturelle de leur réalité et même un lien affectif, surtout en Afrique. Et, ce n’est surtout pas qu’une question de finance. Historiquement, nous sommes une famille d’investisseurs. Tout le monde nous voit à travers le prisme d’une grande banque privée de banquiers. Mais avant de l’être, nous avons été et restons avant tout des investisseurs, et c’est ce qui a fait le succès et la pérennité de la famille. Nous sommes une maison d’investissement de conviction, ce qui se traduit par des choix de projets et de thématiques d’investissement  très ciblées et très engagées. Avec Amethis, qui n’investit que dans des entreprises partageant nos ambitions en matière environnementale et sociale nous établissons annuellement un bilan environnemental, social, économique de nos participations. C’est bien d’investir dans des entreprises, mais l’objectif est aussi de savoir comment nous pouvons améliorer la réalité des pays où nous intervenons et de mesurer nos impacts réels.  - Pourquoi êtes-vous perçu comme une banque et moins comme investisseur?- C’est plus facile pour les gens, ils aiment bien les raccourcis (rires). Rothschild = banquier, ce qui est vrai. Mais un banquier devrait être avant tout un investisseur. J’ai été comme nous tous choquée par certaines dérives du système financier qui ont conduit à la crise de 2008. La crise des subprimes a bien démontré que quand la finance est décorrélée de l’économie réelle elle conduit à des crises majeures. Mais, le système bancaire joue un rôle essentiel dans le financement de l’économie et il ne faut pas tout amalgamer. Moi, j’entends l’exercer comme un investisseur d’abord qui s’engage au côté de ses clients. C’est pour cela que dans tous nos fonds, la banque et notre famille, sont alignés avec nos clients en y investissant en direct aussi.- Il y a beaucoup d’incertitudes autour de l’économie mondiale en ce moment. Sont-elles uniquement liées au coronavirus?- Le virus finira par être contrôlé, il n’y a pas de doute. Mais, il est vrai que tous les moteurs sont en train de s’arrêter aujourd’hui. Au-delà du choc conjoncturel, cela peut conduire à une modification structurelle des circuits de l’économie mondiale qui évolueront vers plus de régionalisme pour éviter la dépendance des chaînes de production à une seule région du monde. Cela me semble un sujet fondamental et nous avons une position forte là-dessus.  Je crois dans un monde global dont je suis issue. Nous pensons que nous allons assister à la création de blocs économiques régionaux très forts en particulier en Asie. La Chine apprend très vite et se réorganise pour devenir un champion régional avec ses pays avoisinants. Une des leçons du coronavirus est que les entreprises se rendent compte qu’elles ont créé des dépendances inter-pays très importantes. En ce qui concerne le Maroc je pense que c’est un pays qui a une grande carte à jouer dans cette évolution. Il a su jusqu’à maintenant avec succès se placer comme un hub économique entre l’Europe et l’Afrique. Il est parfaitement armé pour s’intégrer dans cette évolution mondiale.Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA et Franck FAGNON                                                                                     Amethis lève un nouveau fonds pour les PME marocainesLe pôle Capital investissement et non liquide d’Edmond de Rothschild gère un portefeuille de plus de 15 milliards d’euros. Il a une empreinte géographique européenne et africaine. Pour investir dans les entreprises africaines, Edmond de Rothschild s’est associé à Luc Rigouzzo et Laurent Demey, deux anciens de Proparco pour créer Amethis. Ces derniers sont à la tête d’une équipe de 35 professionnels répartis entre Paris, Casablanca, Abidjan, Nairobi et Luxembourg.Depuis sa création en 2012, Amethis a levé 725 millions d’euros et est en phase de lever un fonds «Amethis Maghreb Fund II» de 150 millions d’euros. La moitié sera investie dans des PME marocaines avec des tickets allant de 8 à 10 millions d’euros. Amethis y est déjà très actif avec neuf transactions pour un investissement cumulé de 1 milliard de DH. Mutandis, Separator, WB Africa, Groupe Premium, CFG Bank et Best Health font partie des entreprises encore en portefeuille.Les participations sont issues de secteurs variés. La plateforme d’Edmond de Rothschild cible des opérations dans la Santé et l’Education, deux secteurs jugés stratégiques. Amethis intervient également dans l’accompagnement des entreprises marocaines sur le reste du continent.Aux côtés des bailleurs de fonds traditionnels, la majorité des investisseurs dans les fonds promus par la banque sont des entrepreneurs. Un réseau que la banque peut mettre à disposition des patrons africains. «Là où nous sommes différents grâce à Edmond de Rothschild, c’est notre capacité à apporter le réseau des patrons africains et européens du groupe aux entreprises dans lesquelles nous investissons », relève Luc Rigouzzo.Alors que le potentiel de croissance de l’Afrique a attiré de nombreux fonds internationaux notamment anglo-saxons il y a quelques années, beaucoup n’ont pas tenu sur la distance. «A l’époque, la taille des tickets posait problème parce qu’elle était totalement irréaliste et désalignée avec la réalité économique africaine», relèvent les experts. Pour Johnny El Hachem, CEO Edmond de Rothschild Private Equity le mandat qui leur a été assigné est clair: «monter des stratégies résilientes et réplicables».



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Voilà une proposition de loi qui pourrait faciliter les remises et les exonérations des pénalités de retard dues par les entreprises en cas de retard de paiement des cotisations CNSS. Emanant du groupe de l’Union Constitutionnelle au parlement, cette proposition prévoit d’accorder les pleins pouvoirs au directeur général de la CNSS pour procéder à ces réaménagements.La proposition déposée le 21 février dernier est transmise à la Commission des secteurs sociaux à la Première Chambre du Parlement.  Le groupe de l’Union Constitutionnelle explique que les pénalités et majorations de retard dissuadent le plus souvent les entreprises qui veulent payer les impayés de cotisations sociales.Pour simplifier, le directeur général de la CNSS pourrait accorder des remises ou exonérations aux entreprises de bonne foi, celles qui connaissent réellement des difficultés. Dans la procédure actuelle, ce pouvoir revient au conseil d’administration. «Cette possibilité est limitée puisque le conseil se réunit seulement deux fois par an. De plus, le dispositif qu’il met en place ne tient pas compte des spécificités des entreprises et il est limité dans le temps», souligne la proposition de loi de l’UC.L’application des dispositifs de remises et d’exonération sur les retards de paiement de cotisations sociales validés par le Conseil d’administration de la CNSS n’est pas automatique. Elle nécessite au préalable l’accord du ministre des Finances et de celui du ministre du Travail. L’idée défendue est de s’aligner sur l’article 236 du Code général des Impôts.Celui-ci souligne que «le ministre chargé des finances ou la personne déléguée par lui à cet effet doit prononcer, dans le délai de prescription, le dégrèvement partiel ou total des impositions qui sont reconnues former surtaxe, double ou faux emploi.  Il peut accorder à la demande du contribuable, au vu des circonstances invoquées, remise ou modération des majorations, amendes et pénalités prévues par la législation en vigueur».Pareil pour l’article 162 de la loi 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales et l’article 122 du code de recouvrement des créances publiques. La dernière résolution des administrateurs de la CNSS sur le programme de remises attend toujours le visa du ministre des Finances.D’une durée d’une année, le dispositif se concentre sur les créances allant de 2016 et antérieur. Les remises  vont de 90 à 30% et dépendent des délais dans lesquels l’entreprise est prête à honorer les montants dus à la CNSS.A fin 2018, les impayés des entreprises auprès de la CNSS s’élevaient à 56,3 milliards de DH dont 33,55 milliards de majorations de retard et d’astreintes. Ce qui représente 147% du montant principal! Ces créances ont la particularité de compter des majorations de retard d’une ancienneté de plus de 10 ans: 31% remonte à la période 1969-1996 avec un niveau des pénalités qui atteint 446% du principal. Les chances de récupérer ces cotisations restent néanmoins très faibles! Un traitement spécial pour les entreprises en difficultéUne autre initiative émane cette fois du Conseil d’administration de la CNSS. Celui-ci veut mettre en place un dispositif pour les entreprises en difficulté. Un traitement spécial pourrait être envisagé pour sauver l’emploi. Tâche à laquelle le comité d’étude s’est attaqué.  Le scénario proposé prévoit des remises exceptionnelles après validation de la commission nationale de recours tripartite qui serait une émanation du conseil d’administration. La nouveauté serait de mettre en place une instance habilitée à statuer en continu sur les demandes des entreprises débitrices vis-à-vis de la CNSS. Un tel mécanisme existe notamment en France, en Tunisie et Belgique.  Pour y prétendre, l’entreprise en difficulté devrait être signataire d’un accord avec ses salariés sous la supervision du ministère du Travail ou de la wilaya, prévoyant le maintien en activité d’au moins 80% des effectifs. Ce «traitement spécial» bénéficierait aux entreprises en règle dans les déclarations des salaires et le paiement des cotisations pour les périodes antérieures à la crise. Celles qui sont en liquidation judiciaire sans autorisation de poursuite de l’activité ainsi que celles en contentieux juridictionnel avec la CNSS seraient exclues de ce dispositif.Khadija MASMOUDI



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La plateforme commune de travail entre le Gouvernement et la CGEM sera activée. Les deux parties qui se sont réunies vendredi 6 mars ont également décidé de mettre en place une cellule de veille stratégique.K. M.



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Mohamed Khalfaoui, jusque là directeur général du CNRST, a été nommé secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur au dernier Conseil du gouvernement. Le poste était vacant depuis le départ de Mohamed Aboussalah en janvier. Le CNRST se retrouve ainsi sans directeur.A.Na 



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Les notaires reprennent le mouvement de protestation contre le plafonnement de leurs honoraires. La profession annonce une grève  les 12, 19, 30 et 31 mars et des sit-in devant les différentes juridictions du Royaume. K. M.



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Le Conseil régional sud des pharmaciens a saisi le président du ministère public sur la rupture des stocks des masques chirurgicaux, des gels hydro-alcooliques et l’envolée des prix relevés ces derniers jours (voir aussi L’Economiste n°5706 du 26/02/2020).  La profession demande au parquet d’ouvrir une enquête et d’appliquer les dispositions des articles 62 et 66 de la loi 104-12 sur la liberté des prix et la concurrence qui interdisent des stockages clandestins (Lire article).H.E. 



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Le décret relatif à la première expropriation dans le cadre du projet de TGV Marrakech-Agadir a été publié. Il concerne des terres soulaliyates dans la région de Mesguina, à l’est d’Agadir. D’une superficie d’un peu plus de 4 ha, le terrain est destiné à la construction de la future gare. La LGV Marrakech est une composante du plan Rail Maroc 2040 qui prévoit  notamment l’extension du réseau à grande vitesse à 1.100 km.H.E. 



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Le secteur d’activité qui pourvoit le plus d’emploi aux femmes est «l’agriculture, forêt et pêche» avec 46,9% de l’emploi féminin. Viennent ensuite les «services» avec une proportion de 38,5% alors que «l’industrie y compris l’artisanat» contribue avec 14% des postes d’emploi féminins. Plus d’un tiers des femmes (37,7%) sont des ouvrières ou manœuvres agricoles ou de la pêche, 13,2% des manœuvres non agricoles, manutentionnaires des petits métiers et 11,2% des employées. L’analyse de la structure des femmes actives occupées selon les grands groupes de professions révèle aussi que 10,8% travaillent dans l’artisanat ou sont ouvrières qualifiées des métiers artisanaux et 9% des exploitantes agricoles. K. M.



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Le Maroc compte 17,9 millions de femmes (50,3%) dont 13,4 millions sont en âge d’activité (15 ans et plus). Les femmes participent peu à l’activité économique: leur taux d’activité ne dépasse pas 21,5%, bien en dessous de celui des hommes.  Selon le Haut Commissariat au Plan, 10,5 millions des femmes âgées de 15 ans et plus sont en dehors du marché du travail. La majorité d’entre elles sont des femmes au foyer (75,2%). A noter que le chômage touche les femmes plus que les hommes, avec des taux de chômage respectifs de 13,5% et de 7,8%. Dans les villes, le taux de chômage des femmes est plus que le double de celui des hommes avec respectivement 21,8% et 10,3%.K. M.



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lundi 9 mars 2020

«Lorsqu’on est passionné et sincère, l’écriture coule de source et touche les sentiments les plus enfouis», précise Intissar Haddiya, médecin de profession et romancière de nature (Ph. A.K)Son engagement auprès de ses malades et de ses étudiants ne l’a pas, pour autant, cloîtrée dans son rôle de médecin. Cette cheville ouvrière du département de néphrologie au Centre hospitalier Mohammed VI d’Oujda est actrice associative engagée auprès des insuffisants rénaux. Elle est également romancière. À son actif plusieurs essais, nouvelles et romans dont «Au fil des songes», «l’inconnue» ou «Si Dieu nous prête vie», des cris de vie et d’espoir aussi des hymnes de reconnaissance au courage des hémodialysés et des femmes qui défient les préjugés. Son premier roman est puisé de son métier de docteur. Il traite d’un groupe de patients dialysés qui tiennent à la vie. Un zoom à partir de scènes de vie dans un établissement hospitalier. C’est aussi un plaidoyer subtil sur le don d’organes. «Si la médecine est un métier, l’écriture est une passion», répète Intissar Haddiya.  Le fait de focaliser sur des maladies lourdes nécessite empathie, écoute, patience, présence effective avec des patients chroniques. Une lucarne sur la société dans ses facettes les plus précaires et les plus douloureuses. «Un constat qui donne envie à un engagement solennel pour apporter espoir aux personnes qui en ont le plus besoin. D’autant plus, c’est une maladie en pleine extension partout dans le monde à cause de deux facteurs: diabète et hypertension artérielle, d’où la nécessité de la démystifier».«L’écriture est une activité d’ouverture qui ne s’est pas greffée à mon métier. J’ai commencé à écrire dès mon jeune âge. Je ne suis pas passée au côté artistique du jour au lendemain. J’ai baigné très tôt dans la lecture avec des parents universitaires spécialistes en psychologie sociale qui m’encourageaient à lire par plaisir», exprime-t-elle.De formation anglophone, elle a découvert la littérature afro-américaine qui fait rire et pleurer dans un style anecdotique avec un fond douloureux, comme Toni Morrison et James Baldwin. Des auteurs qui l’ont inspirée pour focaliser sur les maux de sa société. Comme elle a découvert la rudesse de la vie, dès l’âge de 12 ans, à travers les œuvres de Dostoïevski. Un penchant littéraire qui lui a permis de signer son premier contrat à 17 ans comme essayiste et nouvelliste en anglais avec Cambridge Université Press. Elle a également remporté plusieurs prix de la francophonie entre 1995 et 1998.Par Intissar Haddiya



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