Les impayés des entreprises non financières s’accentuent avec la morosité de la conjoncture. Cela se voit à travers les créances en souffrance au niveau des banques. Elles ont augmenté de 25% en 2014 (uniquement les entreprises non financières privées). Depuis, la situation ne s’est guère améliorée. Les impayés étaient en hausse de 16% au premier semestre 2015 selon les statistiques de Bank Al Maghrib.
Même si les impayés sont nettement plus importants au guichets des banques, d’autres prêteurs sont touchés par la détérioration de la situation financière des entreprises. Les dettes en souffrance des entreprises non financières ont atteint 40 milliards de DH en 2014. Cela représente 8,6% de leur endettement financier. Certes ce niveau est moins alarmant comparé au taux à deux chiffres enregistré au milieu des années 2000. Mais l’on est sur une tendance haussière depuis trois ans.
Sans surprise, les PME et les toutes petites entreprises ont le plus de mal à honorer leurs échéances. Le taux d’impayé atteint 13% pour cette catégorie d’emprunteurs et 5% pour les grandes entreprises. De même, tous les secteurs d’activité ne sont pas affectés de la même façon par le contexte actuel.
Les secteurs qui sont dans l’œil du cyclone, notamment l’immobilier, donnent des sueurs froides aux créanciers. Les dettes en souffrance des promoteurs immobiliers ont flambé de 31%. Ce n’est pas étonnant que l’accès au crédit bancaire leur soit plus difficile d’accès. Les banques ont réduit la voilure sur cette clientèle depuis deux ans. L’encours des prêts à la promotion immobilière a reculé de 5,6% en 2014. Il a poursuivi sa baisse depuis le début de l’année avec une contre-performance de 8,5% à fin juin 2015. Si les grands opérateurs arrivent à traverser non sans difficulté les vagues, nombre d’acteurs de tailles moyennes ou petites sont au bord de l’asphyxie. D’ailleurs, les sociétés immobilières, mais aussi celles du BTP sont parmi les plus importantes à alimenter les défaillances d’entreprises.
La situation n’est pas meilleure dans l’industrie. Les impayés y ont augmenté de 27%. Au-delà de l’immobilier et de l’industrie, la situation dans l’hôtellerie suscite également une inquiétude particulière. Les créances en souffrance dans le secteur ont explosé de 63% en un an. Ils ont atteint 21% de l’endettement financier des opérateurs à fin 2014. C’est 2,4 fois plus important que la moyenne générale.
F. Fa
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