jeudi 29 octobre 2015

Ceux qui tablaient sur la fin de la polémique autour du Fonds de développement rural (FDR) sont allés vite en besogne. Au contraire, la crise s’est amplifiée au point de diviser la majorité. On l’a vu lors du démarrage de l’examen du projet de budget 2016. L’article 30 qui accorde au ministre de l’Agriculture le titre d’ordonnateur du Fonds a été au cœur de la bataille politique. C’est Mohamed Yatim, au nom du PJD, qui ouvre les hostilités. «Il faut respecter la hiérarchie au niveau du gouvernement et la logique constitutionnelle. Nous sommes décidés d’amender l’article 30 pour rétablir le chef du gouvernement en tant qu’ordonnateur du FDR. Comme il s’agit de 10 secteurs ministériels qui sont engagés dans le développement rural, la logique veut que la signature revienne à Abdelilah Benkirane. S’il y a d’autres arguments, il faudra nous convaincre», a affirmé le secrétaire général de l’UNMT.
Sur ce point sensible, le groupe parlementaire du RNI joue une autre musique. Pour Ouadiê Benabdallah, le chef du groupe parlementaire du parti de la colombe, «il n’est pas question d’amender l’article 30. Il faut le laisser tel quel si on veut sauvegarder la cohésion de la majorité et le travail commun». Les digues ont bougé et la coalition gouvernementale est suspendue à un fil.
L’Istiqlal a profité de la polémique du FDR pour s’en prendre au gouvernement qui n’a pas de stratégie de mise à niveau du monde rural. Mustapha Hanine, qui est intervenu à la place du chef du groupe parlementaire, a réclamé un programme détaillé du gouvernement à soumettre au Parlement pour le voter. «Sur la signature, le parti est favorable au respect de la Constitution et le fonctionnement des institutions. L’ordonnateur est le chef du gouvernement. Et c’est à lui de déléguer à qui il veut», a martelé l’ancien président de la Commission des finances. Il est incontestable que sur cette question comme sur d’autres, les positions de l’Istiqlal sont proches de celles du PJD. Est-ce le début du soutien critique du gouvernement, comme l’avait annoncé le secrétaire général du parti au lendemain des élections communales et régionales du 4 septembre? Par ailleurs, Mustapha Hanine a réclamé une évaluation sérieuse des politiques publiques, avec l’enseignement en tête. Dans ce secteur, «le gouvernement jette l’argent par les fenêtres. Il faut marquer un arrêt et  passer à l’action. Tout le monde est conscient de la faillite du système qui bloque le développement. Même le Conseil supérieur de l’enseignement a tiré la sonnette d’alarme. C’est le gouvernement qui est chargé d’appliquer les remèdes», dit-il en substance
Le PAM a profité de l’occasion de débat général pour marquer des points. Ainsi, Milouda Hazib, chef du groupe parlementaire, a saisi la balle au bond du FDR pour narguer la cohésion de la majorité où le chef du gouvernement s’en prend à un de ses ministres. Où était Abdelilah Benkirane lorsque le projet de loi de Finances était en préparation et au moment de son adoption par le Conseil de gouvernement, s’est interrogé Milouda Hazib. Elle ne comprend pas pourquoi le chef du gouvernement n’a pas publié un communiqué pour éclairer l’opinion publique sur cette affaire. Sur un plan général, Milouda Hazib a saisi cette opportunité pour s’en prendre au PJD qui «use d’un double langage politique». Mohamed Yatim avait parlé de vote sanction alors qu’il représente la majorité et que les partis d’opposition sont arrivés en tête des élections.

Héritage: l’Istiqlal soutient le PJD

L’Istiqlal se rapproche du PJD. Le parti de Hamid Chabat s’est élevé contre la recommandation du CNDH au sujet du débat sur l’égalité homme-femme au niveau de l’héritage. Mustapha Hanine s’en est pris au Conseil national des droits de l’homme. Il lui reproche de s’être engagé dans cette voie. «Pourquoi discuter ce qui est clair et net dans le Coran? Ce n’est pas interdit de léguer à sa famille comme on le souhaite. Mais l’Istiqlal est contre cette mise en cause du Coran», a affirmé l’ancien directeur de cabinet de Abbas El Fassi, alors Premier ministre. Cela s’est passé lors du débat général sur le projet de budget 2016 au sein de la Commission des finances.

M. C.



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