samedi 3 octobre 2015

- L’Economiste: La région du Gharb dispose d’un programme ambitieux pour l’extension et la modernisation de son système d’irrigation agricole. Où en est ce chantier?
- El Mahdi Arrifi: Notre région a réalisé des avancées dans ce domaine, ce qui lui a permis d’avoir aujourd’hui un périmètre équipé en grande hydraulique d’une superficie de 114.000 ha. Il s’agit de vastes superficies alimentées par les grands barrages de la région. Dans le cadre du plan Maroc Vert, nous avons un programme d’extension de l’irrigation portant sur une superficie totale de 105.200 ha dont 89.100 ha en grande hydraulique et 16.100 en petite et moyenne hydraulique (PMH). Les études de faisabilité de ce programme sont achevées.
La réalisation de ce programme nécessitera une enveloppe de plus de 19 milliards de DH. Il s’agit d’un budget énorme que notre gouvernement ne pourra pas mobiliser en totalité dans l’immédiat.- Comment envisagez-vous la réalisation effective de votre programme?
- En concertation avec notre tutelle, nous avons priorisé des secteurs à aménager. Ce travail a permis d’identifier un premier lot d’aménagement, d’une superficie de 42.000 ha. Il offre les meilleures conditions de réussite d’aménagement notamment en termes de fertilité des sols et opportunités de valorisation.
L’éloignement du couloir des inondations figure également parmi les critères pris en considération pour le choix de ce lot. Il s’étend sur une longueur d’environ 60 km à partir du nord de Sidi Yahya jusqu’à Sidi Kacem en passant par plusieurs communes: Dar Aslouji, Rmila… Sa réalisation va nécessiter un budget d’environ 6 milliards de DH.- Comment vous allez mobiliser cette enveloppe?
- Plusieurs scénarios sont envisagés pour le financement et la réalisation de ce premier lot. On retient notamment la possibilité d’un partenariat public-privé ou la réalisation directe de ce projet par l’Etat par l’intermédiaire de l’ORMVAG (Office régional de mise en valeur agricole du Gharb). Sur ce volet, il faut signaler que des actions de prospection sont lancées par notre ministère pour le financement de ce premier lot auprès des bailleurs de fonds internationaux.- Quelles catégories d’agriculteurs et types de filières bénéficieront de ce premier lot?
- Ce sont les exploitants agricoles situés sur ce périmètre dont une grande partie est composée de petits agriculteurs, qui vont bénéficier d’un système d’irrigation de goutte-à-goutte. Dans les filières agricoles cultivées dans la zone concernée, on trouve notamment la canne à sucre, la betterave, les céréales, le maraîchage ainsi que l’arboriculture, notamment les agrumes et les rosacées, en plus de l’élevage notamment  bovin pour la production laitière.- Et pour la petite et moyenne hydraulique?
- Sur ce volet, notre programme d’extension de l’irrigation prévoit des travaux sur une superficie de 16.120 ha situés dans deux zones: Oued Ettine d’une superficie de 730 ha et Ouergha aval de 15.390 ha dont près de 7.000 ha situés dans la région du Gharb-Chrarda-Bni Hssen. Le budget pour la réalisation de ce programme est estimé à près de 1,5 milliard de DH. Les travaux d’aménagement ont déjà démarré sur le périmètre d’oued Ettine avec le lancement de la construction de l’adduction sur plus de 7 km. Pour le périmètre d’Ouergha aval, nous poursuivons la réalisation des études d’aménagement et des travaux de remembrement en vue de démarrer les travaux en 2017.- Un aperçu sur le programme dédié à l’économie de l’eau?
- Il faut rappeler que par ce programme, on vise de reconvertir le système d’irrigation existant en irrigation localisée. Le programme de reconversion collective consiste à équiper une superficie de plus de 42.300 ha dont 9.400 ha où les travaux sont très avancés. Il y a aussi un programme pour la reconversion individuelle à réaliser à l’initiative des agriculteurs par le biais des subventions de l’Etat qui peuvent aller jusqu’à 100%. Ce programme porte sur une superficie de 39.400 ha, dont plus de 17.000 ha ont été réalisés depuis le lancement du plan Maroc Vert.

Potentialités

La région du Gharb se distingue par une abondance en eau. En plus d’un volume de précipitations important par rapport à la moyenne nationale, le territoire de la région se trouve dominé par le plus grand bassin hydraulique du pays, à savoir le Sebou. Ce dernier avec celui du Loukkos représentent 19% de la superficie du pays et 27% des ressources en eau de surface, rappelle Arrifi. C’est la zone qui abrite les grands barrages du Maroc, tels le complexe d’Al Ouahda, d’une capacité de 3,7 milliards de m3, et celui de Driss 1er avec une capacité de 1,2 milliard de m3.

Propos recueillis par Noureddine
EL AISSI



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