Crise, méventes, situation financière préoccupante … Le marché de l’immobilier est en ébullition depuis plusieurs mois. Le secteur enregistre un ralentissement des mises en chantier, un gel des constructions… Dans ce contexte de forte contraction des ventes, rien ne laisse présager une relance, à court ou moyen terme. «La situation du secteur est pour le moins que l’on puisse dire préoccupante. C’est ce qui ressort à la lecture des principaux indicateurs publiés depuis le début de l’année 2015», avait souligné Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Les chiffres en attestent d’ailleurs. Selon les dernières statistiques du ministère de l’Habitat, 218.957 unités, dont 188.000 logements économiques et sociaux, ont été lancées en 2014 contre 234.013 l’année précédente. En plus de la conjoncture et de la faible demande, il y a le durcissement des conditions d’octroi des crédits bancaires à la fois pour les acquéreurs et pour les promoteurs. S’y ajoutent des complications d’ordre bureaucratique et procédural (retards d’octroi des autorisations de construire permis d’habiter, blocages au niveau de la Protection civile…). Les professionnels viennent même de réclamer un plan de sauvetage pour le secteur.
Mais si les professionnels reconnaissent ce malaise, le ministère de l’habitat reste plutôt optimiste. «En fait, ce malaise ressenti dans le marché immobilier est artificiel. Il s’agit plutôt d’un changement de cadence de commercialisation. Ce relatif ralentissement témoigne plutôt, du bon comportement du marché immobilier», explique Mohamed Nabil Benabdellah, ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville.
Pour lui, ce rythme de commercialisation atteste de la satisfaction de la demande dans certaines régions, notamment sur le logement social. Ce qui a généré ce ralentissement ayant entraîné aussi une sensible baisse des prix des transactions.
Sur le segment du logement social, aucune étude ne permet à ce jour de conclure de l’existence ou non d’un stock non vendu. Toutefois, dans certaines régions la cadence de commercialisation a connu une certaine lenteur par rapport à l’engouement du démarrage de ce programme. Le département de tutelle prépare aujourd’hui une étude sur la demande qui «permettra de guider les intervenants et les décideurs dans l’implantation des projets». Les indicateurs du secteur en dehors de ceux relatifs à la production, concernent le bâtiment (70%) et les travaux publics (30%). Ce qui veut dire que le rendement de l’un impacte forcément l’autre.
Retour à la normale
Pour la consommation du ciment, elle a connu un recul de 5,4% en 2014, par rapport à 2013. Ce comportement s’explique par le ralentissement de la production des logements sociaux par rapport aux années de lancement du dispositif (2010 et 2011). Ces années avaient connu une production que l’on peut qualifier «d’anormale» entraînant avec elle la consommation du ciment et tout ce qui gravite autour du secteur. Aujourd’hui, comme la demande commence à être de plus en plus satisfaite, le volume des unités mises en chantier retourne à la normale.
Aziza EL AFFAS
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18:22
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