mercredi 25 novembre 2015

Le Maroc affûte ses armes pour conquérir des marchés stratégiques comme la Russie, la Chine, les pays arabes, et l’Afrique. Une mission confiée à Zahra Maâfiri, la patronne de Maroc Export qui a sillonné, ce mois-ci, Moscou, Dakar et Bamako, accompagnée d’exportateurs marocains. Ils représentent des secteurs comme l’agroalimentaire, les produits de la mer, et le textile qui étaient aux premières loges au «Grand festival du Maroc en Russie».- L’Economiste: Comment les exportateurs marocains pourraient-ils conquérir le marché russe?
- Zahra Maâfiri: Nous avons tenu une 2e édition du «Grand festival du Maroc en Russie», afin de consolider notre présence sur ce marché. Déjà, 200 produits marocains (agroalimentaire, poissons, textile…) ont été introduits dans les prestigieuses chaînes de la grande consommation russe. Nous avons mené des opérations B to C dans différentes régions de ce pays avec l’ambition d’une coopération tripartite regroupant l’Afrique, le monde arabe, et la Russie. L’opération de promotion des produits marocains en Russie est le meilleur moyen de conquérir ce marché de 150 millions de consommateurs. Il y a des projets à creuser dans les deux sens, avec des possibilités d’investissements dans le secteur de l’agroalimentaire et le textile. Nos échanges sont en nette croissance. Mais, beaucoup reste à faire en matière de promotion et de renforcement des relations bilatérales.- Certains exportateurs marocains ont des réserves par rapport à ce marché. Pour eux, seuls des accords d’envergure peuvent restaurer la confiance…
- Le risque existe. Les partenaires sérieux aussi. Pour assurer et garantir les investissements, la Russie et le Maroc ont finalisé des accords dont la signature est prévue pour bientôt. Grâce à ces accords, on pourrait encourager des investissements dans les deux sens. A titre d’exemple, les Russes ont une grande expérience en matière d’infrastructure routière, tram, transport ferroviaire, métallurgie chimique… Une expérience qu’ils pourraient partager avec le Maroc. Pour sa part, notre pays table sur le développement des exportations de l’agroalimentaire, le textile, le tourisme, et bien d’autres secteurs. Signalons que la Russie offre des avantages (terrains gratuits, mesures fiscales…) pour les investisseurs étrangers, notamment pour la production des fruits et légumes méditerranéens. Je trouve qu’il s’agit là d’une véritable opportunité pour le Maroc qui a osé investir en Afrique (banques, assurances bâtiments…). Et donc pourquoi pas en Russie, dans une optique gagnant-gagnant, si on a la possibilité de toucher d’autres pays limitrophes. Cette coopération pourrait être encouragée par des accords préférentiels pour mieux positionner les produits marocains sur le marché russe.- La diplomatie culinaire est déjà en marche. Qu’en est-il des autres secteurs?
- Le Maroc est le premier pays africain et arabe exportateur des produits agroalimentaires et textile en Russie. La consolidation de ce leadership repose dans l’avenir sur la diversification des produits et leur qualité. Les opérateurs russes sont du même avis. Grâce à notre rapprochement, nous pouvons resserrer les liens de partenariat et des échanges commerciaux bilatéraux. En attendant, le volume des échanges commerciaux entre le Maroc et la Russie a enregistré un bond de l’ordre de 40%, en s’établissant à plus de 2,2 milliards de dollars en 2014.

Les accords en marche

Selon Zahra Maâfiri, plusieurs accords de partenariats lient le Maroc à la Russie. «En plus des accords signés entre Maroc Export et la Chambre de commerce de la République du Tatarstan, avec la Chambre de commerce et d’industrie de Moscou et avec Bashkirian Trade Association, il y a une déclaration sur un Partenariat Stratégique, signée par le Souverain et Poutine en 2002», explique la patronne de Maroc Export. Ajoutons à ceci l’accord sur la création d’une commission mixte intergouvernementale de coopération économique, scientifique et technique dans le secteur de la pêche, et, entre autres, l’accord de coopération en matière de pêche maritime, en vertu duquel une flotte de 10 navires de pêche russes est autorisée à opérer dans les eaux marocaines jusqu’à fin 2016.

Propos recueillis par
Youness SAAD ALAMI



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