A quelques semaines des échéances électorales, la question de la représentativité féminine se pose avec acuité. Surtout qu’il s’agit des premiers scrutins après la Constitution de 2011, qui a consacré le principe de la parité. Jusque là, les femmes peinent à percer au sein des assemblées élues, notamment au niveau local. Les statistiques montrent que la représentation féminine dans les conseils régionaux et préfectoraux ne dépasse pas 2,2%. Les femmes élues sont souvent montées au créneau pour dénoncer «la persistance d’une logique machiste qui entrave le renforcement du rôle des élues au sein de ces Conseils». En 2009, les efforts menés, notamment à travers des mesures poussant les partis à présenter plus de candidates, en plus de la mise en place de listes nationales, ont permis de porter la représentativité féminine à 3.406 élues locales. Mais, plusieurs d’entre elles ont rappelé qu’elles avaient «eu beaucoup de difficultés à trouver place au sein des bureaux des assemblées». Cette année, le gouvernement a introduit une série de mesures afin de renforcer davantage la présence des femmes dans les conseils élus. Par exemple, le décret relatif au nombre de sièges prévus pour les élections régionales, adopté il y a quelques semaines en Conseil du gouvernement, a mis l’accent sur la représentativité féminine.
«L’enjeu reste essentiellement de rafler
le plus grand nombre de voix»
L’idée est d’imposer une part dédiée aux femmes qui ne peut être inférieure au tiers au niveau de chaque circonscription. Dans chaque Conseil, la présence des femmes devra varier entre une et 9, en fonction de la taille de la préfecture ou de la province. Car, le nombre des sièges devra changer en fonction de la population de chaque circonscription, dans une logique d’équité territoriale dans la répartition. Mieux, le décret sur la participation de l’Etat dans le financement des campagnes électorales des partis introduit également de nouvelles incitations pour pousser les formations politiques à miser sur les femmes. Au niveau de la 2e tranche de la subvention publique aux partis, qui constitue 50% de l’aide prévue, elle sera calculée en fonction du nombre des sièges obtenus à l’issue du scrutin. Le calcul se fait en divisant le montant global de la subvention sur le nombre des sièges à pourvoir au niveau de la circonscription. Le montant de la prime est quintuplé pour chaque siège, prévu au niveau de la liste générale, remporté par une femme. Néanmoins, cela ne semble pas pour l’instant encourager les partis à mettre en avant de nouveaux profils féminins. Pour l’heure, la course aux accréditations se joue entre vieux routiers. «Les partis sont d’abord à la recherche de profils gagnants, qui ont des relais au niveau local et qui peuvent assurer un nombre élevé de voix», explique une députée de l’opposition. «Rares sont ceux qui prennent le risque de s’aventurer avec une tête de liste femme. Car, l’enjeu reste essentiellement de rafler le plus grand nombre de voix», a estimé un conseiller local.
Pour l’instant, l’essentiel des candidats pressentis est composé d’hommes ayant déjà une longue expérience au niveau de la gestion locale et régionale, y compris certains ministres. Et la bataille au niveau des grandes villes devra se jouer entre des visages connus (cf.www.leconomiste.com).
Il faut dire que même les candidates les plus en vue ont déjà assuré une présence lors des communales de 2009, et qui ont une notoriété qui peut compter dans la course aux voix. C’est le cas notamment de l’Istiqlalienne Yasmina Baddou au niveau de Casablanca ou de la Pamiste Fatim Zahra Mansouri à Marrakech. D’autant plus que plusieurs formations ont tendance à inscrire leurs candidates sur la liste nationale. Cette année, le changement a consisté en la suppression de la circonscription qui était dédiée aux femmes au niveau de chaque province ou préfecture dans le cadre des élections régionales ainsi que dans les communes. La nouvelle réglementation a prévu une seule circonscription par collectivité, avec une seule liste en deux parties. La première est ouverte aux candidats des deux sexes, tandis que la deuxième est réservée aux femmes, à raison d’un tiers des sièges à pourvoir.
Aujourd’hui, «l’objectif est de convaincre les états majors des partis de miser sur la qualité. Si nous n’arrivons pas à augmenter le nombre des candidates au niveau des listes générales, il serait intéressant de miser sur certains profils pointus de femmes, qui auront des chances à exercer le pouvoir au sein des conseils élus, et occuper des postes de responsabilité au sein de l’appareil local», a estimé une députée de l’opposition.
Fonds de soutien
Plusieurs mois avant le début des préparatifs des élections, le gouvernement avait relancé le fonds de soutien à la représentativité féminine. En mars dernier, la commission chargée de ce fonds avait sélectionné une série de projets de partis politiques ou d’ONG, dont le montant ne dépasse pas 200.000 DH. L’idée est d’appuyer la participation des femmes au niveau local, à travers le renforcement de leurs compétences en matière de gestion des affaires publiques. Certaines élues ont estimé que l’impact de la première expérience, lancée en 2009, a été positif. Aujourd’hui, il faudra attendre les résultats des prochains scrutins pour avoir une idée plus claire sur les chances des femmes élues à intégrer les organes de décision au niveau local.
MAM
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Novitacu
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